‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 174 sur 280 · LES INFLUENCES ETRANGERES A ATHENES · texte numérisé non relu

LES INFLUENCES ETRANGERES A ATHENES

Les travaux d'art commencés par Pisistrate ont pour résultat immédiat d'attirer à Athènes des artistes grecs d'origines très diverses. Parmi les inscriptions trouvées sur l'Acropole, on remarque bien des signatures d'artistes venus de la Grèce orientale, des îles, ou des pays doriens ; elles sont assez nombreuses pour qu'on puisse tout au moins esquisser l'histoire de cette sorte d'immigration. Le sujet vaut d'ailleurs qu'on s'y arrête. Tous ces artistes sont des maîtres capables d'imprimer une direction à l'école indigène, manifestement en retard sur les autres; par suite l'art attique subit des influences assez complexes, et avant de dégager ses qualités originales, il revêt un caractère un peu composite. Notre premier soin doit être de démêler ces influences, et d'en mesurer la portée.

De tous les courants qui convergent vers Athènes, le plus puissant

1. Au dire de l'historien Idoménée, cité par Athénée (XII, p. 532 F). Hippiaset Hipparque inaugurent à Athènes la vie de plaisir. Cf. le témoignage d'Aristote, 'Adrivaiwv ito).iteca. p. 40 , éd. Kenyon.

2. A'oîr en particulier les vases signés par Epiktétos : Klein, Grkch. Vasen mit MeUtersipiaturen p. 100 et suivantes.

vient de l'Est. Les principales écoles de la Grèce orientale fournissent leur contingent à ce groupe d'artistes étrangers qu'attire l'éclat naissant de la ville des Pisistratides. Samos est du nombre. On connaît déjà les statues du type samien trouvées dans les fouilles; on sait qu'une signature de Théodoros atteste les rapports artistiques établis entre Athènes et Samos. Toutefois le style très particulier des statues samiennes, si visiblement dérivé de l'art du métal, ne parait pas avoir provoqué beaucoup d'imitations. Un rôle plus important est réservé aux écoles ioniennes d'Asie Mineure. Il y a de fortes raisons pour considérer comme un Ionien un des plus anciens maîtres qui travaillent à Athènes sous Pisistrate, le sculpteur Endoios '. Une signature de lui, découverte sur l'Acropole, est écrite en caractères ioniens 2 ; d'autre part, nous savons par les textes qu'il avait exécuté pour Ephèse une Artémis assise , et pour Ery thres une Athéna Polias 3 ; or il n'y a aucune vraisemblance que des villes de l'Ionie aient fait appel, vers le milieu du sixième siècle, à un sculpteur athénien. Sans doute Endoios est un Grec d'Asie Mineure établi en Attique, et assez célèbre pour recevoir des commandes du Péloponnèse, témoin la statue chryséléphantine d' Athéna Aléa, que lui demandent les gens de Tégée. Sans doute encore une partie de sa période d'activité s'écoule à Athènes, entre 540 et 520. C'est là qu'il sculpte le tombeau d'une femme étrangère, Lampîto4; c'est là qu'il exécute une Athéna assise, dédiée sur l'Acropole par le riche Kallias, fils de Phainippos, un des adversaires les plus acharnés de Pisistrate5. Peut-être faut-il reconnaître cet ex-voto dans une statue encore très archaïque de style, découverte depuis longtemps au nord de l'Acropole (fig. 169) °. La déesse est assise, la poitrine couverte d'une épaisse égide, où se détache le disque portant autrefois l'image peinte du gorgonéion. Longues boucles flottantes, chiton minutieusement plissé, sous lequel transparaît la

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