L. MONDUIT, électeur, délégué du II* arrondissement
M. GouDGHAUD, électeur, délégué du 2* arrondissement;
Barbier, électeur, délégué du lO* arrondissement;
Lauveau, capitaine de la 7* légion, électeur, délégué du 7« arrondissement ;
Dauphin, capitaine de la 7* légion, électeur, délégué du 7* arrondissement ;
Destourbet, capitaine de la 7' légion, électeur, délégué du 7* arrondissement;
Bastide (Jules), électeur, délégué du 7* «arrondissement;
HovYN, chef de bataillon de la 3« légion, électeur, délégué du 3* arrondissement;
Masson (Victor), électeur, délégué du ir arrondissement;
De la Châtre, électeur, délégué du 1*' arrondissement; Cercueil, capitaine de la 8« légion, électeur, délégué du 8« arrondissement.
(Page S 17.)
PROCLAMATION DE M. ODILON BARROT, TROUVÉE DANS LE CA- BINET DU MINISTRE DE L'INTÉRIECR, LE 24 FÉVRIER 1848.
Paris le 24 février 1848.
Citoyens de Paris,
Le roi a abdiqué. Désormais la couronne donnée par la révolution de Juillet repose sur la tête d'un enfant protégé par sa mère. Us soutjsous la sauvegarde de l'honneur et du courage de la population parisienne. Plus de cause de division parmi npus. L'ordre est donné aux troupes de ligne de se retirer dans leurs casernes; notre brave armée a mieux à faire qu'à verser son sang dans de funeste collisions.
Mes chers concitoyens, désormais Tordre est confié au courage et à la sagesse du peuple de Paris et de son héroïque garde nationale ; ils n'ont jamais failli à notre belle patrie, ils ne lui manqueront pas dans cette grave circonstance.
Signé : Odilon Barrot.
(Page 253.)
fragments d'une lettre de m. louis blanc, adressée a
l'auteur.
Le livre de M. Garnier- Pages contient mainte erreur
d'affirmation, mainte erreur d'omission, et mainte erreur d'appréciation. Je remarque, entre autres choses, qu'il a présenté la scène qui eut lieu lorsque, pour la première fois, je me trouvai en présence des membres dii gouvernement provisoire, de manière à faire penser que mon insistance à ne pas accepter le titre de secrétaire était l'effet d'une ambition personnelle qu'irrita la résistance. Je lui rends la justice de croire que, s'il eût été à ma place, il n'eût pas été capable d'agir, dans des circonstances si propres à élever l'âme, par le motif qu'il semble me supposer. La vérité est -> et si Je me souviens bien, je parlai de façon k
lever tout doute à cet égard, — qu*il y avait là une question d'une gravité extrême, et dans laquelle les petits calculs d'une petite ambition et d'une petite vanité ne pouvaient avoir place. Marrast, Flocon et moi, nous avions été élus, non pas à la Chambre, mais à V Hôtel de Ville; nous n'étions pas^ comme ces messieurs, des députés; il s'agissait donc de savoir si la Révolution serait considérée comme parlementavreoxicomme popidaire. Il était d'une importance énorme que le caractère du grand mouvement qui venait de s'accomplir fût bien précisé, et le fût dès l'abord. Comme je ne suppose pas, moi, que M. Garnier-Pagès cédât à un sentiment de vanité et d'ambition, en nous voulant^ Marrast, Flocon et moi, à la seconde place^ son motif ne pouvait être que la crainte de voir enlever à la Révolution, par notre admission, ce caractère parlementaire auquel il tenait. Eh bien ! ce fut par un moUf contraire que j'insistai, moi qui, dans la Révolution, n'entendais saluer qu'un mouvement franchement démocratique. C'était le droit révolutionnaire d'élection que je voulais faire reconnaître. Le nier dans son résultat^ c'eût été le nier dans son principe ; et ce principe, les ouvriers qui avaient confiance en moi ne m'auraient point pardonné d'en avoir fait^si bon marché.
Il y avait, de plus, un intérêt suprême à ce que Marrast, Flocon et moi, nous eussions voix délibérative dans les premières mesures à adopter : la proclamation de la République par le gouvernement provisoire pouvait en dépendre. La Répablique> eu effet, effrayait MM. Arago et Dupont (de l'Eure) : cela n'était que trop manifeste; M de Lamartine jusqu'alors avait passé pour légitimiste ; des bruits avaient couru sur l'adhésion de M. Garnier-Pagès à la cause de la duchesse d'Orléans : trois voix de plus dans le plateau de la République pouvaient faire pencher la balance de ce côté ; sans ces trois voix, au contraire, la décision risquait d'être telle qu'elle eût mis la place publique en fureur. Et que serait-il arrivé alors ? C'étaient là des considérations d'intérêt public, s'il en fut jamais ; et mettre à la place de ces considérations puissantes de misérables prétentions ayant leur source dans l'orgueil d'un homme, c'est rapetisser l'histoire des grandes choses de ce temps au delà de tout ce qu'il est possible d'imaginer. . .
