Mycènes, p. 250-251, fig
Fig. 12. — Modèle de petit temple en or,
trouvé dans le quatrième tombeau.
(Schliemann, Mycènes, p. 344, fig. 423.)
digène, et pratiquée dès la plus haute antiquité par les habitants des Cyclades.
L'art de Mycènes, au moins dans les objets provenant des tombeaux, nous montre donc la combinaison de trois styles différents : 1° Un style oriental ; 2° le style linéaire et géométrique ; 3° le style floral et marin. Pour ce dernier, nous en connaissons les origines; il vient des îles de l'Archipel, et c'est sans doute de là qu'il s'est propagé dans l'Argolide. Le style oriental peut être mis sans hésitation au compte des Phéniciens. Mais d'où provient ce style linéaire et métallique, dont les fouilles de Mycènes nous ont révélé l'existence, et qui a provoqué tant de surprise? M. Milchhoefer a eu le mérite de proposer une solution très nette : il désigne la Phrygie comme le pays d'origine1. A l'appui de sa thèse, il cite un monument phrygien bien connu, à savoir le tombeau de Midas, situé près de Doghanlou-Kalé, en Phrygie", et il relève les analogies que présentent, avec certains objets de Mycènes, les ornements sculptés sur la façade de pierre du monument. Et n'est-ce pas d'ailleurs de la Phrygie, du pays riche en or, patrie des légendaires Dactyles, que la légende fait venir Pélops, le fondateur de la puissance mycénienne?
Cette théorie est à coup sûr séduisante; mais il s'en faut qu'on puisse la considérer comme démontrée. Elle soulève bien des objections 3. Le tombeau de Midas est très postérieur aux trouvailles de Mycènes, et d'autre part nous ne savons rien de cette industrie phrygo-lydienne dont M. Milchhoefer est réduit à supposer l'existence. Tant que des