LS GOUVERNEMENT PROVISOIRE AU PEUPLE FRANÇAIS
Citoyens ,
A tous lesgi'ands actes de la vie d* un peuple, le gouverD^ ment a le devoir de faire entendre sa voix à la nation.
Vous allez accomplir le plus grand acte de la vie d'un peuple : élire les représentants du pays , faire sortir de vos consciences et de vos suffrages , non plus un gouvernement seulement, mais un pouvoir social, mais une constitution tout entière! Vous allez organiser la République.
Nous n'avons fait, nous, que la proclamer ; portés d'acclamation au pouvoir pendant l'interrègne du peuple, nous n'avons voulu et nous ne voulons d'autre dictature que celle de l'absolue nécessité. Si nous avions repoussé le poste du péril , nous aurions été des lâches. Si nous y restions une heure de plus que la nécessité ne le commande, nous serions des usurpateurs.
Vous êtes forts !
Nous comptons les jours. Nous avons hâte de remettre la République à la nation.
La loi électorale provisoire que nous avons faite est la plus
DOCUMENTS UlSÏORlUl ES. /i33
large qui, cliez aucun peuple de la terre, ait jamais convoqué le peuple a Texercice du suprême droit de l'homme, sa propre souveraineté.
L'élection appartient à tous sans exception.
A dater de cette loi, il n'y a plus de prolétaires en France.
Tout Français en âge viril est citoyen politique. Tout citoyen est électeur. Tout électeur est souverain. Le droit est égal et absolu pour tous. Il n'y a pas un citoyen qui puisse dire à l'autre : « Tu es plus souverain que moi ! » Contemplez votre puissance , préparez-vous à l'exercer , et soyez dignes d'entrer en possession de votre règne !
Le règne du peuple s'appelle République.
Si vous nous demandez quelle République nous entendons par ce mot, et quels principes, quelle politique, quelle vertu nous souhaitons aux républicains que vous allez élire, nous vous répondrons : « Regardez le peuple de Paris et de la France depuis la proclamation de la République ! x>
Le peuple a combattu avec héroïsme.
Le peuple a triomphé avec humanité.
Le peuple a réprimé l'anarchie dès la première heure.
Le peuple a brisé de lui-môme, aussitôt après le combat, l'arme de sa juste colère. Il a brûlé l'échafaud. Il a proclamé l'abolition de la peine de mort contre ses ennemis."
Il a respecté la liberté individuelle en ne proscrivant personne.
Il a respecté la conscience dans la reUgion, qu'il veut libre, mais qu'il veut sans inégalité et sans privilèges.
Il a respecté la propriété.
Il a poussé la probité jusqu'à ces désintéressements sublimes qui font l'admiration et l'attendrissement de l'histoire.
Il a choisi, pour les mettre à sa tète, partout les noms des hommes les plus honnêtes et les plus fermes qui soient tombés sons sa main. Il n'a pas poussé un cri dé haine ou d'envio contre les fortunes.
Pas un cri de vengeance ronlro les personnes, n. 2S
63^ IHiCllIENTS IIISTOKIUUES.
Il a fait, iMi un mot, du nom de peuple le nom du courage, de la clémence et de la verlu.
Nous n'avons qu'une seule instruction à vous donner: Inspirez-vous du peuple, imitez-le ! Pensez, sentez, votez, agissez comme lui !
Le Gouvernement provisoire, lui, n'imitera pas les gouvernemenls usurpateurs de la souveraineté du peuple, qui corrompaient les électeurs et qui achetaient à prix immoral la conscience du iwiys.
A quoi lx)n succéder à ces gouvernements, si c'est pour leur ressembler! A quoi bon avoir créé et adoré la République, si la République doit entrer des le premier jour dans les ornières de la royauté abolie ! 11 considère comme un de ses devoirs de répandre sur les opérations électorales cette lumière qui éclaire les consciences sans peser sur elles. Il se borne à neutraliser l'influence hostile de Tadministration ancienne, qui a perverti et dénaturé l'élection.
