‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 53 sur 177 · LIVRE IV (1559) 'Î · texte numérisé non relu

LIVRE IV (1559) 'Î

de Meridoça, marquise de Zenette, qui joignait une grande fortune atii charmes de là jeunesse. 11 avait eu pour rival le duc d*Albe, mais les prétentions de ce dernier étaient combattues par rempereur lui-niiêmè parce que ce prince craigttait, séloti la reméri^tièd'un historien moderne, que si un girand d'Espagne se mariait afvec une riche^héritiëfe, il ne devint trcfp puissant ^ '

La prirfeipauté d'Orange, qui venait d'échôir aux Nai^au, avait appartenu successiviemerit et sahs ri&lever d'aucun suzerain à trois maisons : Orangé, Baux et Chàlons. Cette dernière, très-pirîssante dans lés deux Bourgognes, avait acquis la principauté par mariage en 4393. Philibert, quatrième prince de la maison dé Châlons*, eut d^abord lé dessein d'offrir sonépée à François I*; une humiliation doiit il conserva le ressentiment le jeta dans^ le parti de l'empereur ». Côhime il se rendait en Espagne, i\ fut pris sur mer par les Français et resta trois ans prisonnier dans fe château de Lusignan en Poitou. Lorsqu'il* eut recouvré sa liberté, il accompagna Charles de Bourbon dans son entreprise contré Rome, et, après la mort du connétable, les Impériaux T'élurent généralissime, quoiqu'il n'eût que vingtquatre ans. Rome prise, il aurait voulu, dit-oin, exécuter le dessein du connétable en se faisant couronner roi de la ville éternelle. On le rett'ouve ensuite dans Naples, assiégée par Lautrec;

I D'après la relation de l'ambassadeur vénitien Gaspard Contarini (4 525], Henri de Nassau avait 20,000 ducats de revenu, qui furent augmentés de 20,000 par son mariage avec dona Mencia de Mendoça, et de 43,000 que Tëmpereur, à Foccam^n de ce tnariage, leur accorda pendant leur vie.

' A. ToceasioD du baptême du premier dauphin, fils atné de François I«r et de Claude de; France, le prince d'Orange était venu ea France avec un cortège magnifique dans le (dessein de présenter ses services au roi : mais soit qu'ils ne fussent pas agréés, soit qu'ils ne le fussent qu'à des conditions dont ce prince ne crut pas devoir s'accommoder, il quitta la cour et s'attacha à Charles d'Autriche. Mémoires de Martin du Bellay, t. I, p. 404.

i56 LES PAYStBAS sous PHILIPPE II,

et là encore il est s^ppelé à remplacer. le vice-roi, Hugues de MoncadCj quia succombé; là, pour la seconde fois, le jeune prince d'Orange esit. élu généralissime par. les soldats impériaux. En 1530, devant Florence, deux arquebusiers qu'il reçoit à travers le corps viennent terminer hrusqi^ement la carrière de cç jeune héros. Sa bravoure avait été aiguillonnée parle désir d'épou* ser Catherine de Médicis (depuis reine de France) ; aijissi faisaitil.autant l'office de soldat que celui de capitaine. C'était,. qu surplus, un ennemi acharné des Françj^is^ Lorsqu'il se trouvait enfermé dans le château de Lusign^n , il n'y avait muraille blan* che, dit Brantôme, qu'il ne noircit de petits écriteaux, contre eux ; quand ils avaient du malheur à la guerre, il était jperdtt de joie; quand ils avaient du succès, il était désespéré de deuil En vertu du testament de Philibert, la principauté d'Orange fut transmise à René de Nassau, fils miique du comte Henri et de Claudine de Chàlons. CharlesrQuint^ de son côté, fidèle à la mémoire de Henri de Nassau, conféra à son héritier le gouvernement de la Hollande, de la Zélande, d'Utrecht et de Frise. René s'efforça d'égaler son oncle maternel par. des actions d'éclat ; msfis sa, carrière , qui promettait aussi d'être glorieuse , fut soudainement interrompue comme celle de Philibert. Le 1 9 juillet 1 544, il fut blessé mortellement devant Saint-Dizier \ trois jours après, il mourut, âgé de vingt-six ans. L'empereur, dit Brantôme , alla le voir dans sa tente , le consola tant qu'il put , et^ lui disant adieu, le baisa à la bouche, puis se retira la larme à l'œil.

Guillaume , frère du comte Henri , n'ambitionna point, conxnae celui-ci, les grandes négociations ni les commandements militai-^ res. La principale affaire de sa vie fut l'introduction de la réforme dans ses domaines, et cette œuvre dangereuse, il l'accomplit avec beaucoup, de fermeté et de pei'sévérance '. La petitesse de ses

\ Archives de la maison d'Orange-NassaUf t. I, iatrod., p. 66 et suiv.

Page 1