‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 113 sur 152 · MARGUERITE DE PARVE · texte numérisé non relu

MARGUERITE DE PARVE

LIVAE Vlll (1Sf»1). S33

ducliesiie de Parme engage Granvelle à publier son départ ; prétexies qu'il allègue pour justifier cette détermination. -> Ses adversaires soupçonnent la vérité. — Granvelle sort de Bruxelles, le 43 mars 4664.

Le cardinal de Granvelle, regardé comme rinspirateur de la politique suivie, par Philippe II à r<%ard des Pays-Bas, était devenu bientM odieux à tous ceux, nobles ou bourgeois, qui détestaient la prépondérance des Espagnols ou qui penchaient vers les nouvelles doctrines religieuses. Pour miner Tautorité du principal ministre, on s'était efforcé de la rendre impopulaire. On rejetait sur le cardinal tout ce que le roi entreprenait de rigoureux et de nouveau ; on persuadait au peuple que l'augmentation du nombre des évéques, le rétablissement des édits de Charies-Quint contre les hérétiques, l'inquisition, enfin, étaient des ouvrages de Granvelle * .

Le comte d'Egmont et le prince d'Orai^e se placèrent à la tète de l'opposition, le premier avec soudaineté, le second, après avoir mieux délibéré avec lui-même. Les suggestions de Simon Renard ne furent pas étrangères à la détermination du vainqueur de Gravelines ; quant au prince d'Oringe, ce fut à l'instigation du comte d'Egmont qu'il rompit, mais à regret d'abord, avec Granvelle *. Pendant longtemps, en effet, et jusqu'à l'année 4ft64, la

* Steaoa, lib. 11. — Celte dernière accusation était la plus grave; en faisant accroire au peuple qu'il était Tautenr de la persécution dirigée contre • les hommes de bien de la nouvelle religion , » ses ennemis, disait Granvelle lui-même, avaient en vue de soulier jusqu'aux pierres contre lui. Papiers d'État du cardinal d$ Granvelle, t. YII, p. 247.

> Mémoire (inédit) de Tabbé de St-Yinoent. ~ Lettre de Morillon à Granvelle, 9 novembre 4S67, dans le Sunplément aux Archivée de la mai^ son d'Orange, p. 49.

metlleare intelligence, parfois même une sorte d'fntlmtté, avait régné entre Tévéque d'Arras et le prince d'Orange. Leur correspondance attestait du moins qu'ils avaient Tun pour l'autre de l'estime et de l'affection. Toutefois, ^les sentiments de Guillaume de Nassau avaient dû peu à peu se modifier, à mesure que l'autorité de Granvelle s'affermissait et s'étendait; il ne pouvait plus avoir )es mêmes sympathies pour le conseiller intime de Philippe II, pour celui qui avait fhit préférer la duchesse de Parme à la duchesse de Lorraine, pour celui aussi qui était considéré comme le promoteur des édits contre les réformés. Mais, quel que fdt le mécontentement du prince d'Orange, il avait su le cacher adroiteiDent jusque vers l'époque de Télévation de Granvelle au cardinalat K

Sott qu'il eût été blessé plus- vivement de l'arrogance du prélat après cette promotion, soit qu'il jugeât que l'intérêt du pays exigeait la grave détermination vers laquelle il inclinait, le prince se joignit enfin au comte d'Egmontet, pour la première fois, les deux seigneurs se plaignirent directement au roi de l'omnipotence que s'attribuait le cardinal de Granvelte *.

Cette lettre collective, datée de Bruxelles le %Z juillet 4564, était de la main de Guillaume de Nassau. Lui et son colique rappelaient au Roi que, lorsque! les nomma conseillers d'État, ils firent quelque difficulté d'accepter, non par défaut de zèle, maïs parce que, ayant été af^lés à siéger au même conseil, sous le gouvernement du duc de Savoie, ils s'aperçurent que les affaires

) Correspondanoe de GuillAumeU Tadiume, U I et II, pdMtm. Vak- notamment Vinlroduction du t. II, § IL

* Dans sa /tisUficaiion , le prince soutint que, preeique immédiatement après le départ du roi pour l'Espagne, le cardinal de Granvelle jela le masque, disant ouvertement aux députés des provincee et villes « qnMl falloit s'adresser à lui et point ailleurs pour parvenir à une bonne fin des affaires. • Grande chronique de Hollande, t. II, fol. <80.

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