MORT DE PINET
humain par la mutuelle dépendance des membres, et dans le mécanisme étincclant de l'univers par l'attraction des mondes. Tandis qu'assenie à la loi des événements qui , à de certaines hauteurs , se joue de la volonté des hommes, l'Assemblée nationale se laissait entraîner à des mesures de précaution prssque sinistres, Necker revenait de son exil, l'âme ouverte à des pensées de clémence. Arrivé à Mie le 20 juillet, il s'était fait préjvtrer un appartement dans l'auberge des Tro's-Hois. \je lendemain, informé que le duc et la duchesse de PoligUtic venaient de descendre à l'hAtellcrie voisnne, il n'hésita pas à leur rendre visite ; et ce fut d'eux qu'il apprit les récentes nouvelles de Paris. Peu de jours après, Dufresne de Sa'nt-T éon lui apporta la lettre du roi et l'arrêté de l'As-
semblée. Necker commençait alors" à éprouver cette fatigue du cœur (jui annonce le soir de l'ambition ; la duchesse de Polignac n'avait pas manqué de lui faire un eQVayant tableau des emportements populaires : un instant, il hésita. Sa réponse au roi respire une gravité mélancolique. A l'Assemblée, il écrivit : « .... Je dois, messieurs, vous aller porter l'hommage de ma respectueuse reconnaissance. Mon dévouement ne vous est pas nécessaire, mais il importe à mon bonheur de prouver au roi et à la nation française que rien ne peut ralentir un zèle qui fait depuis si longternps l'intérêt de ma vie. »
Le refour de Necker fut un vrai triomphe. A son approche, les paysans accouraient .semant la route de fleurs, et,
quand il passait, tous criaient en agitant leurs chapeaux : Vive M. Necker, le père du peuple ! Les milices bourgeoises venaient au-devant de lui; lés cloches des -sillages qu'il traversait sonnaient en volées. A Ghaumont en Bassigny, il fut reçu par les officiers municipaux qui l'attendaient pleins d'une sorte d'impatience religieuse et qui lui offrirent, à la manière des Allemands, les vins de la ville. L'enthousiasme était si extraordinaire, si déréglé même dans ses transports, qu'au moment où Necker se mettait à table avec sa famille, un habitant réclama l'honneur de le servir : indigne hommage que Mme de Staël écarta par ces mots : « Non, monsieur, vous êtes un citoyen. » Necker s'étant retiré pour prendre quelque repos , la milice bourgeoise tout entière voulut veiller sur son sommeil , et Durville, commandant du premier corps d'infanterie, coucha dans sa chambre; tant il y avait d'exaltation au fond des idées que Necker semblait alors représenter.
A peine à Versailles, le ministre rappelé se rendit au château Il le trouva morne et désert. Marie-Antoinette, si hautaine naguère , si menaçante , avait l'attitude , la figure , le langage de l'abattement. A Louis XVI, il ne restait même plus la force de l'insouciance. La charge de gouvernante des enfants de France, laissée vacante .par le départ de la duchesse de Polignac, avait été donnée à la marquise de Tourzel; on avait rendu à M. de Monlmorin le portefeuille des affaires étrangères , et le comte de Saint-Priest remplaçait M. de ViUedeuil au ministère de la maison du roi. L'aspect de la cour était complètement changé.
Le 29 juillet, Necker alla remercier l'Assemblée, où des applaudissements dont il n'y eut jamais d'exemple accueillirent sa présence. A quelques paroles qu'il prononça d'une voix tremblante, promesses de dévouement mêlées à un témoignage de gratitude, le duc de Liancourt répondit par une harangue qui épuisait toutes les foimules de l'admiration.
