Mitlheiî. Athen, IV, p. 13."., n" 32, pi. VII
•2. Voir surtout les remarques de Milehhoefer, Mitthtil. Athen, II, 1877. p. 11 1. et de Brunn, ibid., VIL 1*82, p. 452.
de Khrysapha confirme ainsi, avec une précision inattendue, le témoignage des textes, car nous savons déjà que les traditions s'accordent à désigner la sculpture sur bois comme la technique favorite des ateliers laconiens.
Nous retrouvons donc sans surprise le même parti d'exécution dans un curieux monument trouvé près de Sparte, à savoir une base en marbre bleu, destinée sans doute à supporter quelque bronze votif (fig. 113). Sur chacun des petits côtés est figuré un serpent. Sur l'une des grandes faces, un homme barbu saisit une femme par la tète, et lui place sur la gorge la pointe de son épée ; de l'autre côté, un personnage viril passe amoureusement son bras gauche autour du cou d'une femme, et de la main droite lui offre une couronne. Malgré de nombreux commentaires, le sens de ces deux scènes reste indécis. M. Loeschcke y reconnaît des sujets analogues à ceux qui décoraient le coffre de Kypsélos : d'une part, Ménélas, prêt à tuer Hélène après la prise de Troie ; de l'autre Zeus séduisant Alcmène sous les traits d'Amphitryon. Mais on peut se demander si l'artiste s'est beaucoup préoccupé de l'exactitude mythologique. N'a-t-il pas simplement cherché la symétrie en puisant dans le fonds si riche de l'imagerie grecque, et en opposant l'un à l'autre deux sujets tout différents, une scène de meurtre et une scène d'amour? Quoi qu'il en soit, le caractère plat du relief, les proportions courtes et écrasées des personnages accusent d'évidentes analogies avec la stèle de Khrysapha ; grâce à ces monuments, nous pouvons nous faire une idée fort nette de l'art décoratif à Sparte dans la première moitié du sixième siècle.
Quant à la sculpture architecturale, c'est à Olympie qu'il faut en chercher l'unique spécimen connu jusqu'ici. Les fouilles allemandes ont mis ati jour les fragments mutilés du fronton en haut-relief qui décorait la façade du Trésor des Mégariens2. Comme ceux de l'Acropole d'Athènes, ce fronton était sculpté dans de la pierre tendre, et c'est le
1. Conze et Michaelis, Aitnali dell'Inst., 1861, p. 34, pi. C. Loeschcke, De bmi qmidam prope Spartam reperta, Programme de Dorpat, 1879; Milchhoefer, Aitfànge der Kunsl,\). 180-187. Dresse] et Milchhoefer, Uitthe.il. Athen, II, 1877, p. 301, n° 6.
2. Ausgrabungen zu Olympia, IV, pi. 18, 19, p. 14. Pour l'identification des fragments retrouvés, voir Treu, Areh. Zeitung 1880, p. 50. Cf. Boetticher, Olympia, p. 209. Laloux et Monceaux, la Restauration d' Olympie, p. 124-125.
calcaire blanc de l'Élide qui en avait fourni la matière. De proportions très allongées, haut seulement de 0m,73 sur 5m,84 de largeur, il représentait en une série de groupes juxtaposés des scènes de combat, où quelques mots de Pausanias ont permis de reconnaître la lutte des dieux contre les Géants1. Au centre était le groupe dont faisait partie le fragment ci-joint (fig. 114). Zeus combat contre un Géant armé
Fig. 114. — Fragment fie fronton, provenant du Trésor des Mégariens , à Olympia
comme un hoplite, suivant la tradition archaïque ; l'adversaire du dieu frappé au flanc, s'affaisse sous sa lourde armure. De chaque côté, Athéna, Ares, Poséidon, Héraclès luttaient isolément contre l'adversaire qu'ils avaient choisi. Une polychromie très vive rehaussait la sculpture; les figures, où le rouge dominait, se détachaient sur un fond bleu. Malgré leur état de mutilation, ces fragments accusent un style robuste , avec une observation déjà libre et juste de la nature.