Le Gouvernement provisoire veut que la conscience publique règne ! Il ne s'inquiète pas des vieux partis : les vieux partis ont vieilli d'un siècle en trois jours ! La République les convaincra, si elle est sure et juste pour eux. La nécessité est un grand maître. La République, sachez-le bien, a le bonheur d'être un gouvernement de nécessité. La réflexion est pour nous. On ne peut pas remonter aux royautés impossibles ; on ne veut pas descendre aux anarchies inconnues ; on sera républicain par raison. Donnez seulement sûreté, liberté, respect à tous. Assurez aux autres l'indépendance des suffrages que vous voulez pour \t)us. Ne regardez pas quel nom ceux ((ue vous croyez vos ennemis écrivent sur leur bulletin, et soyez sûrs d'avance qu'ils écrivent le seul nom qui peut les sauver, c'est-à-dire celui d'un républicain capable et probe.
Sûreté, liberté, respect aux consciences de tous les citoyens électeurs; voilà l'intenlion du gouvernement républicain, voilà son devoir, voilà le vôtre , voilà le salut du peuple' Ayez confiance dans le bon sens du pays, il aura confiance en
DOCUMENTS HISTORIQUES. /i35
vous ; donnez-lui la liberté, et il vous renverra la République.
Citoyens, la France tente en ce moment, au milieu de quelques difficultés financières léguées par la royauté, mais sons des auspices providentiels, la- plus grande œuvre des temps modernes : la fondation du gouvernement du peuple tout entier, l'organisation de la démocratie, la République de tous les droits, de tous les intérêts, de toutes les intelligences et de toutes les vertus !
Les circonstances sont propices. La paix est possible. L*idée nouvelle peut prendre sa place en Europe sans autre perturbation que celle des préjugés qu'on avait contre elle. Il n'y a point de colère dans l'àme du peuple. Si la royauté fugitive n'a pas emporté avec elle tous les ennemis de la République, elle les a laissés impuissants; et quoiqu'ils soient investis de tous les droits que la République garantit aux minorités, leur intérêt et leur prudence nous assurent qu'ils ne voudront pas eux-mêmes troubler la fondation paisible de la constitution populaire.
En trois jours, cette œuvre, que l'on croyait reléguée dans le lointain du temps, s'est accomplie sans qu'une goutte de sang ait été versée en France, sans qu'un autre cri que celui de l'admiration ait retenti dans nos départements et sur nos frontières. Ne perdons pas cette occasion unique dans l'histoire; n'abdiquons pas la plus grande force de l'idée nouvelle, la sécurité qu'elle inspire aux citoyens, l'étonnement qu'elle inspire au monde.
Encore quelques jours de magnanimité, de dévouement, de patience, et l'Assemblée nationale recevra de nos mains la République naissante. t)e ce jour-là tout sera sauvé! Quand la nation, par les mains de ses représentants, aura saisi la République, la République sera forte et grande comme la nation, sainte comme l'idée du peuple, impérissable comme la patrie*
M6 DOCUMENTS lUSTOUlUUES.
Les membres du Gouvernemeni provisoire ,
Dltont (de l*Eure), Lamartine, Marrast, Garnier-Pages, Albert, iMarie, Ledru-Rollin, Flocon, Crémieux, Louis Blanc, Arago.
Le secrétaire général du Gouvernement provisoire,
Pagmerre.
DOCniEXTS HISTORTQUES. 637
Serment d'Abd»eUKader.
Louanges à Dieu! rien n'est durable si ce n*^est son règne.
Aux appuis solides de la République.
Après la manifeslalion de mes senliments d'admiration pour vos personnes, je vous dirai que j'ai revu le citoyen OUivier, et que j'ai eu avec lui un long entretien dont il vous fera part.
Je viens vous donner une parole sacrée, et qui ne doit après elle laisser aucun doute dans votre esprit; savoir :
Que je ne m'occuperai jamais plus de fomenter des troubles contre les Français, ni par moi-môme en personne, ni par mes paroles, ni par mes écrits, ni par aucun des miens, et cela pendant toute ma vie.
Je fais le serment devant Dieu, par Muhammed, Abraham, Moïse et Jésus-Christ, par le Tourat, l'Évangile, le Zabour et le Coran, par la Mecque et Médine, par la Terre-Sainte (Kodss) ; je le jure par le Bokhari et le Mosslem et par ce que nous avons de plus cher; je le jure par le cœur et par la langue; je renonce entièrement à m'occuper des affaires des Français.
Tous mes compagnons font le môme serment, ceux qui signent ci-après, aussi bien que ceux qui ne signent point ne sachant point écrire, tous au nombre d'environ cent. Salut.