Du reste, pour avoir une idée de la popularité dont Necker jouissait à cette époque , il faut lire les journaux du temps, a Le cœur se serre, dit Gorsas, en pensant à ce qu'il a souffert, à ce qu'il aurait pu souffrir. On cherche dans ses yeux à deviner les mouvements de son âme. C'est un père qui revient au milieu de sa famille, qui le chérit ; quoiqu'il n'ait plus rien à craindre , on s'in(piiète encore , on l'interroge pour savoir s'il n'a pas (juehpie blessure cachée ({u'il ne veut pas découvrir de peur d'affliger ses enfants. »
Comment un homme qu'on entourait de tant d'amour, de .tant de respect, se serait-il préservé du vertige de l'orgueil? Necker se crut la main quand il n'était que l'instrument. Amnistier la défaite, à l'origine de la lutte ; décréter l'oubli des ressentiments, alors que s'aggravaient les injures, alors que se multipliaient les périls; sauver les coupables, au risque d'encourager leurs complices ; sauver Besenval ; interdire à la Révolution sa colère, qui était sa prudence, voilà ce que Necker osa concevoir. Une chose aurait dû, pourtant, l'avertir de la témérité de ses espérances. Passant à Villenaux, il s'était empressé d'écrire, de sa voiture, aux autorités du lieu une lettre qui implorait la liberté de Besenval, il n'avait rien obtenu. Mais l'encens de Versailles l'enivrait. Il ne comprit pas que dans tout ce bruit qu'on faisait autour de sa personne il y avait un malentendu formidable; que ce qu'on applaudissait en lui, c'étaient justement des idées qui déjà dépassaient de beaucoup les siennes. Il ignorait, en outre, que la gloire est un piège tendu à l'activité des cœurs d'élite ; que la réputation est la livrée dont un peuple décore les talents qu'il admet à son service, et que la popularité veut pour esclaves ceux qu'elle semble choisir pour idoles.
Necker prit donc cette route de l'Hôtel de Ville de Paris qui venait d'être témoin des angoisses de Louis X\'I et à l'extrémité de laquelle étaient les pavés que de Launey, Bertier, FouUon avaient rougis de leur sang. Une armée entière précédait, entourait et suivait la voiture du ministre. Aussi nombreuse et plus brillante que celle qui avait accompagné le roi, la cour de Necker se composait de la marquise de Lafayette, des princesses Lubomiska et Protoska, de la baronne de Staël, du comte de Saint-Priest, de MM. de Lafayette, de Clermont-Tonnerre, de Rochechouart, de Lusignan, etc. A l'Hôtel de Ville, douze électeurs vinrent recevoir le visiteur attendu, le conduisirent jusqu'à son fauteuil, au milieu des applaudissements; et alors, s'avançant vers lui, Moreau de Saint-Méry lui présenta la cocarde de la Révolution : « Ces couleurs vous sont chères, ce sont celles de la lilierté. » Après avoir été harangué par M. de La Vigne, au nom 4e 1'' Commune, Necker, dans un discours noble et touchant, demanda la grâce de Besenval. Pendant qu'il parlait, ses traits étaient altérés, ses yeux humides. Il suppliait, d'ailleurs. Cette tristesse dans le triomphe, cette humilité dans la gloire firent une impression profonde. « Oui, cria-t-on de toutes parts, grâce, pardon, amnistie! » L'élan fut si vif qu'une amnistie générale proposée -par Clermont-Tonneixe fut aussitôt consentie. Necker regagna Versailles, le visage radieux, le cœur plein de joie.
