‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 55 sur 70 · SYSTÈME PROVISOIRE A ÉTABLIR · texte numérisé non relu

SYSTÈME PROVISOIRE A ÉTABLIR

« 1* Les ouvriers mécaniciens de Tatelier Derosne et Cail forment entre eux une association basée sur ce principe adopté dès à présent, que, s'il arrivait que la masse des travaux à exécuter ne fût pas en rapport avec le nombre des travailleurs, elle sera répartie de manière à ce qu*aucun d'eux ne soit privé de travail, c'est-à-dire de pain.

« Les ouvriers eux-mêmes détermineront lequel de ces deux systèmes il convient de choisir :

« Ou bien égalité dans la répartition des salaires et du bénéfice À la fois;

« Ou bien égalité dans la répartition du béuéfice seulement.

M 2® La somme des salaires, actuellement payée aux ouvriers mécaniciens, ne sera pas changée; seulement, l'entrepreneur s'engage à y ajouter, sous forme de bénéfices, un onzième du prix des façons, calculé sur la moyenne des prix de chaque pièce, depuis le commencement de la commande jusqu'à ce jour, à condition, toutefois, que cela sera possible; ce qui sera examiné par le commissaire délégué à cet effet et auquel seront adjoints une commission nommée par les ouvriers et un ingénieur.

3^ Le commissaire, la commission nommée par les ouvriers et l'ingénieur auront à s'occuper, par mission spéciale, de jeter les bases du système définitif à adopter, en partant de ce principe, qu'il est de la plus haute importance de sortir du provisoire le plus promptement possible.

M. Vidal est Dommé commissaire aux ans ci-dessus sur la désignation môme des ouvriers présents, u 25 mars 1848.

Ch. Derosne et Cail, Drbvet, Lalotb, Collin,

« Le maire du !•' arrondissement , A. Durand Saint-Amand.

« Approuvé :

« Louis Blano,

membre du gouvernement provisoire^ j)résident de la Commission de gouvernement pour les travailleurs, »

Extrait du Moniteur du 29 man 1848»

« Nous nous empressons d'annoncer que, par suite de rintervention de la Commission de gouyernement pour les trayailleurs, le travail a complètement et immédiatement repris dans les ateliers de MM. Derosne et Cail, constructeurs de machines qui occupent un si grand nombre d'ouvriers. Des demandes d'arbitrage sont adressées de toutes parts à M. Louis Blanc par les travailleurs et les patrons. Les demandes sont toujours accueillies avec empressement et plaisir, et de cette mutuelle confiance sort presque toujours la conciliation. Les ateliers sont aussitôt rouverts. C'est ainsi que, par le bon, le noble esprit de tous, se réalise chaque jour ce mot, prononcé dès le premier jour. Tordre dans la liberté, s»

PAPIERS PEINTS Extrait du MoKrngUB du 2 aoril 1848.

« Loin d'user de son influence pour dicter des lois aux patrons ou entrepreneurs, la Commission du Luxembourg

ne s'en sert que pour résoadre les difficultés par des arrangements amiables. Les chefs d'ateliers savent mieux que personne si la Commission procède par l'arbitraire; mieux que personne ils sont en état d'apprécier les services que la Commission a déjà rendus à l'industrie, et beaucoup d*entre eux sont bien convaincus que l'intervention conciliatrice de cette Commission est aujourd'hui une des garanties les plus efficaces de la tranquillité de la capitale.

« Chaque jour amène une conciliation nouvelle. Hier» la Commission a mis un au différend qui existait entre les patrons et les ouvriers de l'industrie des papiers peints, et, aujourd'hui, le travail a repris dans tous les ateliers de Paris. Nous donnons ici le texte de la convention qui a été signée, séance tenante, entre les six délégués représentant les intérêts opposés, et nous signalons un curieux incident qui fait le plus grand honneur à la générosité des deux parties.

