‹ Histoire de la Révolution française; (volume 4)Chapitre 54 sur 303 · PREMIER MINISTÈRE DE NEGKER · texte numérisé non relu

PREMIER MINISTÈRE DE NEGKER

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valier Turgot, tu ne te relèveras jamais des maux que Necker t'a préparés ; » et il rappelait d'un ton violent le fameux chapitre qui termine le livre Sur la législation et le commerce des grains : « Que devons- nous attendre, ajoutait- il, d'un ministre qui se passionne avec tant de fureur contre la classe des propriétaires en faveur de celle qui ne possède rien? Attendons -nous à voir se renouveler en France les scènes des deux Gracchus. » Il y en eut qui prononcèrent le nom de Law, croyant de la sorte insulter Necker. En dépit de ces clameurs , le directeur des finances restait

populaire. Il avait de son côté l'opinion publique, juge inattendu devant lequel il avait fait comparaître la monarchie Suffire à la guerre d'Amérique sans impôts, n'était-ce point un prodige? Sans impôts, avait dit Necker; et cette formule, qui caractérisait la situation, était répétée dans tout le royaume par un peuple étonné que la victoire ne lui coûtât rien. D'ailleurs, le ton sentimental des ouvrages du Genevois et l'art avec lequel il savait intéresser l'imagination aux plus arides questions de finance lui avaient concilié la faveur des femmes, non-seulement parmi le tiers état, mais à la cour, à

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