‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 45 sur 198 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

oembre, dans le but de régler, avec Philippe II, TiDdemnité promise en dédommagement de PalUano ; il fut honorablement aecaeilli et logé dans i'hâtel des comtes de Hooghstraeten qui joignait ia oour. Le roi ordonna même de construire une galerie de communication afin que le cardinal n'eût pas la peine de monter sur sa mule. C'était, du reste, un homme aux goûts mondains, aimant les tournois, les danses, les mascarades, et les dames ; perdant en un soir 20,000 écus en jouant avec le comte d'Egmont '. Il ne réussit point dans sa mission ; mais cet insuccès ne fut que le prétexte de sa disgrâce. Éclairé par le parti rigide sur la vie scandaleuse de ses neveux, Paul IV sacrifia son aCTection aux devoirs que lui imposait le pontificat '.

Le duc de Guise étant arrivé en France, Henri II Tassocia immédiatement à l'autorité souveraine en le nommant lieutenant général des armées dans toute l'étendue de la monarchie française, eÊk dedans et en dehors du royaume. L'arrivée de ce capitaine, dont la popularité dominait dès lors le trône et dont la renommée militaire paraissait un gage de salut ^ , avait causé une joie universelle et relevé la nation française de l'abattement où l'avait jetée le désastre de Saint-Quentin. Le duc de Guise voulut justifier les espérances que ses concitoyens fondaient sur son activité, sa vigilance et son génie. Tandis que les troupes de Philippe II se tenaient dans leurs quartiers d'hiver, il résolut de tirer parti de leur sécurité. Deux armées furent réunies avec la plus grande célérité et dans le plus profond silence : l'une, sous le comman-

* Grande Chronique de Hollande ^ etc , t. II, p. 41 .

* Sous le pontificat de Pie IV, le cardinal Caraffa et son frère, accuaés des crimes les plus horribles, furent condamnés à mort et exécutés. — Voir RiNKB, Histoire de la Papauté, liv. III.

* Histoire des ducs de Guise, par René de Boullé (Paris, 4849), t. !«', p. 238. — François, deuxième duc de Guise, était né à Bar, le 47 fé- Trie 4519.

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deraent du duc de Nevers. simuta une attaque contre le dûcKé de Luxembour^^î Tautrcf, conduite par Guise lui-mémi% parut m proposer de vouloir assurer la défense d'Amiens, d'Ardres et de Boulùgne. Pendant que les Espagnols et les Walïons couraient vers le Luiiembourg, le duc de Nevers renvoya ses troupes an duc de Guise qui fit rapidement avancer son armée vers Calais. C'était lo seule place que les Anglais eussent conservée en Franca des Vastes domaines conquis autrefois par Edouard III ; elle passait pour imprenable, et jamais les rois de France, même pendant les guerres civiles entre les maisons d'York et de Lancastre, n'avaient pensé à l'assiéger. Calais étant entouré de marais impraticables durant Thiver, excepté du côté d'une digue gardée par Jes deux forts doNieullay et de ïlisbank, les Anglais, par économie, en retiraient h la fm de l'automne une grande partie de la garnison et l'y renvoyaient au printemps, seule saison où ils la croyaient nécessaire. Le duc de Guise résolut de profiter de cette sécurité on attaquant fa place à Tiiuproviste, Lord Wenwortli, gouverneur de Calais, n'avait sous ses ordres que six cents hommes environ, pour la plupart vétérans V Lorsqu'il connut rapproche des Franeais, il conjura les ministres anglais d envoyer sans retard des secours, leur représentant qu'il n'avait pas le quart des troupes nécessaires pour défendre les fortifications de Calais, et qu'avec la garnison qu'il commandait, Il ne pouvait empêcher Tennemi de s en rendre bientôt maître. Mais le conseil privé rejeta ces remontrances avec m é [iris, comme si elles eussent été dictées par la timidité ; quelques-uns même des membres du conseil se vantèrent quHs défendraient Calais avec leurs baguettes blanches contre un ennemi qui oserait rattaquer pendant rhi%Tr, En vain Philippe II avait-il lui-même averti la reine d'Angleterre du danger qui menaçait cette place, en lui offrant de renforcer,

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