‹ Histoire de la Révolution française; (volume 4)Chapitre 8 sur 303 · JEAN HUS · texte numérisé non relu

JEAN HUS

u'oN se transporte par la pensée en 1414, dans le cercle de la Souabe, à Constance. Naguère déserte, la ville s'était tout à coup remplie de bruit, de foule et d'éclat. L'Europe entière avait les yeux sur ce petit coin de l'Allemagne. Là, en effet, allait se passer un drame imposant, terrible, et d'une portée que les acteurs ne soupçonnaient puS. Là se trouvaient en présence, pour un combat mortel, deux principes entre lesquels il faut, aujourd'hui encore, que Je monde se décide. Le principe d'autorité avait à ses ordres toutes les

puissances de la terre : un empereur, un pape, quatre patriarches, vingt-deux cardinaux, cent cinquante évoques, dix-huit cents prêtres, deux cent soixante-douze docteurs, un assemblage tumultueux de princes, d'électeurs, de barons, de margraves, un peuple façonné au respect de la coutume, des milliers de soldats obéissants et farouches.

Le principe de fraternité se personnifiait dans un pauvre curé de la chapelle de Bethléem, nommé Jean Hus, qu'on avait mis en prison et qu'on allait juger.

L'appareil déployé fut solennel. Les pompes <ie l'Église

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