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queoté par les navires d'Ecosse. Flessingue, la troifiième ville, servait de refuge aux pécheurs de hareng.
Entrons maintenant, par la principauté de Liège, dans la partie méridionale des Pays-Bas. Cette contrée était enclavée dans l'Empire ; mais le duc de Brabant était le protecteur légal et le défenseur du territoire. Il existait même uneconfédération perpétuelle entre les princes-évéques de Liège et les souverains des Pays-Bas. Vaste et riche, la principauté de Liège renfermait le duché de Bouillon, le marquisat de Francbimont, la Hesbaye et le comté de Looz; elle possédait vingU]uatre villes murées, dont les principales .étalent : Liège, Bouillon, Dinant , Tongres , Huy, Hasselt , St«Trond, Thuin , Fosse, Gouvin et Giney. On comptait dans Févéché cinquante-deux riches abbayes et un grand nombre de baronnies. La seigneurie de Hornes, érigée en comté par l'empereur Frédéric III, en 1451 , était un des domaines les plus considérables du pays de Looz. 11 tirait son nom du château de Hornes, situé un peu en deçà de la Meuse , près de Ruremonde. Fief impérial, il ne relevait que de l'empereur ; mais le feudataire était vassal du roi d'Espagne pour d'autres domaines.
Le duché de Luxembourg, situé entre la Lorraine, la Moselle et la forêt d'Ardenne, qui couvrait une partie de son territoire, était divisé en deux quartiers. Le quartier allemand comprenait Luxembourg, Arlon, Rodemark, Tbionville; le quartier wallon contenait les villes dlvoy, deMontmédy, de Mareuil et de Damviilers. Le commerce était nul sur cette frontière ; on y vivait dans des alarmes continuelles-, le peuple avait tant souffert des guerres du règne précédent que beaucoup d'habitants s'étaient expatriés et que les autres avaient embrassé la carrière des armes. Aucune province ne possédait autant de noblesse que celle-ci, et nulle part la noblesse n'avait conservé aussi fidèlement les traditions de la féodalité en ce qu'elles avaient de plus injuste
et de plus barbare '. « Les nobles, en leurs États , grands et pe« tits, menoient vie de seigneur, dit Guicciardin, et vouloiedt être obéis si étroitement qu'ils tenoient par lois sévères (contrairement à la liberté et aux franchises dont jouissaient les autres parties des Pays-Bas) leurs sujets comme esclaves »
La principauté de Liège était également contiguë au comté de Namur. Le territoire de cette dernière province était petit, mais riche en minières, houillères et carrières de marbre. Il renfermait cent cinquante-trois villages à clocher et seulement quatre villes murées : Namur, Bouvigne, Gharlemont, construit par Charles- Quint, et Walcourt. La noblesse était très-nombreuse aussi dans cette province et y jouissait pareillement des droits de u haulte, moienne et basse seigneurie. » Indépendamment de cinq monastères de dames, tous de l'ordre de Giteaux, le comté de Namur renfermait neuf grandes abbayes d'hommes , parmi lesquelles celle de Floreffe, de l'ordre de Prémontré, « située sur un beau rocher regardant la Sambre, » était considérée comme la plus riche de la province '.
Le comté de Uainaut était borné au nord |)ar le Brabant et la Flandre , au midi par la Champagne et la Picardie , à l'est en partie par le comté de Namur et en partie par l'évéchéde Liège ; à Touest, il avait pour limites l'Escaut et la Flandre gallicane. H comprenait vingt-quatre villes murées, vingt-six abbayes et neuf cent cinquante villages. C'était une province plutôt agricole que manufacturière, ; toutefois Mons et surtout Yalenciennes, las deux principales villes du comté , possédaient de nombreuses fabriques de draps et de serges, dont les produits étaient
' On comptait dans le ducbé de Luxembourg sept comtés et un nombre infini de seigneuries.
* L'état ancien et moderne du pays et conUé de Namur, par Pall de Croonkkdael (né vers ^5H). passim, dan« la colIecMon des Chroniques belges inédites.