Vous savez, du reste, que cette qualification de secrétaires disparut le jour même où elle fut, pour la première fois, employée dans le Moniteur, et qu'elle ne nous empêcha pas d'avoir voix délibérative dès la première discussi4>n qui eut lieu, et que notre vote compta si bien qu'il fit en grande partie la République, et que dès la matinée du ^ il ne fut plus question d'une distinction qui n'aurait pu effectivement exister qu'à la condition d'd^er à la Révolution son caractère.
DOCUMENTS HISTORIQUES. 32o
Je vous ai demandé dans une de mes précédentes lettres si vous aviez sous la main mes Révélations historiques ? Je vous deman^ derai aujourd'hui s'il est à votre connaissaifce que M. Crémieux a écrit des Mémoires sur la révolution de Février ? Ces Mémoires, d'après ce qu'il a dit lui-même à mon frère, sont, point par point, la confirmation de mon récit.
Je ne vous ai point par^, à propos de sources, de V Histoire
de la Révolution^ par M. de Lamartine. C'est un roman inconcevable, et tl'autant plus inconcevable qu'il a été écrit, j'en suis sur, de très-bonne foi. M. de Lamartine est trop honnête homme pour avoir la triste puissance de tromper, mais il a la puissance de se tromper (self-deceit, comme disent les Anglais) à un degré qui tient du'prodige.
(Page 261.) NOMINATIONS FAITES LE 24 FÉVRIER.
Le gouvernement provisoire nomme M. Saint-Amant, capitaine delà V légion, commandant du palais des Tuileries. Fait à l'Hôtei de ville, le 24 février 1848.
Les membres du gouvernement provisoire :
Ad. Crémieux, Garnier-Pagès, Ledru-Rollin, Dupont (de l'Eure).
Le colonel Dumoulin, ancien aide de camp de l'Empereur, est chargé du commandement supérieur du Louvre et de la surveillance particulière de la Bibliothèque du Louvre et du Musée national. M. Félix Bouvier lui est adjoint.
Le 24 février 1848.
Par délégation du gouvernement provisoire,
• Le ministre provisoire de Vinstruction publique,
Carnot, Lamartine, Ad. Crémieux.
Tout ce qui concerne la direction des Beaux-Arts et des Musées, autrefois dans les attributions de la liste civile, constituera une division du ministère de Tintérieur.
Le jury, chargé de recevoir les tableaux aux expositions annuelles, sera nommé par élection.
326 DOCUMENTS HISTOillQUES.
Les artistes seront convoqués à cetelTet par un prochain arrêté. Le salon de 1818 sera ouvert le 15 mars.
• Signé : Ledru-Rollin.
(Page 305.) PROCLAMATION DE M, BLANQUI.
Au GOUVERNEMENT PROVISOIRE.
Les combattants républicains ont lu avec une douleur profonde la proclamation du gouvernement provisoire qui rétablit le coq gaulois et le drapeau tricolore .
Le drapeau tricolore, inauguré par Louis XVI, a été illustré par la première République et par l'Empire : il a été déshonoré par Louis-Philippe.
Nous ne sommes plus, d'ailleurs, ni de l'Empire ni de la première République.
Le peuple a arboré la couleur rouge sur les barricades de 1848. Qu'on ne cherche pas à la flétrir.
Elle n*est rouge que du sang généreux versé par le peuple et la garde nationale.
Elle flotte étincelante sur Paris, elle doit être maintenue.
Le peuple victorieux n'amènera pas son pavillon.
Xî
(Page 309.) PROCLAMATION A L'aRMÉE.
OÊNÉttAUX, OFFICIERS ET SOLDATS,
Le pouvoir, par ses attentats contre les libertés, le peuple de t^aris, par sa victoire, ont amené la chute du gouvernement auquel vous aviez prêté serment. Une fatale collision a ensanglanté la capitale. Le sang de la guerre civile est celui qui répugne le plus à la France. Le peuple oublie tout en serrant les mains de ses frères qui portent l'épée de la France.
IJn gouvernement provisoii*e a été créé ; il est sorti de l'impé- Heuse nécessité de préserver la capitale^ de rétablir Tordre et de
préparer à la France des institutions populaires analogues à celles sous lesquelles la République a tant grandi la France et son armée.
Vous saluerez, nous n'en doutons pas, ce drapeau de la patrie, remis dans les mains du même pouvoir qui Tavait arboré le premier. Vous sentirez que les nouvelles et fortes institutions populaires qui vont émaner de l'Assemblée nationale ouvrent à l'armée une carrière de dévouenients et de services que la nation libre appréciera ot récompensera mieux que les rois.
Il faut rétablir Tunité de l'armée et du peuple un moment altérée.
Jurez amour au peuple, où sont vos pères et vos frères. Jurez fidélité à ses nouvelles institutions, et tout sera oublié, excepté votre courage et votre discipline. La liberté ne vous demandera plus d'autres services que ceux dont vous aurez à vous réjouir devant elle et à vous glorifier devant ses ennemis !
Les membres du gouve7iement provisoirp, Garnier-Pagks, Lamartine.
Préface de la seconde édition ... i
Avant-Propos xiii
iNTRODrCTIOX XV