LXXII INTRODUCTION
retard l'effet des promesses de la révolution, l'organisation du travail, exigence qui lui semblait très-simple, mais qui pourtant était formidable à cette heure oîi, pas plus dans les choses que dans des esprits, rien n'était prêt pour la satisfaire : la situation était grave et pleine d'obscurité. Rien ne pouvait s'ajourner et rien ne paraissaitimmédiatement possible. Entre ceux qui supposaient tout facile et ceux qui ne voyaient rien de praticable, quel milieu tenir ? Comment, dans ce grand malentendu des esprits et des volontés, prononcer le mot décisif ? Cependantie temps s'écoulait; chaque jour, chaque heure de retard accroissait le péril avec les exigences des prolétaires. De son c6té, la bourgeoisie, craignant pour ses biens, en venait, par Une sorte d'héroïsme de la peur, à les préférer à sa vie. Elle voulait tout risquer plutôt que de consentir à rien perdre. Bientôt les passions contenues quelque temps, par l'espoir chez les uns, par la stupeur chez les autres, se heurtèrent. L'explosion se fit. Divisée nintre elle-môme, la révolution courut aux armes: la république de 1848, comme la royauté de 1830, combattit le prolétariat révolté; elln pointa ses canons, elle tourna ses baïonnettes contre le désespoir populaire, et la révolution sociale fut vaincue. Mais l;i révolution politique était atteinte. A partir des néfastes journées de juin, elle ne Ut plus que languir; épuisée par le sang répandu, chancelante en ses conseils, reniée par le peuple qui se croyait trahi, abandonnée, comme l'avait été la royauté, par une bourgeoisie sans discernement, isoloe dans une politique