Là cependant venait d'être l'écueil, là le terme de sa popularité. L'arrêté des électeurs , qui consacrait l'amnistie . n'est pas plutôt connu que tout s'embrase. Qui donc avait donné aux électeurs le droit d'annuler les décrets de l'Assemblée nationale, de pardonner aux ennemis déclarés du peuple, de disposer des vengeances ou de la générosité de Paris? Ce baron de Besenval, objet d'une si étrange sollicitude, n'était-il pas le même qui devait présider à regorgement des Parisiens, le même qui écrivait au gouverneur de la Bastille de • tenir bon? • Que n'avait-on pour les crimes obscurs, ceux de la misère, ceux de la faim, cette indulgfence dont on couvrait les crimes nés du délire de l'ambition, des 'enivrements de l'orgueil? On l'espérait en vain : la Révolution ne se laisserait pas di'sarmer; et s'il lui plaisait d'être généreuse, ce serait après et non avant le combat. Le déchaînement fut universel. Le district de l'Oratoire envoya deux de ses membres à Villenaux, avec injonction d'empêcher que Besenval fût mis en lilierté. Le district des Blancs- Manteaux fit retentir l'Assemblée nationale de ses plaintes, de ses menaces. Alors, saisis d'épouvante, les électeurs se hâtèrent de revenir sur leur précédent arrêté ; ils expliquèrent qu'ils avaient entendu seulement proscrire les actes de violence, les peines extralégales. De son côté, l'Assemblée nationale déclara qu'elle approuvait l'explication fournie par les électeurs et que Besenval resterait sous la garde de la loi.
Un jour avait suffi pour précipiter Necker du 4iaut de son piédestal. En apprenant la rétractation des électeurs, il pâlit et écrivit : « Mon bonheur a peu duré. •
Or, ce fut précisément à cette époque qu'eut lieu l'aventure de Pinet, aventure sanglante, mystérieuse, qu'il importe de raconter, parce qu'elle se lie étroitement aux causes qui retenaient le peuple sur la pente des rigueurs.
Pinet, agent de change et secrétaire du roi, était un homme généralement estimé. Il avait des mœurs douces, une âme bienfaisante, et mettait à remplir ses engagements une exactitude presque religieuse. Toutefois, sa fortune, originairement très-bornée, avait pris en peu de temps un accroissement prodigieux. Comment? on l'ignorait. Tout ce qu'on savait, c'est qu'il n'était ooint joueur, ne confiait rien aux
EMOTION DE LA FRANCE
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hasards de la loterie, ne se livrait à aucune négociation usuraire. et payait un intérêt énorme des fonds qu'attirait dans sa caisse l'universelle confiance qu'il avait su inspirer. Ses relations avec plusieurs des principaux personnages de la cour étaient intimes; elles ajoutaient à son crédit, qu'il semblait, d'ailleurs, employer avec noblesse, préférant admettre à ses bénéfices les personnes peu riches, comme pour sanctifier son bonheur par la bonté. Après la mort de Foullon et dé Bertier, on le rit tomber tout à coup dans une sombre tristesse. Le 29 juillet, une lettre lui ayant été apportée, il la lut jusqu'à trois fois, dina d'un air fort calme avec sa famille, invita même quelques amis à souper; mais, entre six et sept heures du soir, il sortit, sous un prétexte vain, et ne rejarut pas. Le lendemain, à l'entrée du bois du Vésinet, près Saint-Oennain, on rencontra un homme couvert de sang : c'était Pinet. Transporté à l'auberge du Pecq et ipterrogé, il répondit qu'il ne concevait rien à son affreuse aventure; (|u'ap[)elé, la veille, aux Champs-Elysées, pour une opération (le finances, il s'était réveillé dans le bois du Vésinet, sa tète portant sur un tronc d'arbre rougi de sang; qu'il ne pouvait comprendre ni comment il avait été blesëé, ni comment il s'était trouvé dans un lieu' si éloigné de sa route. On avait mandé i la hâte un chirui-gien; il dit à Pinet : « Ce n'est point un tronc d'arbre qui vous a {ait cette blessure, c'est un coup de feu. > A ces mots, Pinet se troubla, mit le doigt sur sa bouche, et fit signe qu'il lui était impossiMe de parler devant témoins. Il finit cepndant par déclarer qu'il avait été a-ssassiné; que ses affaires étaient en bon étal; qu'on ne perdrait rien si on voulait s'entendre; ({u'il désirait rivement être transféré i Paris,... et il recommandait d'une façon particuUère son portefeuille rouge. Trois jours après, il était mort.