« Quand il s'est agi de la nomination du président du comité des douze, un délégué des ouvriers a proposé de choisir ce président parmi les patrons et de le faire désigner par les représentants des ouvriers. Les délégués des fabricants, à leur tour, ne voulant pas que la majorité fût acquise aux patrons, ont aussitôt repoussé cette offre délicate, en demandant que le président fût pris parmi les personnes complètement désintéressées. Alors les ouvriers et les maîtres ont spontanément déféré la présidence au secrétaire môme de la Commission, qui s'est récusé, tout en exprimant ses remercîments sincères pour ce témoignage de confiance, et qui a lui-môme proposé de laisser au comité le soin de désigner le président. Il a seulement consenti à ce que la Commission intervint pour déterminer le choix, dans le cas où les parties ne pourraient parvenir à s'entendre.

« Voici le procès^verbal de cette séance :

« Entre les délégués d es patrons et ouvriers de l'industrie » des papiers peints, réunis au Luxembourg le 31 mars «* 1848, sous la présidence du secrétaire général de la » Commission de gouvernement pour led travailleurs, il

APPBNOIOS 309

» a été amiablement convena, à la satisfaction dô toutes 9> les parties :

a II sera nommé une commission chargée de préparer « les bases d'une concialiation à opérer entre les ouvriers u et les patrons.

u Cette commissisn sera composée de six délégués des u patrons et de six délégués des ouvriers. Cette commisa sion choisira, eà dehors de son sein, un président qui « aura droit de vote pour départager les avis et amener u une décision.

« Si la commission des ouvriers et des patrons ne peut tf s'entendre pour le choix du président, le président sera u désigné par la commission du Luxembourg, ainsi que les tf délégués présents Font demandé.

« La commission des douze membres, dont il vient d*étre <c parlé, préparera les bases d'un tarif pour les prix des « façons et des salaires, et aura à proposer toutes les me-» u sures qu'elle jugera avantageuses danslïntérét despa^- « trons et des'ouvriers

« Sa mission spéciale sera d'amener la conciliation amiu able de tous les intérêts différents, et de mettre an à u tous les dissentiments qui existent aujourd'hui entre les « patrons et les ouvriers.

« Approuvé par les six délégués présents. »

(Suivent les six signatures.)

PAVEURS {Extrait du Monitbub du 2 avril 1848.)

« Âujoiird'hui môme, une autre conciliation a eu lieu (devant la Commission du Luxembourg) entre les maîtres ot les ouvriers paveurs, représentés par les délégués.

« Les maîtres paveurs avaient écrit à la Commission qu'ils acceptaient d^avance tout ce qu'elle croirait devoir faire. Mais la Commission n*a point voulu user de ce plein pouvoir donné par écrit. Elle a apppelé les délégués des

310 LA BEVOLUTION DB f£ybIBR 1848

deux parties, qui se sont entendus à l'amiable et qui ont signé d'un commun accord le traité dont ils ont eux-mêmes précisé les termes et les conditions.

Lettre des entrepreneurs du pavé de Paris.

€ Paris, 31 mars 1848.

« Aux citoyens de la Commission des travailleurs.

« Citoyens, par suite de plusieurs communications que quelques-uns d'entre nous ont eu l'honneur d'avoir aujourd'hui avec vous, sur la convocation qui nous a été adressée, nous nous sommes assemblés, et, après avoir délibéré sur la question qui divise les ouvriers paveurs et nous, nous avons résolu de nous en référer à votre arbitrage.

« En conséquence, citoyens, nous déclarons nous en rapporter, pour le prix des journées des ouvriers, à ceux que dans votre sagesse vous voudrez bien fixer.

« Nous avons l'honneur, etc.

« Les cinq entrepreneurs du pavé de Paris j

< Lbsibub, Tbrwaaqnb, Francastel, Guérin, J a roux. »

Convention entre les maîtres et les ouvriers paveurs.

« Entre les délégués des maîtres et des ouvriers paveurs réunis au Luxembourg le 1®' avril 1848, sous la présidence du secrétaire général de la Commission de gouvernement pour les travailleurs, a été convenu ce qui suit, à la satisfaction de toutes les parties :

« A dater du 1*' avril 1848, le prix des salaires sera fixé comme suit :

« Pour les compagnons de relevé à bout, 4 fr. 50 c. au minimum, — Pour les compagnons de repiquage, 3 fr. V5 c. au minimum. — Pour les garçons paveurs, 2 fr. 50 c. au minimum.

« Approuvé par toutes les parties intéressées

c NoLLÉ, Serinquik, Fxanoabtel, Jabodx: »

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