‹ Histoire de la Révolution française; (volume 4)Chapitre 83 sur 303 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

L'ASSEHILiC NATIONALE

S 4 mai 1 789, 1p xoleil se levs radieux 8ur la ville de Louis XIV. La France ôlail à Paris; Paris était à Versailles. Les États généraux devant s'ouvrir le lendemain, il avait été décidé que par une fête nationale et religieuse, que par de communes prières, on He préparerait à ce solennel événement. \a. journée fui resplendissante, l'apjiareil déployé fut sans égal. Mais ce ipii faisait la grandeur du spectacle, ce n'étaient ni les rues inondées de foule et de lumière, ni l'étincelant rideau des baïonnettes, ni les létes de femmes se pressant aux croisées, ni les riches draperies flottant aux l>alcons, ni la voix grave du prêtre et le son des cloches montant vers le ciel à travers les fanfares, le roulement des tambours et le commandement des capitaines

non : la véritable, l'imposante nouveauté, c'était le langage qui se parlait dans toute la ville; c'était le sens des paroles qu'on échangeait en s'abordant; c'était l'altération des visages, la fierté des reganls, l'orgueil inusité des attitudes, la fièvre des âmes ; c'était la virile et puissante inquiétude d'un peuple que visitait la liberté.

Il y avait, du reste, au fond de l'émotion universelle mille sentiments dive;8 : esj)érances, regiets, mélancolicjues retours, justes colères, ambitions, terreurs, asjiirations héroïques el brûlantes. Les uns saluaient de leurs cris l'image de la patrie sauvée. Une fête aujourd'hui, disaient les autres, et le combat demain.

A l'iieure inditjuée, les députés des trois ordres ])artirpnt de l'église j«roissiale de Notre-Dame pour se rendre processionnellement à l'église de Saint-Louis; et la multitude se piwit]wte -w«r -le pwwgw -du cortège. En ce moment deux femmes, Mme de SUél et Mme de Montmorin, s'entre-

tenaient à une fenêtre. Or, comme la fille de Necker laissait éclater sa joie, « Vous avez tort de vous réjouir, lui dit Mme de Montmorin, il arrivera de ceci de grands désastres à la France et à nous. » Mme de Staël ne put s'empêcher de tressaillir, et, plus tard, elle eut à se rappeler cette circonstance, Mme de Montmorin étant morte sur l'échafaud. La procession passa. Les récollets et le clergé de Versailles ouvraient la marche, ayant au milieu d'eux la musique de la chapelle du roi. Suivaient les députés des Communes. Ils étaient vêtus de simples manteaux noirs ; mais à la fermeté de leurs pas, à leur contenance calme et forte, on voyait assez qu'ils portaient la fortune de la bourgeoisie. Parmi eux, on remarquait le député Gérard, figure énergique et franche, front hâlé, cœur d'homme libre sous une veste de paysan breton : il semblait être là pour représenter plus particulièrement le peuple. Venaient ensuite les députés de la noblesse, étalant le luxe de leurs broderies, de leurs plumes blanches, de leurs dentelles; puis, injurieusement séparés des évêques en rochet et en camail, les plébéiens de l'Église, les curés. Le roi et la reine accompagnaient le saint sacrement, qui brillait aux mains de rarclievè(jue de Paris, sous un dais magnifique, dont les comtes de Provence et d'Artois, les ducs d'Angoulême et de Berri tenaient les cordons.

De longues et encourageantes clameurs accueillirent l'ordre des Communes, parce qu'il était la Révolution; le duc d'Orléans, parce qu'il affectait de se tenir à distance de la noblesse et qu'il se mêlait au dernier rang du tiers ; les tribuns connus ou désignés , parce qu'ils étaient vainqueurs ; le roi, parce qu'il était vaincu. Quant à la reine, nul salut populaire ne l'annonça, nul cri d'amour ne la suivit. Et elle, tout émue, mais attentive à couvrir sa douleur, elle s'essayait à braver par des airs dédaigneux la muette insulte, quand on la vit tout à coup pâlir et chanceler. La princesse de Lamballe fut obligée de la soutenir. Marie -Antoinette avait entendu retentir à ses oreilles le cri : Orléans à jamais! et saisi, dit-on , daiis les yeux de la duchesse d'Orléans l'éclair du triomphe.