Signé: Abd-el-Kader ben Mehheddin.
En date du 10 Rebla sani 126i (15 mars 18i8). Suivent les signatures ; Muhammed el Mustapha ben Ahmed el Tehannd Cadou ben ;
Mehhiddin BEN Ali ben Mebarak; Mchammed Bekchib; Abdelkader ben Hasser; Murammed ben Abdraamaiv:! ; MuHAmiED EL Merki ; Abdelkader ben Abdelnabi ; El Morhtar; Murammed Belkheir; Aga Bouzid; Aga; El
SODEK ZeROUALI ; MUHADDm MEN MuSTAPHA ; MuSTAPHA US
Hammou ; Ben Kraddar ; El Djatti ; El Sohbi ; Abdelkaki BEN Barka ; Murammed ben Amran.
Ahd^eUKader au Gouvernement provisoire.
Louanges à Dieu seul et unique ; rien n*est durable si ce n'est son règne.
Aux appuis solides de la République qui gouvernent toute la France, et qui sont à son égard ce que les yeux et les bras sont au corps. Par eux le corps est mis en mouvement, et par eux aussi il reçoit ce qui lui convient, et est garanti de ce qui lui est nuisible.
Salut a ceux que Dieu a rendus honorables, et qui a voulu que leurs actions respirent le bien et le bonheur pour tous, qui les a doués du pouvoir d'être utiles au fort et au faible. Ils empêchent les forts de commettre l'injustice et de faire peser leur grandeur sur les faibles ; c'est un bien qui est tout à l'avantage des forts, et qu'au jour de l'éternité seulement, et devant Dieu , ils pourront reconnaître et apprécier : ils protègent les faibles qui, dans ce monde, n'ont point d'apui; et ils les préservent des injustices des grands.
Le citoyen Oilivier, votre délégué , est venu me voir hier, et m'a informé que les Français sont tous unis pour un seul et même but, et qu'ils ont aboli la royauté pour que la France soit gouvernée par la République.
J'ai été réjoui en apprenant cette nouvelle, parce que j*ai
DOCUMENTS HISTORIQUES. m
lu dans les livres qu un tel état de choses est convenable aux peuples, puisqu'il anéanti t Uinj us tice et empoche le fort d'opprimer le faible, que par conséquent tous deviennent frères, et que par cette raison nul frère ne peut s'élever sur son frère*
Les anciens juges ont dit : « Quiconque veut s'agrandir s'abaissera. »
Vous avez fait dans ce monde ce qui sera dans l'éternité pour tous les mortels devant le Tout-Puissant. Tous les hommes sont fils d'Adam, et Adam est né du limon. La nation qui est unie, et dont les intérêts sont soumis à l'examen et à l'opinion de tous, est celle qui sans contredit est la plus forte, parce que, par les conseils donnés par tous, il est rare de faillir, tandis que le conseil d'un seul entraine souvent l'erreur.
Les anciens sages ont dit : « Celui qui ne consulte que son opinion glisse et tombe. »
Dieu, dans le sublime livre du Coran, a chéri les hommes qui sont doués de tels sentiments ; il a dit : « Leurs actions doivent être toujours conformes à leurs opinions prises en masse. »
Aujourd'hui vous êtes des hommes de grand cœur, compatissants; vous aimez le bien et ne jugez que par la légalité. Dieu vous a placés où vous vous trouvez pour être les protecteurs de l'infortune et des affligés : Je suis un de ceux-ci, et je suis malheureux, et je demande de vous et de votre justice d'arracher l'affliction qui m'oppresse.
Si je n'ai point obtenu justice par le passé, je dois l'obtenir maintenant, puisque vous êtes les auteurs de l'état de choses qui ne veut plus ni injustice ni oppression.
Je n'ai rien fait qui puisse être blâmé par des hommes sages comme vous Têtes.
J'ai défendu mon pays par tous mes moyens ; j'ai la conviction que par cette raison vous m'estimez. Quand j'ai été vaincu et que Dieu ne m'a pas donné l'avantage, j'ai songé à tranquilliser mon àme en renonçant aux choses de ce monde ;
m DIXILMENTS IIISTORIÛIES.
et quoiqu'il me fût |)Ossible do nie rendre dans le pays des Bcrabers (Maroc) ou dans le Sahara, j'ai préféré pour mon âme sa remise entre les mains des Français. Je désirai être envoyé |)ar les Français dans le pays que je choisirais ; dans mon esprit, et parmi toutes les nations musulmanes et chrétiennes, j*ai donné à la nation française la préférence pour l'inviolabilité d'une parole donnée.
