‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 246 sur 280 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Le nom le plus glorieux du cinquième siècle est celui de l'Athénien Phidias'. Il reste associé pour nous aux souvenirs les plus brillants de l'histoire d'Athènes, et personnifie le mouvement d'art qui assure désormais la suprématie de l'école attique. Sans doute le génie de Phidias justifie la place que nous lui attribuons au premier rang des maîtres grecs; mais ce n'est point le diminuer que de remarquer à quel point il a été servi par un étonnant concours de circonstances favorables. Le moment où il arrive à sa maturité est celui où Périclès peut réaliser les embellissements rêvés par Cimon, et l'amitié du grand homme d'Etat ouvre à son activité la carrière la plus étendue. Aucun de ses contemporains ne trouve comme lui l'occasion de faire participer à de grandes œuvres toute une école de disciples dociles; aucun, peutêtre, n'est capable au même degré de leur imprimer une direction puissante, de les marquer de son empreinte. Par suite, Phidias nous apparaît comme une figure très complexe. Il est le plus grand artiste d'une époque privilégiée entre toutes ; il est en même temps le chef d'une école qui ne se borne pas à continuer sa tradition, mais qui tra-

1 . Voir sur Phidias, Otfried Millier. De Phidia vila et operibus, Goettingue, 1827. L. de Ronchaud. Phidias, sa vie et ses ouvrages, Paris, 1861. Peter-- n. Die Kunst 'les Pheidias am Parthenon undzu Olympia, Berlin, 1*73. Ch. Waldstein, Essayi on tht art of Pheidias, Cambridge, 1885. M. Collignon, Phidias, dans la Collection des artistes célèbres, Paris, librairie del'Art, 188(5. Waldstein, article Plu dans Baumeister, Denhmaeler des klassischen Alterthums. On consultera aussi avec profit l'article de Preller (AUgemeine Encyclopaedie, sect. III. p. 169 et suivantes), et Brunn, Geschichte der griechischen Kùnstler, I. y. 157-210. L'ouvrage de Beulé, intitulé -.Phidias, drame antique (Paris, 1869), n'est, comme ledit l'auteur lui-même « qu'une simple récréation littéraire ». 11 contient cependant une intéressante introduction sur la Jeunesse d Phidias.

vaille sous ordres, et s'inspire directement de la pensée du maître. Si les limites de ce volume nous obligent à ne considérer ici que son œuvre personnelle, nous n'oublierons pas que son influence règne en maîtresse au Parthénon, et qu'en étudiant plus tard la sculpture décorative à Athènes, nous y trouverons comme le manifeste le plus complut de son école.

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