Cependant, vers quelles hauteurs ou vers quel abîme ces graves personnages étaient-Us attirés? Quel emploi ferait-on de la force, une fois conquise, et jusqu'où faudrait-il pousser cette grande aventure ? Mirabeau lui-même l'ignorait, lui qu'on apercevait de partout et qui remplissait la fête, lui qui s'avançait respirant à pleins poumons les orages de l'air, portant avec insolence son indigne renommée , commandant l'admiration, excitant la surprise, faisant peur. Pour les hommes qui la plupart étaient, ainsi que Mounier et Malouet, « passionnément raisonnables, » il ne pouvait être question de couvrir le sol de ruines. Un seul, dans ce cortège, un seul pressentait alors, illuminé qu'il était par sa conviction, les conséquences suprêmes. Or, celui-là se trouvait parmi les plus obscurs; il était de ceux dont les passants demandaient le nom; et son maintien rigide écartant tout propos familier, U marchait retiré en lui et comme distrait de l'agitation environnante par le silence de ses pensées.

Arrivés à Saint-Louis, les trois ordres prirent place dans la nef. Le roi et la reine s'assirent sous un dais de velours violet, parsemé de fleurs de lis d'or; et un chœur de voix mélodieuses ayant chanté l'hymne 0 salutaris hostia, l'évêque de Nancy parut en chaire. On espérait des paroles vivantes et animées : on écouta d'un cœur impatient une harangue, amplification trop complaisante de cette idée : « La rehgion est la force des Etats. » Un trait, néanmoins, fit sensation. L'orateur s'étant écrié, après une vive peinture des violences du régime fiscal et de la misère des campagnes : « Et c'est sous

le nom d'un bon roi, d'un monarque juste, sensible, que ces misérables exacteurs exercent leurs barbaries! » des applaudissements éclatèrent de toutes parts, malgré l'étiquette, qui ne voulait pas qu'on applaudît en présence du roi, même au spectacle. Mais l'heure était déjà passée des usages vains et des serviles respects.

Le 5 mai 1789, s'ouvrirent dans l'avenue du château les portes de la salle des Menus, vaste enceinte rectangulaire, ornée de deux rangs de colonnes d'ordre ionique et pouvant contenir plus de deux mille spectateurs. Le plafond, jjercé en ovale, laissait venir le jour à travers un rideau de taffetas blanc. Au fond de la salle, sur une estrade magnifiquement décorée et sous un baldaquin à franges d'or, étaient le trône, le fauteuil de la reine, les tabourets des princesses. Au bas de l'estrade, un banc pour les secrétaires d'État, et, devant eux, une table couverte d'un tapis de velours violet. On avait rangé à droite des banquettes destinées au clergé; à gauche, celles de la noblesse, en face du trône celles des Communes. Louis XVI s'était plu à ces arrangements. Lui-même il avait présidé à la disposition des tapis de la Savonnerie et des ten- à tures qui devaient tempérer la clarté du jour. Car, à la veille ^ de tels événements, la pensée de ce roi était aux décorations ou bien encore à étudier, en se récitant le discours d'ouverture, les intonations de sa voix.

Une vulgaire insulte adressée au troisième ordre marqua la première assemblée de la Révolution. Introduits par une porte de derrière qu'abritait un hangar, les députés des Communes furent retenus à l'entrée pendant plusieurs heures; et, tandis qu'après s'être longtemps fait attendre, la royauté, l'Eglise, la noblesse passaient par la grande porte, eux resserrés, entassés dans un étroit esjxice, ils offraient le spectacle d'une bourse de marchands.