J'ai demandé au général Lamorieière de me faire transporter à Alexandrie , pour de là me rendre à la Mecque et aBIédine ; je l'avais prié de ne pas me faire passer ni par Onm ou Alger, ni par Toulon ou tout autre port de France; je lui avais demandé de m'embarquer a Djemà Ghazaouat pour me rendre directement à Alexandrie, et, pour raccomplissement de ces demandes, je demandai une parole française; c'est ce qu'il a fait en m'adressaiit un écrit en arabe qu'il a signé en français et revêtu de son cachet écrit de la même langue.
Quand cet écrit m'est parvenu, et dans la conviction que la parole des Français est inviolable , je me suis rendu à lui. S'il m'avait dit : Je ne puis pas vous promettre ce que vous me demandez, je ne me serais point rendu.
J'avais la certitude que la parole française est une parole solide , fût-elle donnée même par un simple soldat , et qu'il était impossible de la violer.
Aujourd'hui, les choses ne sont plus les mêmes pour moi, et cette conviction s'est évanouie en moi : je vous demande et vous supplie de me rendre justice, en rendant plus vaste ce qui est restreint pour moi, et en transformant ma tristesse en joie et bonheur.
Vous avez aujourd'hui opéré et fait une œuvre grande et qui réjouit tout le monde. Si vous réjouissez tout le monde et que vous me laissiez dans l'affliction, je vous en demanderai compte devant le Tout-Puissant !
Vous êtes des Ulémas (savants) et savez bien ce qui nous convient.
Nous ne pouvons pas vivre dans un pays dont les vête-
mentSyle langage, la nourritureet tout, en général, différent entièrement des nôtres.
Je me disais toujours que, quand bien même je serais pris par les Français par la force, je n*aurais que du bien à recevoir chez eux, parce que ce sont des hommes de cœur et d'honneur, et qu'ils savent rendre mérite au vainqueur aussi bien qu'au vaincu.
Je n'ai point été pris les armes à la main ; je suis venu aux Français volontairement et parce que je l'ai bien voulu : si j'avais pensé trouver chez eux quelque chose qui pût me déplaire, je ne serais point venu à eux.
Je crains que quelques uns de vous puissent dire qu'en retournant aux choses de ce monde et en revenant en Algérie, j'y ferai renaître des troubles; c'est une chose impossible, et qui ne pourra jamais arriver : n'ayez aucun doute sur moi à cet égard, pas plus que vous n'en auriez en pareille circonstance de la part d'un individu qui est mort, car je me place au nombre des morts : mon seul désir est de me rendre à la Mecque et à Médine pour y étudier et adorer Dieu jusqu'à mon dernier jour.
Salut.
Delà part de Abd-el-Kaderben Mehheddin, infortuné dans le pays des Français.
En date du 9 Rebïa sani 1264 (15 mars 1848).
442 DOCUMENTS mSTORIQCES.
Lettre du général Cavaignac.
Alger, 37 mars 1848.
Monsieur le président,
Je trouve insérée, au Afontfrur officiel de la République ^m nomination au ministère de la guerre. J*ai à regretter que le Gouvernement provisoire n'ait pas voulu accueillir la communication si positive qui lui a été faite. J'ai à regretter qu'en ne ni'interrogeant pas, le gouvernement m'oblige i décliner un honneur que je n'ai point recherché, au-devant duquel j'aurais été s'il eût été convenable de le faire.
Je n'accepte point le ministère de la guerre.
Il me reste à en faire connaître le motif.
Au jour m^me d'une révolution , lorsqu'il n'est question que d'une chose, de donner au gouvernement nouveau un gage de dévouement absolu, le nom d'un bon citoyen appartient a la nation ; elle en dispose suivant sa volonté. Si donc, le 24 février au soir , mon nom eût figuré au nombre des ministres, j'eusse accepté cette désignation comme j'ai accepté celle qui m'a placé où je suis.
