LIVRE TROISIÈME
Phllippu 11 supplie SOU père ée conserver fa couronne de l*£fiipira; refus de CLiarles^uiût, ~ Diète de Francfort : la couronne impériale y décernée à Ferdioaud, — Paul ÏV refuse de reconnaître celte électioj — Détiiils sur la retraite de Charl&s -Quint au monastère de Yiiste. Attention avec laquelle il suit tes événements d Italie et de Flandre, — Tentative faite auprès de Marie de Hongrie pour qu*eïîe reprenne le gouTernement des Pays-Bas, — lûdignatiou que €harle&-OnïQt resseot en apprenant que les doctrines luthériennes oot pénétré en Espagne; ses ex.hortàlions à la régente; regret qu'il exprime de n'avûir pts fait tuer Luther, — IJ fait célébrer ses propres funérailles. — Mort de Cïiaries-Quint et de ses deux s<purs Éléonore, reine douairière de France, et Marie de Hongrie, ancienne régente des Pays-Bas. — Descendance de Charles-Qtiini, — Marguerite de Parme. — Don Juan d'Aulriche. — Mort de Maria Tudor, — Obsèques de la reina d'Angleterre et de L*^inpereur^ célébrées dans l'église de Samte-Gudule, à Bruxelles, — N^ocla tiens pour la paix. — Philippe H recherche la main d'Elisabeth^ qui a succédé à Marie Tudor snr le lr6ne d'Angleterre. — Refus d'Ëdsabetb. — Reprise des oonférences à Cùte^-CambrcsiSH — Traité de pacification du 3 avril 1559. — Philipp*) lî épouse Elisabeth de Fituce, ÛHe de Henri II, et ïe duc de Savoîe la princei^se Marguerile. sœur monarque. — Mort de Henri ÏL
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Malgré ses instances pour résigner fa dignité impériale , dout Il étail encore revêtu, Charles^Juint vit secouler dix-huit mois avant que ses désirs pussent être entièrement réalisés. Philippe M, cjui s'était montré contraire à cette résignation, s^fforça de dif-
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férer l'acoomplissemeot de la mission que Charles , à son départ des Pays-Bas, avait confiée au prince d'Orange. Au milieu des embarras et des périls que lui suscitaient les guerres d'Italie et de Flandre, il avait mémo envoyé en Espagne son favori, Ruy Gamez de Sylva, pour supplier Teo^pereur de lui venir en aide, en sortant du monastère de Yuste et en consej*vant la couronne de TEmpire. Hais le refus de Charle3-Quint fut inébranlable : il promit seulement le secours de ses conseils -et de son influence. D'uo autre c6té, le roi des Romains, éprouvant beaucoup de peine à réunir les électeurs, n'avait point mis obstacle à l'ajournement désiré par le roi d'Espagne. Toutes les difficultés furent enfin aplanies. Les électeurs se réunirent à Francfort, le 20 février 1558| acoqptëreot, le 28, la renonciation de Gharles^uint , qui leur avait été apportée par le prince d'Orange, et, le 42 mars, élurent, à l'unanimité, comme chef du saint-empire, Ferdinand d'Autriche, roi des Romains *. Quoique Ferdinand eût déjà signé une capitulation, lorsqu'il avait été revêtu de cette dignité , en 4531 , les électeurs lui en présentèrent une nouvelle , qui confirmait la paix de religion '. De son côté, Guillaume de Nassau, comme représentant de Philippe il, était chargé de maintenir le nouvel empereur dans des sentiments hostiles envers la France et favorables à TEspagne. Le 8 mars, il mandait de Francfort qu'ayant communiqué l'intention du roi d'Espagne de se liguer avec plusieurs princes de l'Empire , Ferdinand K avait répondu qu'il fociliterait la formation de cette ligue et qu'il mettrait tout Tempéchement possible aux attaques des Français ^
' Mminbt, CharUa^Quint , etc , p. 257 et 347. Voir aussi une lettre de Philippe II à Tévêque d'Arras, écrite de Londres, le 42 avril 4557, dans les Papien d^Ètat du cardinal de Granvelle, t. V, p. 64 .
' Voir CoxB, Histoire de la maison d'Autriche, t. II.
' Archives de la maison d'Orange-Nassau, publiées par Groen vaîc PrinsmER, t. I (2« édition], p. 30.
LES PAÏ&-BAS SÔÏÏS PHILIT^I^E lî.
Paul IV seul , conservant toute son ancienne aversion poSHa maison d'Autriche, ainsi que ses fières prétentions sur le pouvoir impérial, refusa de reconnaître réJection de Ferdinand ï** \ Cette politique malhabile devait être surtout préjudiciable atin catholiques j car elle forçait le nouveau chef de l'Empire à ménager davantage ses alliés protestants •. Le couronnnement, fait ea personne par le pape, avait toujours été considéré caramc nécessaire pour conférer le titre d*empereur et pour autoriser la nomination d'un roi des Romains. Du consentement de Jules II, Maicimilien avait pris le titre d'enipereur élu; mais il n'a%^ait retiré aucun fruit de ce litre honorifique : labsence de couronnement par le pape f^t même un obstacle invoqué par les électeurs pour ne pas donner le titre de roi des Eomatns au petit-fils de ce prince. Charles-Quint lui-mérae avait respecté un usage en quelque sorte traditionnel^ et ce ne fut qu'après son couronnement à Bologne qu'il fit conférer la dignité de roi des Romains à son frère* Élu empereur par des protestants comme par des catholiques , Ferdinand voulut néanmoins consens er aussi cet antique usage. Il fit partir pour Rome son chancelier G urman, pour notifier son avènement h l'Empire et annoncer à Paul IV
^ L'tsvèquo d'Angûulérae, 4 lors ambassadeur de France à Ronit% rendît nt compte» le 2 juin ^ 558, au roi Henri If» de ses* eolretiejïs a^'éc Paul s'exprimait en ces 1er mes : « Sa Saiotetô me dit que Ferdinand vivoit catb » iiquement; combien qu'à l'eiemplede Fluly, il dissimuloit les Taules i - mn flls le roy de Bohême, lequel avott ùauclii te Mut. et H'estoU dédair V fauteur des hi^réliques.., * >* Le pape eonlinuait, du rcile. à Hijurier Chadeti-Quinï : « li médit, poursuivait i'évêque, que, quanta reî»n*ttreor, « il Rvoit esté parsontic cupide, crueïle et ingi'ate, et eu compEa plu^iou *> (mis h celte tin : mal^ qu il est «ujourd'huy c^mme uu Uomme morlj • estait retiré Uurs do commeice de^ tiomajes, et ainsi qu'il entend, sgîtJ i' de même maladie que sa mère. » ÏIibjeb, l> II, p, 1\$ et 747.
* RJl^KE, Histoire de la papauté, liv, IJL