Entre neuf et dix heures, le marquis de Brézé et deux maîtres des cérémonies commencèrent à placer les députés suivant l'ordre de leurs bailliages. Deux heures se perdirent dans les formalités du cérémonial.

Des gradins en amphithéâtre avaient été réservés à des spectateurs respectueux, à des femmes élégamment parées, public choisi que remplacerait bientôt un public hurlant et souverain. Cependant, conseillers d'État, gouverneurs, lieutenants généraux des provinces venaient successivement se ranger au milieu de l'enceinte du parquet. A côté des ministres de robe et des ministres d'épée on distinguait M. Necker, le seul de tous ces personnages qui se trouvât en habit de ville. Il fut vivement applaudi. Le duc d'Orléans le fut deux fois , et lorsqu'il entra confondu avec les députés de Grespy en Valois, et lorsqu'on le vit insister pour faire prendre le pas sur lui au curé de sa députation. Mais, à l'aspect du comte de Mirabeau, des murmures s'élevèrent. Lui, d'un air méprisant, dominateur, et la tête rejetée en arrière, il traversa la salle en homme qui connaissait la puissance de ses vices. Lorsque, suivi de la reine, des princes et des princesses, le roi parut, toute l'assemblée se leva et se répandit en acclamations. Louis XVI était revêtu du grand manteau royal; il portait un chapeau à plumes dont la ganse étincelait de diamants et dont le bouton était le Pitt. Il fut d'abord attendri de l'accueil qu'il rece\"ait; mais quand tous furent redevenus silencieux, immobiles, et qu'en face de lui il aperçut les visages fermes et sévères de ceux des Communes, il se troubla. On entendit Mirabeau dire à ses voisins, en montrant le roi que tant de splendeur en\ironnait : « Voilà la victime. » La reine, de son côté, était tremblante et pâle.

Ayant levé son chapeau et s'étant recouvert : • Messieurs, dit Louis XVI, ce jour que mon cœur attendait depuis long-

L'ASSEMBLEE NATIONALE

temps est enfin arrivé, et je me vois entouré des représentants de la nation à laquelle je me fais gloire de commander. Un long inter%alle s'était écoulé depuis les dernières tenues des états généraux, et quoique la convocation de ces assemblées parût être tombée en désuétude, je n'ai pas balancé à rétablir un usage dont le royaume peut tirer une nouvelle force et qui peut ouvrir à la nation une nouvelle source de bonheur. • Exiger d'un roi qu'il pousse lui-même à ces commotions par où les royautés périssent, c'est trop demander

à la nature humaine : en exprimant quelques craintes sur • l'inquiétude générale des esprits et le désir exagéré d'innovations, » Louis XVI était dans son rôle. Son tort ici ne pouvait être que celui de sa situation et de son principe. Il ajouta, du reste, qu'on devait espérer de ses sentiments tout ce que le plus tendre intérêt au bonheur public était de nature à inspirer, tout ce qu'il était permis d'attendre d'un souverain, • le premier ami de ses peuples. » On remarqua que, pendant le discours de Louis XVI, la reine, très-simplement

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vèîne ce jour-là, se tint debout, dans l'attitude de l'émotion et du respect.

Le roi ayant cessé de parler, les députés du clergé et de la noblesse se couvrirent. Aussitôt, les Communes les imittTpnt; et l'on put juger ainsi combien l'on était loin du temps où les repn-sentants du tiers se mettaient à genoux (Ifvant le prince. Pour calmer l'agitation née de cette légitime et menaçante nouveauté, Louis XVI dut se découvrir lui-même.