On avait dû dresser procès-verbal des déclarations du mourant : ce procès-verbal ne fut pas produit ; le portefeuille rouge ne fut jamais représenté, malgré les indications que Pinet avait certainement fournies; enfin, pour dernière singularité, les rédacteurs de la Chroniqite publièrent le chiffre exact de la faillite deux mois avant qu'elle eût été vérifiée. Elle ne s'élevait pas à moins de cinquante-quatre millions. C'était un gouffre où (juinze cents familles furent englouties.
Un pistolet déchargé qu'on ramassa dans le bois du Vésinet, un autre chargé qu'on trouva dans la poche de Pinet, avaient d'abord fait croire à un suicide. Mais on apprit que le malheureux agent de cliange avait été soumis, dans les jours qui précédèrent sa mort, à un système suivi d'intimidation. D'étranges soupçons prirent naissance. Cr<mme preuves de l'assassinat on put aUéguer la disparition du portefeuille, le propre témoignage du mourant, les menaces antérieures dont il avait été l'objet, maintes circonstances de nature k prouver que ju8((u'au dernier moment sa situation avait été prospère. E.xaminée de plus près, l'hypothè.se de l'assassinat conduisit à des remar([ues importantes. On se souvint que Pinet aN'ait toujours envelojipé ses opérations d'im voile impénétrable; que, lorsqu'en lui confiant des fonds l'on s'avisait de le questionner sur le placement , il avait coutume de rendre la somme à l'instant même. La liste de ses amis, passés en revue, livra des noms soupçonnés. De l'argent «ju'on plaçait chez lui, il payait un intérêt monstrueux, jusqu'à 75 pour 100 : quel était donc le genre d'opérations capable de rapporter de pareils bénéfices, dans un temps de troubles et de soupçons, dans un temps où l'industrie était morte, où le commerce fuyait devant la guerre, où les champs restaient sans culture? On crut toucher au mol rie l'énigme : impossible que Pinet n'eût pas été le ban-
quier du monopole des grains, le caissier de l'accaparement. Quant à sa bienfaisance, elle servait à le rassurer contre les reproches de son cœur. Nous avons vu l'Assemblée nationale étabUr un comité de subsistances. Quoique ce comité se fût tenu dans l'ombre, on ne doutait pas qu'il n'eût cherché activement la trace des accapareurs. L'opinion s'arrêta donc à ceci : Pinet avait été pressé de dénoncer les odieux continuateurs de ce système d'accaparement qui, sous le nom de Pacte de famine, avait déshonoré le règne de Louis XV; les coupables avaient redouté une révélation qui les eût fait massacrer sur l'heure ; et, après avoir essayé de la prévenir par des menaces, ils s'étaient décidés à l'étouffer par un assassinat.
Jamais on n'en a su davantage. Dans son journal, Loustalot avait écrit en annonçant la mort de Pinet : i Cet événement doit produire de grands éclaircissements sur la révolution actuelle. » Mais le nombre des coupables, leur rang, leur crédit, leurs richesses empêchèrent la vérité d'éclater.
De là, parmi le peuple, un redoublement de défiance et de colère, l'énormité du crime s'aggravant à ses yeux de tout le scandale de l'impunité. Il y eut à Paris des démonstrations formidables. Les plaintes des familles qui venaient d'être ruinées se mêlaient aux clameurs de la foule qui, se sentant frappée l^a.T dç3 mains inrisibles, frémissait de ne pouvoir ni échapper aux désastres de l'accaparement ni atteindre les accapareurs. La cherté du pain produisit , autour de Paris, des émeutes violentes, dont le Palais-Royal prolongeait le retentissement. Cliatel , maire de Saint-Denis, fut égorgé dans un moment d'ivresse aveugle et furieuse.