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recherchés aat foires d'Anvers et de Francfort. Hons était alors à Tapogée de sa prospérité commerciale. Ses fabriques de tissus de laine étaient devenues si nombreuses, diton, qu'à l'heure de la sortie des ouvriers on sonnait la cloche du Beffroi pour interrompre momentanément la circulation des voitures K On admi* rait la gendarmerie du Hainaut ; quant au peuple, Guicciardin le trouvait de mauvaise naftire^ c'est^-dire. vif, entêté et turbulent. Parmi les fondations religieuses, il fallait distinguer le chapitre de Ste-Waudru .à Hons, dont Tabbesse jouissait de la prérogative d'installer le comte de Hainaut à son avènement ; le chapitre des chanoinessesdeHaubeuge, qui possédait la seigneurie entière de cette ville ; le collège des chanoines de St-YincentàSoignied, investi pareillement du gouvernement et de la seigneurie de la commune ; enfin l'abbaye de St-Ghislaio près de Mons, la prinrcipale du Hainaut. Cette province renfermait des fiefs considérables. Beaumout et Chimay appartenaient au duc d'Arschot , Chièvres aux Croy , Leuze à Floris de Montmorency, frère du comte de Homes. Les L&laing, qui tiraient leur nom d'un beau vUlageavec château situé sur la Scarpe à deux lieues de Douai, possédaient Gondé. Hontigny, avec le titre de comté, se trouvait à deux lieues de Douai ; Antoing, beau village à une lieue de Tournai, était la résidence des comtes d'Ëspinoy \ la baronnie
' Cette particularité a été puisée par M. Lacroix, conservateur des archives de FÉtat à Mons, dans les bans de police de cette ville. — Voir aussi Statistique du Hainaut, par J acqubs Lbssabé , de Marchiennes (mort en i 657] , dans la Collection des chroniques belges [Documents inédits, publiés par M. de Reifpenberg, t. h^). — On trouve d'autres détails dans les Commentaires de Bkrnardino de Mendoça : a Davantage, dit- il, il y a plusieurs minières de fer et de plomb, et de très-belles pierres pour faire divers ouvrages, minières aussi delà sorte de cbarbon, de pierre noire, quMIs appellent houille, dont ils font bon feu. » Commentaires mémorables d<^ don Berxardino de Menooça, etc. (Paris, 4594).
49â LES PAYS-BAS SMJS PHILIPPE II.
de Barbançon, près de Beaumont, appartenait à Jean de Ligoe, comte d'Arenberg, tandis que le comté de Ligne» à deux lieues d'Ath, était alors la propriété du comte de Valckenbourg» seigneur de Wassenaer en Hollande. Louis de Blois possédait le village de Trelon ; le marquis de Berghes était propriétaire de Solre-le-Chàteau. A deux lieues de Mons on trouvait le comté de Boussu ; non loin de Binche» l'antique seigneurie de Traz^nies. Berlaymont, sur la Sambre, avait la dignité de baronnie ; et il en était de même de Glayon, à deux lieues d'Avenoe. Dans un des sites les plus pittoresques de la province» la dernière gouvernante des Pays-Bas avait fait construire le magnifique chiteau de Mariemont, brûlé par Henri IL
L^Artois était, comme le Hainaut, une province belliqueuse. La profession des armes y était surtout en honneur, et les habitants formaient d'excellents soldats, fidèles à leur prince, dit Guicciardin, et mortels ennemis des Français. Cette aversion étaU naturelle : dans les moindres démêlés avec la France, la guerre se portait toujours sur TArtois; aussi devait-on considérer A rras comme le boulevard de la Belgique. L'Artois était en même temps une contrée agricole; elle produisait le froment en si grande abondance qu'on en exportait une quantité considérable pour Malines et Anvers, afin de fournir aux besoins des autres régions. On trouvait dans cette province douze villes murées, huit cent cinquante-quatre villages et un grand nombre d'abbayes et monastères. Les villes principales étaient Arras, St-Omer, Béthune, Aire et Bapaume. Arras, la capitale, était partagée par des murailles en deux parties : lune; appelée la ville, appartenait au souverain des Pays-Bas ; l'auti^, la cité, à l'évêque. Cette dernière renfermait la magnifique abbaye de St-Vaast, réputée la plus riche des Pays-Bas. On trouvait, dans l'Artois, le marquisat de Rcnty qui appartenait à la maison d'Arschot , ainsi que la seigneurie d'Achicourt, située non loin d'Arras.