‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 54 sur 198 · LIVRE iif · texte numérisé non relu

LIVRE iif

e» 'moine, encore moins en empereur , sans doute, mais comme Qa gentilhomme valétudinaire qui aime ses aises et donne un Ubre cours à ses caprices. La relation contemporaine du moine espagnol contredit aussi l'opinion de ceux qui, dès lors, propageaient le bruit que Charles voulait s'affilier è l'ordre de Saint- Jérôme et prononcer les vœux exigés par cet ordre. Jamaiji Charles-Quint ne revêtit la robe monacale et jamais, non plus, il n'eut l'intention sérieuse de se faire religieux. Ce qui avait pu* 40Qner lieu à ce bruit, c'était une agréable plaisanterie de l'empereur, demand^^t, après un an de séjour à Yuste, terme ordinaire des noviciats, que Ton célébrât son admission dans le niopastèire par des réjouissances , comme s'il s'était agi d'un dovioeordinaire*.

Mais quoique Charles<}uint fût venu chercher le repos dans un dottrede TEstrémadure, il ne pouvait détacher sa pensée de cette scèDQ tumultueuse où il avait occupé pendant si longtemps l'attention de ses contemporains; du fond du monastère de Yuste, son génie continuait à planer sur le monde Pour se conformer à ses ordres, la princesse doua Juana, régente d'Espagne, lui envoyait régulièrement un bulletin contenant le résumé des nouvelles qu'elle recevait des Pays-Bas, d'Espagne ou d'Italie ^ Charles

* « No quiero ser frayle, je ne veux pas être moine. » Voilà ce que Gheite-Quint ne cessait de répéter. Dti reste, il ne quitta jamais son costunte séculier, soit qu'il fût vêtu dn simple pourpoint ooir, avec lequel le Titiefi l'a représenté, soit que la maladie r<^iigeftt à codserver une iQogue rdiw en velours ou en soie, fourrée de plumes de Tlnde et garnie d'bermioe.

'Gacbjjid, Séjour de Charles-Quint au monaêtère.de Yusle, dans les BuQetins de r Académie royale de Bruxelles, t. XII. Cette notice est une analyse de Sandoval, des documents conservés à la bibliothèque, {nationale de Madrid et des pièces recueillies sur la retraite de CbarJes-^Quint, par le chanoine Tomas Gonz^ez , que Ferdinand VU avait ohargé de remettre en ordre les archives de Simancas. Le manuscrit de don Témas Cronzalez,

Les P4yS-»A^ êmê PHILIPPE II.

adendatl c^sdéféchi^s avnc impatience et ne se lassait point d*en «'^router la lerturr. Ce fut surtout, lorsque la guerre eut éclaté eo ftalie et on Fiandre, qu'il se préoccupa plus que jamais dej^ intérêts et de la grandeur du roi son fils, critiquant les lenteurs et les tergiversations de son gouvernement, bl Amant ses scrupules dans sa conduite a%'ec Paul ÎV, ainsi que la timidité de fies plans dans la gueire de Flandre, et cherchanl à lui inspirer ties résolutions promptes, énergiques et décisives, La nouvelle de la grande victoire remportée sur les Français à Saint-Quentin lui avait d^abord causé un contentement extrême; mais il n'avait pu dissimuler son dépit et son chagrin en apprenant ensuite que le roi, son fils, n'avait point assisté à la bataille, bien que Phi* lippe tî , redoutant le jugement de son père, eût cherché à excuser son absence. Les événements qui suivirent la victoire de Saint-Quentin, les irrésolutions du roi, Tinactton de Tarmée victorieuse, le retour du duc de Guise, la prise de Calais et de Cuines augmentèrent son déplaisir. Puis, lorsqu'il apprit à quelles conditions humiliantes la paiît avait été conclue avec le pape, la sérénité habituelle de son esprit se troubla et Bt place h la colère * .

D^autres soins occupèrent encore Charles*Quint* Contrarié de voir sans emploi Ténergie et Texpérience dont était douée Marie de Hongrie, son ancienne Ikulcnanîe dans les Pays-Bas, il conçut le projet de Tassocier au gouvernement de l'Espagne, Mais ce dessein^ inspiré par les embarras et les périls du moment, rencontra l'opposition insurmontable de la princesse dona luana,

acquis par le gouTorn<?n](*Qt françiiîs, f\ été successivemeat consulté par MM. Mïgnet, Stirling et Pichot.

ï Vmr le recueil des lettres tirées des nrchivcs rovaîes de Simanras et pubtiées par M, GAcitâfti) sous le titre de : Ètîraite et mort df Chark^-Quini aumonasièrê tfe Tfiêie (Bruxelles, <ft54-185B, 2 vol. m-H^], L I, p. 469, f *S et Î55.

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