S 2. — MYCÈNES. — LA BASSE VILLE. — LES TOMBEAUX A COUPOLE
Au pied de l'Acropole, sur une colline en pente douce, s'étendait la basse ville, dont une partie seulement était entourée de murs. Les maisons débordaient hors de l'enceinte, et suivant un usage que les Spartiates avaient conservé à l'époque classique, les sépultures groupées par clans ou par familles étaient réparties au milieu des habitations. Les cinquante-deux tombeaux que M. Tsountas a fouillés en 1887 et en 1888, dans la région voisine de l'Acropole, affectent en général une forme simple : ce sont des chambres creusées dans le roc, auxquelles conduit une avenue ou dromos'. Ce type se rapproche ainsi de celui des tombeaux découverts à Nauplie et à Spata en Attique2. Dans les tombes les plus riches, le mobilier funéraire comportait des objets en ivoire, ou en métal précieux ; les plus pauvres contenaient en grand nombre de petites idoles féminines en terre cuite, dont on a également trouvé de nombreux exemplaires à Tirynthe.
Beaucoup plus riche et plus développé est le type des tombeaux dits à coupoles, qui met en œuvre un véritable appareil architectu-
1. Tsountas, 'EçïijjiEpî; àp-/otoX., 188S, p. 120 et suivantes.
2. Voir, pour les tombeaux de Nauplie, 'A8r,vaiov, VII, p. 183-201 ; VIII, p. 517-52G. Pour les tombeaux de Spata, 'ASiQVOtov, VI, pi. 1-6, p. 107-203. Haussoullier, Bulletin de corresp. hellénique, II, 185-228. Cf. mttheil. Athen, II, p. 82-84, p. 201-276, et Koebler, Mittheil. A/lien, III, p. 1-13. Pour les nécropoles de cette période, et pour l'étude spéciale des céramiques qu'elles contenaient, voir Lœschcke et Furt waengler, Myhenische Vasen, vorhellenisehe Thonyefœsse aus dem Gebiet des Uittelmeers, Berlin, 1886, avec atlas de 14 planches.
rai. Cette forme de sépulture était réservée aux chefs ; et par suite la comparaison avec les tombes en puits de l'Acropole nous fournit un point de repère chronologique. Il paraît certain qu'on a commencé à construire les tombeaux à coupole de la basse ville, lorsqu'on a cessé d'inhumer dans l'intérieur de l'Acropole les membres de la famille royale : ce fait, aussi bien que le caractère de l'architecture, indique donc pour les monuments qui nous occupent une date relativement récente.
Le type des tombeaux à coupole n'est pas particulier à l'Argolide : il a été adopté dans les pays qui ont subi l'influence de la civilisation mycénienne. Mais c'est encore à Mycènes qu'on en trouve réunis les plus nombreux spécimens. Outre l'édifice depuis longtemps connu sous le nom de Trésor d'Atrée1, les fouilles de Schliemann et des archéologues grecs en ont dégagé six autres, situés également dans la basse ville. Hors de l'Argolide, une suite de découvertes heureuses est venue grossir le chiffre des monuments de ce genre qu'on peut étudier aujourd'hui. C'est le tombeau ouvert en 1872, dans le voisinage de l'Héraion d'Argos 2 : c'est celui d'Orchoniène, fouillé en 1881 par Schliemann ' ; c'est encore celui qu'ont mis au jour, près de Ménidi, en Attique, les travaux exécutés en 187U par l'Institut archéologique allemand ''. Plus récemment, en 1887, le gouvernement grec a fait déblayer à Laminospito, près de Volo, un tombeau à coupole semblable à celui de Ménidi, et de dimensions presque égales \ Enfin, en 1889, M. Tsountas a exploré, pour la Société archéologique d'Athènes, un monument de ce genre, signalé depuis longtemps; nous voulons parler du tombeau à coupole situé en Laconie, près du petit village de Vaphio, voisin de l'emplacement où s'élevaient les villes achéennes d'Amyclœ et de Pharis ''. Par ses grandes dimensions, et surtout par la richesse du mobilier funé-
1. Voir Blouet, Expédition de Marie, II, pi. 66-71, p. 152-15 I.