Ijp ganie des Hceaux Barentin prit alors la j^role, et, dans un discours dont U première iwrtie était consacrée à des flat-

teries sans dignité, il rappela les circonstances qui avaient amené la convocation des états généraux. On ne l'entendit point à cause de la faiblesse de son organe , et son langage, d'ailleurs, n'était pas fait pour entraîner l'approbation de l'as- .semblée. Toutefois, il prononça des paroles que l'histoire doit recueillir, parce qu'elles témoignent de l'influence universellement exercée par la pliilosophic du dix -huitième siècle : « Les vices et l'inutiUté méritent seuls le mépris des hommes, et toutes les professions utiles sont honorables, soit qu'on remplisse les fonctions sacrées du ministère des autels, soit

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qu'on se voue à la défense de la patrie dans la carrière per leuse des combats.... soit qu'on soumette à son crédit et aux spéculations d'un génie actif, prévoyant, calculateur, les richesses et l'industrie des divers peuples de la terre, soit qu'en exerçant cette profession , mise enfin à sa place dans l'opinion des vrais sages, on féconde les champs par la culture, ce premier des arts auquel tient l'existence de l'espèce humaine; tous les citoyens, quelle que soit leur condition, ne sont-ils pas les membres d'une même famille ? Si l'amour de l'ordre et la nécessité assignèrent des rangs qu'il est indispensable de maintenir dans une monarchie, l'estime et la reconnaissance n'admettent pas ces distinctions et ne séparent point des professions que la nature réunit par les besoins mutuels des hommes. •

Aux derniers états généraux, l'orateur de la noblesse avait osé dire, avec approbation de la cour : « Il y a autant de différence entre nous et le tiers comme entre le maître et le valet. » Maintenant, le garde des sceaux Barentin semblait mettre, dans l'estime et la reconnaissance publiques, le laboureur à côté du gentilhomme.

Cependant Necker s'était levé, et l'assemblée était devenue attentive. Il exposa d'abord avec gravité, mais beaucoup trop longuement , la situation des finances ; les détails du déficit, dont il porta le chiffre à cinquante-six millions; les efforts tentés déjà, les mesures à prendre, les ressources à mettre en action, les forces administratives à féconder. En termes nobles et expressifs , il rassura les esprits sur le danger d'une banqueroute. Il plaça en tête des réformes que les états généraux devaient accomplir l'égale répartition des charges pubhques, demandant « qu'on abolît pour toujours jusqu'au nom des impôts qui conserveraient les vestiges d'une désunion dont il était si pressant d'effacer la mémoire. » Mais quoi! n'avait-on convoqué la nation si solennellement que pour lui donner des chiffres à discuter? C'est ce que Necker n'eut garde de prétendre. « Ce serait considérer, dit-il, les états généraux d'une manière bien limitée, que de les voir seulement sous le rapport de la finance, du crédit, de l'intérêt de l'argent... On aime à le dire, on aime à le penser, ils doivent servir à tout, ces états généraux; ils doivent appartenir aux temps présents, aux temps à venir. • Et, s'élevant peu à peu jusqu'à ces hauteurs où le génie de la France lui paraissait se confondre avec le génie même de l'humanité : « Un jour viendra peut-être, messieurs, s'écriait-il, où vous étendrez plus loin votre intérêt; un jour viendra peut-être où, associant à vos délibérations les députés des colonies, vous jetterez un regard de compassion sur ce malheureux peuple dont on a fait tranquillement un barbare objet de trafic; sur ces hommes semblables à nous par la pensée et surtout par la faculté de souffrir; sur ces hommes cependant que, sans pitié pour leurs douloureuses plaintes, nous accumulons, nous entassons au fond d'un vaisseau pour aller ensuite à pleines voiles les présenter aux chaînes qui les attendent. » Quant à la question, si importante alors, de savoir si l'on voterait par ordre ou par tête, Necker ne l'abordait qu'en tremblant et semblait plus occupé de la tourner que de la résoudre. N'était-il pas convenable de laisser au moins les deux premiers ordres décider, séparément, l'abandon de leurs privilèges pécuniaires? Pourquoi leur enlever l'honneur de cette renonciation volontaire et généreuse? Car enfin, » de pareils actes de justice n'étaient pas communs, et l'histoire n'en présentait pas d'exemple. » Une fois ce sacrifice accompli, les ombrages des uns dissipés, les plaintes des autres apaisées ou éteintes, on arriverait sans doute à comprendre que certains objets veulent être soumis à une délibération séparée, et qu'il en est, au contraire,

à l'égard desquels la délibération en commun est préférable.

