‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 36 sur 177 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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féi^er l'accompiisseaient de la mission que Charles , à son départ des Pays-Bas, avait confiée au prince d'Orange. Au milieu des embarras et des périls que lui suscitaient les guerres dllalie et de Flandre, il avait même envoyé en Espagne son favori, Ruy Gomez de Sylva, pour supplier l'empereur de lui venir en aide, en sortant du monastère de Yuste et en conservant la couronne de l'Empire. Hais le refus de Charles-Quint fut inébranlable : il promit seulement le secours de ses conseils et de son influence. D'un autre côté, le roi des Romains, éprouvant beaucoup de peine à réunir les électeurs, n'avait point mis obstacle à l'ajournement désiré par le roi d'Espagne. Toutes les dilSBcultés furent enfin aplanies. Les électeurs se réunirent à Francfort, le 20 février 1558, acceptèrent, le 28, la renonciation de Charles-Quint, qui leur avait été apportée par le prince d'Orange, et, le 12 mars, élurent, à l'unanimité, comme chef du saint-empire, Ferdinand d'Autriche, roi des Romains *. Quoique Ferdinand eût déjà signé une capitulation, lorsqu'il avait été revêtu de cette dignité , en 1531 , les électeurs lui en présentèrent une nouvelle, qui confirmait la paix de religion *. De son côté, Guillaume de Nassau, comme représentant de Philippe II, était chargé de maintenir le nouvel empereur dans des sentiments hostiles envers la France et favorables à l'Espagne. Le 8 mars, il mandait de Francfort qu'ayant communiqué l'intention du roi d'Espagne de se liguer avec plusieurs princes de l'Empire, Ferdinand [•'' avait répondu qu'il faciliterait la formation de cette ligue et qu'il mettrait tout Tempéchement possible aux attaques des Français ^.

' MiGNBT, Charles-Quint, etc , p. 257 et 347. Voir aussi une lettre de Philippe II à Tévêque d'Arras, écrite de Londres, le 42 avril 4657, dans les Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. V, p. 64 .

' Voir CoxE, Histoire de la maison d'Autriche, t. II.

' Archives de la maison d'Orange-Nassau, publiées par Groen van Prins- TERER, t. I (2« édition), p. 30.

Paul IV seul, conservant toute son ancienne aversion pour la maison d'Autriche, ainsi que ses fières prétentions sur le pouvoir impérial, refusa de reconnaître l'élection de Ferdinand l^ '. Cette politique malhabile devait être surtout préjudiciable aux catholiques , car elle forçait le nouveau chef de l'Empire à ménager davantage ses alliés protestants ^ Le couronnnement, fait en personne par le pape , avait toujours été considéré comme nécessaire pour conférer le titre d'empereur et pour autoriser la nomination d'un roi des Romains. Du consentement de Jules II, Maximilien avait pris le titre d'empereur élu ; mais il n'avait retiré aucun fruit de ce titre honorifique : l'absence de couronnement par le pape fut même un obstacle invoqué par les électeurs pour ne pas donner le titre de roi des Romains au petit-fils de ce prince. Charles-Quint lui-même avait respecté un usage en quelque sorte traditionnel, et ce ne fut qu'après son couronnement à Rologne qu'il fit conférer la dignité de roi des Romains à son frère. Élu empereur par des protestants comme par des catholiques, Ferdinand voulut néanmoins conserver aussi cet antique usage. Il fit partir pour Rome son chancelier Guzman, pour notifier son avènement à l'Empire et annoncer à Paul IV

* L'évêque d'Angoulême, alors ambassadeur de France à Rome, rendant compte, le 2 juin 4558, au roi Henri II, de ses entretiens avec Paul IV, s'exprimait en ces termes : « Sa Sainteté me dit que Ferdinand vivoit catho- « Hquement ; combictn qu'à l'exemple de Hely, il dissimuloit les fautes de « son fils le roy de Bohême, lequel avoit franchi le saut, et s'estoit déclaré « fauteur des hérétiques... . » Le pape continuait, du reste, à injurier Charles-Quint : « Il me dit, poursuivait l'évêque, que, quant à l'empereur, o il avoit esté personne cupide, cruelle, et ingrate, et eu compta plusieurs « faits à cette fin : mais qu'il est aujourd'huy comme un homme mort, « estant retiré hors du commerce des hommes, et ainsi qu'il entend, agité « de même maladie que sa mère. « Ribier, t. II, p. 746 et 747.

' Ranke, Histoire de la papauté, liv. IIÏ.

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