LIVRE Tt (1559-1K
finances. Quoiqu'il appartint à la plus haute noblesse des Pays^ Ras, il n'avait pas hésité à s'attacher étroitement à Granvelle, dès qu'il eut pu reconnaître la supériorité qu'assuraient à Tévéque é*kfns ses talents éminents aussi bien que la faveur signalée du souverain. Ses adversaires ne manquèrent point de voir la preuve d\in esprit rampant et d'une àme intéressée dans l'appui qu'il prétait au cardinal : mais ses amis, d'autre part, considéraient cel attachement comme une preuve de sa fermeté et comme le témoignage d'un zèle éclairé pour les intérêts du roi ■.
Phifippe de Croy, duc d'Arschot, prince de Château-^Porcien
H de Ghimay, comte de Beaumoot et de Senegbem, etc., souten
Hait avec vigueur aussi le parti du cardinal : mais , d'après le
téfooignage de Granvelle lui-même > ce n'était pas l'homme le
phiii judicieux et le plus fin du monde ^. Le marquis de Renty,
firère du duc d'Arscbot, défendait la même cause. Granvelle pou-
^vaitencbrecompter parmi ses partisans plusieurs prélats, dont les
I^rincipaux étaient Tarchevêque de Cambrai et François Richar-
Ijaf t de même dans la collation des bénéfices. Lorsque Damp Jacques Le- <^ien fut nommé par Tempereur à Tabbaye de S^-Martin à Tournai, VigUus ^»t Granvelle reçurent de lui, cbacuo une tapisserie de 4,000 florins et Mo< ^^îUon (suffinagant derévêqued'Arras) une pension annuelle de 300 florins. l!>amp Jean Duquesne, qui succéda à Damp Jacques Lequien, leur donna de même une tapisserie de 600 florins. Outre cela, chaque année, il rece- '^"aît de lui quatre pièces de vin de France. — Morillon, leur courtier, avait ^>l>teniipar leur protection, deux prévôtés, avec bien quarante prébendes, SjBJSS compter des cures et pensions infinies ; de sorte que ledit Morillon ^tait appelé duplex a, 6, c, les gens voulant, par ce, donner à connaître c^u'il avait autant de prébendes et chanoiuies, quMl y avait deux fois de l^iti'esen l'alphabet, etc. * Correspondance de Philippe II, 1. 1», pp. 349-321 .
1 Yandir YrncKT , Hiêtoire des troubles des Pays-Bas (Bruxelles, 48ÎÎ, 3 vol. in-8"), t. !«-, p. 4Î9. — Archives de la maison d'Orange-Nassau , ^- I«,p. 474.
' Correspondance de Philippe II, t. !'»•, p. 535.
LES PâVS-BiS SODS PUILirPE
dot, son succeasetir sur le slé^e épiscopal d'Arras. Il avait enfin les meilleures relations avec les membres InQuents du conseil d'Epagne et un confident dévoué dans le cabinet de Philippe U. Ce dernier était Gonçalo Porez, qui n'avait obtenu la conCanc^ du roi que sur la recommandation de Granvelle loi-m^tne ^
Mais le parti , qui tendit d'abord à ébranler puis à détruire la prépondérance deGranvellCp était également puissant par le rang ÛB3 personnages qui le dirigeaient. Dans les premiers mois du nouveau règne , le prince d Orange» le comte d'Egmonl et d'au* tres grands des Pays-Bas n'appréhendèrent pas beaucoup Tautoritéde Tévéque d'Arras, e imaginant qu'un homme encore nouveau ne pourrait entrer en comparaison avec les descendants des plus anciennes familles. Mais quand ils se furent aperçus que son autorité augmentait de jour en jour et que son influence se manifestait en toutes choses, ils le reconnurent pour leur rival et se déclarèrent peu à peu contre lut, d'abord comme des contradicteurs de sus opinions , puis comme des adversaires décidéi de son pouvoir ^
A la téta de Topposition se placèrent le prince d'Orange el 1^ comte d'Egmont, les collègues de Granvelle au Conseil d État^L comte de Hornes, lors de son retour aux Pays-Bas en I36(, joignit h eux, Philippe de Montmorency ^ comte de !ïorne§ i m\\ franc-seigneur de Weert, était né en Flandre de Joseph de Mon^r ^tr morency *, seigneur de Nevele, et d'Anne d'Egmont-Buren, fiiy m^ aînée de Florent, comte de Buren. Mais, depuis l'âge de quatr ^re
' Ménmres de dom Pbospf.h LévesquEi 1. 1»^, p. 15.
* STRADi, lib* Jl.
* M 6tait ptitil-Als de Jmxi de Montmoreocy qui, aj^anl al^andotm^^ if parti do Louis XI pour se mellre au service de Charles le IJardî, du^ss- de Bourgogue, fut comble de bienfaUs par ce prince et devînt (e chef di^^ la branche dfis Monlmorency des i*ays-lias. Van Loo?f, ttislùirt mt'îalUqu*^ ifi di^^xfpt prtwh^eâ (La Ifnyc, 173», 5 voU in fol*), t* T"', p. tî.