Benndorf, Die Metopen von Selinunt, pi. V. VI
ongue robe et d'un manteau, peut-être Dionysos, triomphe de son adversaire tombé sur un genou. L'autre offre une scène analogue, niais traitée dans un style moins mou et moins banal (fig. 1G7). Une déesse, Athéna ou Artémis,a terrassé un géant, armé comme un hoplite ; elle a posé son pied sur la cuisse de l'ennemi vaincu, et s'apprête à lui porter le dernier coup. Il y a sans doute une certaine gaucherie dans l'attitude du géant tombé, dans la pose de la tête, bizarrement rejetée en
Fis. 167. — Scène de Gigantomaclne. Métope du temple F, à Sélinonte.
arrière ; néanmoins le groupe a du mouvement et de l'allure, et prouve qu'à la fin du sixième siècle, les sculpteurs de la Sicile sont entraînés dans le progrès général. Est-ce à dire cependant que nous trouvions là un style personnel, relevant d'une école originale? Nous ne le croyons pas. Sans doute, comme tous les pays habités par des Grecs, la Sicile a des ouvriers d'art, des sculpteurs capables d'obéir à l'impulsion donnée par les grandes écoles ; elle a des ateliers de coroplastes et de graveurs monétaires. Mais nous n'y trouvons point de ces maîtres de premier rang qui impriment à l'art une direction nouvelle.