‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 86 sur 152 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

margrave précédait immédiatement le prince d'Espagne, qui avait à ses côtés les reines douairières de France et de Hongrie entourées d'une foule de seigneurs. Des troupes fermaient cette fastueuse cavalcade , qui passa sous vingt-huit arcs de triomphe érigés en Thonneur de l'infant '.

Les plus riches des négociants étrangers» contemporains de Guicciardin , étaient les Fugger d'Âugsbourg. Le chef de cette maison, le prince des autres marchands, Antoine Fugger, laissa en mourant la valeur de plus de six millions d'écus d'or, sans compter ses autres biens. Cette fortune avait été acquise à Anvers par le moyen du commerce , dans une période de soixante-dix années *.

La Bourse était régulièrement fréquentée par plus de cinq mille négociants ', en correspondance avec toutes les parties du globe ; car le change embrassait les principales places d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne aussi bien que Londres et Lisbonne. Les rois

I Voir De Triwnphet>an Antwerpen, ouvrage imprimé en 4549. D*ïiprès DE Mbtbbem (fol. 42) Ja ville d'Anvers dépensa en cette oceasion 260,000 florins ; et les cinq arcs de triomphe élevés par les naUons leur coûtèrent 26,800 florins.

' Guicciardin, et Mémoire de M. de Rbiffbnbera, p. 430.— Sous Charles-Quint, Técu valait deux florins et demi des Pays-Bas , monnaie actuelle.

• ÂLTMEYBR, Hiftotrc du comptoir hanséatique (TAnvers, p. 43, d*après

Marquard, qui s*ei[prime en ces termes : « Et singuUs diebus horis

« ante et pomeridianis in celeberrimo urèis compito, quod Bursam dixe- « runt , ultra quinque hominum millia négociation ibus orbis terrarum • expediundis conventus agerent. » — Ghappuis fournit aussi des détails intéressants : • Seulement en la Bourse qu'on appelle des Espagnols, dit- 11, se négocie (la plus grande partie en marchandise) par chacun jour, à la valeur de plus de 700,000 ducats. » Gomme le ducat d*or valait environ 42 francs, le mouvement commercial de chaque jour en la Bourse des Espagnols représenterait environ 8,400,000 francs, monnaie actnelle.

d'Espagoe et de Portugal, ainsi que ta reine d'Aûgleteire, entrete^ naient à Anvers des facteurs chargés de contracter les emprunts nécessaires à leurs souverains ou de prendre de l'argent à d^l DU à change, sous la caution de la couronne qu'ils représentaient. En 1559 , sir Thomas Gresham , facteur de la reine Elisabeth, avait emprunté h Anvers la somme de 200,000 livres sterling afin de .pouvoir réformer le titre des monnaies anglaises qui alors était extrêmement bas '.

Les marchands d*Anvers faisaient d'ailleurs un grand abus de l'opération qu'ils appelaient dépôt et qui consistait à prêter une somme d'argent à quelqu'un pour un temps et à un intérêt déterminés. Cette intérêt avait été porté par Charles-Quint et Philippe 11, dans des tem{)s difficiles, à 1 2 p. <"/» annuellement *. A la

» HiMK, Histoire d'Angleterre, chap. XLVI. — L'ageot royal, facteur ou marchand du roi [King's merchant D*étaît pas seulement chargé de contracter des emprunts pour le service de son souverain : il devait aussi adresser des informations au conseil privé sur les événements do dehors et souvent môme il était appelé à négocier avec les princes étrangers en qualité d'ambassadeur. Les présidents de la factorerie d*Anviers, sous Charles-Quint, furent successivement : sir John Hackett, John Hutton, Stepheo ' Vaughan, sir William Dansell et John Fitzwilliams. Devenu agent ou facteur royal au commencement de 4552, sir Thomas Gresham alla, avec sa fomille, s^établir à Anvers dans la maison de Jacques Scbetz, seigneur de Grobbendonck, qui était facteur de Charles-Quint. Le 44 octobre 4558, l*h^tel de Lyere {t'hof van Lyere)^ résidence du bourgmestre de ce nom, /ut cédé aux marchands anglais à condition que si des circonstances imprévues les obligeaient à quitter Anvers, celte propriété retonmerait à la ville. Elle fut ensuite connue sous le nom de la maison d'Angleterre (£ngliah house). C'était là que les marchands anglais, résidant dans la cité, se retiraient en cas de troubles ou de dangers. The iife andtimes ofsir Thomas Gresham, t. W, pp. 55, 72 et suiv.

' Le temps et l'expérience ont démontré, dit Gciccuadin, qu'un intérêt aussi énorme , encore augmenté par divers n^oyens, est très-préjudiciable aux pauvres ainsi qu'au commerce : • Le diép&i, ajoute-t-il, ne serait

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