Aujourd'hui, la République n'a pas besoin d'un sacrifice semblable, et pour entrer dans son gouvernement, il devient utile, nécessaire, que celui qui, par exemple , accepterai ministère de la guerre, connaisse la volonté du gouvernement, soit éclairé sur ses vues. En un mot, les hommes qui sont appelés à composer à l'avenir le ministère de la République, doivent s'être interrogés et rester convaincus qu'ils veulent servir la République de la même manière. Dans les circonstances présentes , si j'avais à entrer au ministère , j'aurais
DOCUMENTS HISTORIQI ES, A43
avant tout à savoir quel doit iHre ^a^euir de l'armée donl on me confierait le commandement.
Comme soldat , je serai toujours prêt a verser mon sang pour la République, de quelque manière et en quelque temps qu'elle l'exige.
Comme homme politique, si j'étais condamné à le devenir, je ne sacrifierais jamais mes convictions de soldat déjà avancé dans sa carrière : la République a besoin de son armée. Loin de mon pays, j'ignore aujourd'hui ce qu'est l'armée, oh elle est ; mais ce que je sais, c'est que si malheureusement elle était profondément atteinte dans ses conditions d'existence, il faudrait la réorganiser ; si elle était inquiète, il faudrait la rassurer; si sa tète était inclinée, il faudrait la relever ! Voila mes convictions.
Gomme homme politique, je sais quels sont les hommes avecqui je voudrais seulement marcher ; mais ceux-là mêmes, s'ils veulent atteindre l'armée, s'ils ne veulent lui rendre ce qui seul la fera vivre, le sentiment de sa dignité, de son rùlo dans tout pays vivant entouré de nations armées elles-mêmes, ceux-là mômes, je le déclare, ne me compteront pas dans leurs rangs.
Ainsi, pour être nûiiistre, j'ai besoin de connaître la pensée, la volonté de la Répul)li([ue ; j'ai besoin d'être certain que je n'aurai pas à mutiler l'armée que je connais depuis bientôt trente ans, do la même main (|ui a soutenu avec elle la même épée.
Rien necoùte à direquandon n'a rien à cacher. Je n'éprouve donc point d'embarras à parler nettement ; je ne puis donc être ministre tant (|U(» la pensée d(^ la nation ne s(î sera point fait connaître.
Et, d'ailleurs, au monnînt où T Assemblée nationale va se réunir , j'arriverais à Paris. Ponniuoiy pour y résigner un pouvoir (ju'il ne me resU? pas I(î l(Mnps d'aller pn^ndre. Je dois donc , je le répôlc, ne pf)int arrept^M* la désignation dont je suis l'objet.
m DOCIMF.NTS niSTORIQl'ES.
Pétition des ouvriers.
Ciloycns, la réaction lève la iéle ; la calomnie, cette arme favorite des hommes sans principes et sans honneur, déverse de tous côtés son venin contagieux sur les véritables amisda peuple. C'est à nous, hommes de la révolution, hommes d'action et de dévouement, qu'il appartient de déclarer au Gouvernement provisoire que le peuple veut la République démocratique ; que le peuple veut l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme ; que le peuple veut l'organisation du travail par l'association.
VIVE LA république! VIVE LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE!
DOt;LMt:.NTS lllSTOKlULES.
Liste des candidats du peuple.
Ledru-Rollin.
Louis Blanc.
Albert.
Flocon.
Pierre Leroux.
Vidal, secrétaire de la commission des travailleurs.
Caussidière.
Baspail.
Louis Deplanque, président du club des clubs.
Napoléon Lebon, ancien détenu politique.
Etienne Arago.
Thoré, journaliste.
Barbes.
Sobrier, du comité révolutionnaire.
Savary, cordonnier.
Montagne, forgeron.
Valérie, scieur de long.
Drevet, mécanicien.
Adam, cambreur.
Malarmet. ouvrier en bronze.
Gautier, dessinateur.
Chevassus, doreur passementier.
Flotte, cuisinier.
Dupuis, serrurier.
Bérard (Philippe), tailleur d'iiabits.
Cartigny, tisseur en châles.
Redou, chapelier.
Guillaumou, cordonnier.
Charles , compagnon des devoirs
réunis.
Lagarde, horloger. ^
Agricol Perdiguier, menuisier.
Hubert, corroyeur, ancien détenu
piilitiquo.
Martin Bernard, typographe, ancien
détenu politique.
Grimaux, corroyeur.