‹ Histoire de la science politiqueChapitre 3 sur 71 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

bre n'ont pas de politique ; et parmi les écoles politiques, le plus grand nombre laisse de côté les systèmes de la morale. Cette double histoire, qui a son unité manifeste dans l'antiquité, ne l'a donc plus dans les temps modernes. Elle ne çerait qu'une histoire alternative ou parallèle, d'une part de la morale, de l'autre, de la politique : mais l'histoire de la morale à elle seule, si on la voulait faire complète, ou même médiocrement exacte, suffirait à fournir la matière de ces deux volumes, et ne laisserait point de place, par conséquent, à la politique qui avait été notre principal objet. Ainsi, le livre manquait d'unité ; la morale était incomplète, et la politique était mutilée. Nous avons donc essayé de ramener notre ouvrage à l'unité, en faisant de la science politique le centre et le but essentiel, et nous avons pU lui don ner ainsi tous les développements qui manquaient encore au premier travail.

Ce n'est pas à dire que nous ayons, en aucune façon, abandonné l'idée première, à savoir, l'influence de la morale sur la politique; bien au contraire, notre principal objet a été de faire voir les rapports étroits qui unissent la science politique avec la philosophie morale* Nous, voulions surtout nous dégager de la responsabilité d'une histoire complète de la morale, puisque ce n'était pas là ce que nous avions voulu entreprendre; mais nous nous réservions de puiser largement et librement dans cette histoire autant qu'il serait nécessaire pour éclairer et guider la

Page 1