C'est le danger à la fois et la force de la France que cette électricité morale ([ui, àjles heures données, y communique à tous les esprits un même ébranlement. Telle vient de se montrer la capitale, tel se montra le royaume. La province eut ses tragédies, non moins sombres que celles de Paris. Gomme Bertier à Paris, le major Belsunce à Caen expia par une mort terrible l'emportement de ses dédains. Abhorré du jïeuple parce qu'il poursuivait la Révolution d'outrageants défis; parce qu'à cheval, armé jusqu'aux dents, accompagné d'un homme à figure sinistre, il affectait de sourire de mépris aux fêtes du rappel de Necker; parce qu'on l'accusait d'avoir fait enlever avec insulte à trois grenadiers du régiment d'Artois une médaille décernée à leur civisme; parce qu'on le soupçonnait de pousser le régiment de Bourbon, dont U était major, à quelque sacrilège coup de main, il fut attaipié dans sa caserne, livré, traîné à l'hôtel de ville, tué d'un coup de fusil durant le trajet. Aussitôt on se jeta sur son corps, dont on se partagea les lambeaux; et les vengeances de l'amour offensé se faisant place à travers les colères publiques, une femme lui arracha le cœur.
Ainsi, partout une inquiétude farouche, partout, à l'égard des ennemis de l'esprit nouveau, une haine sans pitié, mais partout aussi le courage, lardeur, un puissant espoir, les frémissements de la vie aux premiers rayons du jour, et un (leuple se tenant debout, le visage tourné vers Paris, la ville du soleil.
Voici en quels termes un Allemand, Campe, arrivé en France dans les derniers jours de juillet, décrivait, à cette époque, l'émotion que lui causa l'aspect de notre pays : « Je ne saurais rendre les impressions qui s'emparèrent de moi lorsque, pour la première fois, je vis la cocarde française aux chapeaux et aux bonnets de ceux que nous rencontrions, bourgeois et paysans, enfants et vieillards, prêtres et mendiants, et que je pus lire sur les fronts joyeux une sorte de fierté, en présence d'hommes appartenant à d'autres pays. J'aurais
voulu pouvoir serrer dans mes bras les premiers qui se présenteraient à moi. Ce n'étaient plus des Français ; mes compagnons et moi, nous avions cessé un instant d'être des Brandebourgeois , des habitants de Brunswick; les dissidences, les intérêts de nation avaient disparu : • Je suis c homme , disait chacun de nous , et rien de ce qui concerne « l'humanité ne m'est étranger. »
Ce fut un beau spectacle, plus beau que tous ceux des temps héroïques. Cette cocarde aux trois couleurs à laquelh; Lafayette avait prédit tant d'immortelles conquêtes et qui rayonnait portée par le laboureur, l'artisan, le gentilhomme, le prêtre, le soldat, le vagabond, elle donnait un eml)lème à l'égalité en attendant qu'on lui donnât un empire. Il y eut aussi cela d'admirable que beaucoup d'humbles pasteurs de paroisses se trouvèrent alors subitement élevés à l'intelligence de l'Évangile, code du monde affranchi. Car ce ne fut pas à Paris seulement que des prêtres comme l'abbé Fauchet appelèrent le Crucifié en témoignage de la sainteté des nouveaux désirs ; ce ne fut pas à Paris seulement qu'à la vue des blanches processions de jeunes filles allant prier la patronne du lieu pour le salut du peuple, on put s'écrier : * 0 bienheureuse ! que de vœux différents vous ave;: exaucés ! Saint Louis vous demandait la conquête de Jéi'usalem, Louis XI le pardon de ses crimes, Charles IX la SainW Barthélémy, Louis XIV ses victoires, et nos vierges vous demandent la liberté » C'est qu'en effet, avec une soudaineté prodigieuse, la Hévolution s'était portée de la ville au village, du village aux chaumières, laissant partout après elle une longue traînée d'enthousiasme. Oui , l'enthousiasme révolutionnaire , voilà ce qui, avant et mieux que les lois, changea la carte géographi([ue de notre pays de France. D'un même élan vers le règne du droit sortit l'unité du territoire La liberté fit la patrie.