‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 101 sur 280 · Voir Journal nf /Ml. A » Ue>, 188LI, j,l. III · texte numérisé non relu

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2. Brunn, Denkmaeler grieeh. rûm. Sculpiur, n" 148. Murray, Gréai sculpture, 2° éd., I, fig. 21.

3. Columnae... caelatae imo scapo : riine, Xat. Ilift. 36, 1 1, 95.

Lorsque, de 350 à 354, Démocrates, Démétrios et Pœonios rebâtirent l'Artémision, ils conservèrent ce type de colonnes sculptées, qui leur avait été légué par leurs prédécesseurs du sixième siècle. Maintenant,

Fig. 83. — Bas-relief provenant d'une- des colonnes sculptées de l'Artémision d'Ephèse (British Muséum ).

Fig. 81. — Base et fragments d'une colonne sculptée de l'ancien Artémision d'Ephèse. — D'après la restitution de M. Murray.

où ces derniers l'avaient-ils pris? D'où venait cette alliance si curieuse du bas-relief et de la colonne? De l'Orient, à coup sûr. Les reliefs de marbre ne sont ici que des imitations de ces revêtements métalliques , dont l'usage était connu en Chaldée, en Assyrie et en Judée, et dont la civilisation mycénienne nous avait déjà montré l'application daus les pays grecs. On imagine sans peine que les colonnes de l'Artémi-

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sion étaient comme une traduction en marbre de colonnes de bois, cernées à leur base par un revêtement de métal '.

Les bas-reliefs d'Ephèse offrent encore un autre intérêt; on peut les dater avec une certaine précision. Suivant Hérodote, Crésus avait donné aux Ëphésiens pour leur temple « des bœufs en or et une grande partie des colonnes 2 ». Or, des fragments de tores portent encore des lettres à l'aide desquelles M. Hicks a pu restituer la dédicace suivante : « Le roi Crésus a consacré » (BxfcO.c'j;] Kp[owo;] àvj[0r,]x.sv)3. Admettre que les colonnes sculptées étaient au nombre des offrandes du roi lydien , est une hypothèse fort vraisemblable. Mais à quelle époque Crésus a-t-il fait ce cadeau à ses voisins? Est-ce avant ou après le siège qui précède l'annexion d'Ephèse à l'empire lydien? Nous l'ignorons. Tout au moins, les sculptures de l'Artémision se placent très exactement entre l'avènement de Crésus (560) et la prise de Sardes par les Perses (546).

Nous n'insisterons pas sur une autre série de fragments très mutilés, qui représentaient peut-être un combat de Grecs et de Centaures'1. M. Murray a reconnu qu'ils proviennent non pas d'une frise, mais de la corniche du temple, où ils encadraient des têtes de lions d'un beau caractère, formant chéneaux. C'est encore là, on le voit, une dérogation aux règles de l'ordre ionique, où la corniche est d'habitude revêtue d'une élégante décoration de palmettes. Quelques têtes d'un fin travail ne permettent pas de porter un jugement décisif sur la valeur d'art de ces reliefs, et c'est une impression purement personnelle qui m'engage à leur assigner une date postérieure de quelques années à celle des colonnes sculptées. Aller plus loin, y voir, avec M. Murray, l'œuvre d'un sculpteur chiote, Boupalos, c'est s'aventurer bien loin sur le terrain dangereux des hypothèses.

De bonne heure, la force d'expansion de l'école grecque orientale se manifeste avec énergie. Au sud, elle atteint jusqu'à Rhodes; au nord

1. Ce fait a été déjà reconnu par Overbeck, ouvr. fit . p. 'M, par M" Lucy Mitchell. Eistory of nue. sculpture, p. 181. Cf. Koepp, Jahriuci deearch. Inst.,U, p. 121. i. Hérodote. I. '.il'.

3. Hick~. A Manual qfgreék historical Inscriptions, n° 4. Roberts, (ireek E})igraphyj p. 192. Cf. Perrot, Hist. del'Art, IV, p. 933.

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