Ainsi parla Necker.

On s'était attendu à un programme d'une révolution; et Necker présentait un mémoire. On avait espéré que franchement, énergiquement, au nom du peuple, au nom du roi, il prescrirait la délibération en commun ; et il venait proposer qu'on s'en rapportât, d'abord, à la bonne volonté des deux premiers ordres. Les députés des Communes se montrèrent surpris et presque irrités. Ils reprochèrent au ministre le dogmatisme de son langage, condamné par la timidité de ses vues; l'indiscrète exagération de ses ménagements; d'avoir laissé indécise une question qu'il fallait trancher, et de n'avoir point posé les bases d'une constitution nouvelle. Mirabeau fil de son journal l'écho des plus vives colères. Il nia le génie financier du ministre err ces termes : « Voilà nos ressources hypothéquées sur la foi et sur Vespéi-ance, à condition que nous ferons la charité. • Et relevant le tour %-ulgaire de ses sarcasmes par l'invective, incriminant la confiance de Necker en la générosité des nobles et des prêtres, il poussa ce cri que Versailles, que Paris répétèrent : « il n'y a pas de générosité à être juste. »

Qu'y avait-il de fondé dans de tels reproches?

Faire une constitution , Necker l'aurait dû sans doute , si , placé dans l'isolement de la toute -puissance, il eût été seul responsable de l'avenir. Mdis la nation venait de monter en scène; à elle désormais de pourvoir à son destin. Là ne fut donc point le tort de Necker.

Son vrai tort, ce fut de n'avoir point décidé, par voie d'initiative, que les trois ordres vérifieraient leurs pouvoirs en commun et formeraient, dès l'origine, une même assemblée. Que craignait-il? l'opinion publique le soutenait. Porté par le cours naturel des idées et des choses, il eût aisément triomphé des résistances de la cour, et prévenu de la sorte entre les trois ordres une scission que chacun prévoyait. Mais il manqua de résolution, précisément lorstpre, plus que jamais, elle était nécessaire. Ses amis le pressaient de décréter l'union, au lieu de l'implorer : il s'y refusa en montrant la cour; MM. de Saint-Priest et de Nivernais, ses collègues, voulaient la vérification préalable par le garde des sceaux : il s'y refusa en montrant le peuple. Il eut peur d'échouer s'il s'engageait. Ce fut sa vanité ([ui lui défendit l'audace; sa personnalité s'enveloppa de modération ; et il ne fut point homme d'État, pour avoir trop désiré de le paridtre.

Oh! certes, si les nobles, si les prêtres n'avaient pas été aveugles au point de transformer en droits les abus dont ils jouissaient, il y aurait eu quelque habileté et quelque grandeur à charger de la destruction du privilège les privilégiés eux-mêmes, à les intéresser moralement au succès de leurs propres adversaires, à leur créer cette alternative enfin, ou d'honorer leur défaite ou de l'avilir. Mais, de la part des deux premiers ordres, le sacrifice des abus du passé ne pouvait être — on le verra plus tard — que l'effet d'une ivresse passagère , en attendant l'empire de la justice.

Étranges accidents de l'histoire! il avait été arrêté, à la cour, qu'on s'occuperait de disposer quatre saUes : trois pour les trois ordres, une pour les réunions d'apparat. « Gardons, s'étaient dit les ministres, gardons que les Gommurres ne s'établissent dans l'enceinte consacrée à la séance d'ouverture. Où serait le centre apparent de la représentation nationale, là en seraient bientôt, aux yeux du peuple, le centre et la vie. Ne laissons pas les Communes remplir la demeure des États, en devenir Timage. » Les salles furent désignées, M. de Saint-Priest s'étant chargé de ce soin. Mais une des salles était un manège, que l'administration des écu-

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