OBSERVATIONS
La différence énorme entre l'effectif et les présents, s'explique par l'état de crise où l'on était, et par le désordre qui devait nécessairement régner dans l'administration. Les hommes prisonniers chez l'ennemi comptaient à l'effectif, ainsi que les déserteurs , dont le nombre devait être fort grand, après des levées aussi colossales. Pour donner une idée des non-valeurs, même longtemps après, il suffit de citer ce que dit Napoléon (Montholon, t. III, p. 175) de l'armée d'Italie, au mois de mars 1796. « L'effectif sur les états » du ministère, était de 106,000 hommes, mais 36,000 » étaient prisonniers, morts ou désertés, et l'on attendait de- » puis longtemps de passer une revue régulière pour les
» effacer des états. » Plus tard même, à une époque d'ordre et de succès, en 1807, le major-général de la Grande armée, écrivait: « En comparant les états de l'effectif avec les présents » sous les armes et les détachés dont on a connaissance, » on trouve une différence de 40,000, qui doivent être ou » morts ou désertés à l'ennemi ou à l'intérieur, etc., qu'il » faut rayer des contrôles. » (Mathieu Dumas, t. XTX, p. 355.) Quant aux malades, le nombre n'en était pas aussi grand, en 1794, qu'on pourrait le croire. Au mois de vendémaire an III (septembre et octobre 1794), il y en, avait environ 70,000. Voir à cet égard le discours de Daru, au corps législatif, très-curieux pour l'histoire du recrutement de l'armée, tant sous l'ancien régime que pendant la révolution.
La force de 749,545 présents sous les armes, est la plus grande que la France ait jamais eue. L'empire français même, lorsqu'il comptait 42 millions d'habitants, n'en a jamais eu autant. Cependant la France n'avait guère, en 1794, que 26 millions d'habitants, et encore une partie de l'Ouest était insurgée, et ne produisait aucunes recrues.
FORCE DE CHAQUE ARMÉE DE LA RÉPURLÏQUE EN JUILLET 179Z| (THERMIDOR AN II).