‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 29 sur 280 · Milchhœfer, ÀJifange der Kunst, p · texte numérisé non relu

Milchhœfer, ÀJifange der Kunst, p

3. Voir Loeschcke et Furtwaengler, Mykenischt Vasen, p. VIII.

4. Voir les pâtes de verre de Menidi, Dos Kuppelgrab, pi, III, IV. Cf. le curieux vase sculpte trouvé récemment dans un des tombeaux de Mycènes, avec la représentation du poulpe, 'Ecpriu.. iy/-. 1888, p. 7.

.'j. [voire 'le Mycènes. 'Ks/,w. if/., 1888, pi. 8, n" 14. Pour les rapprochements avec le type de griffon dans l'art oriental, voir Furtwaengler, article Gryps, dans Koscher, Lexikon des griech. und tùm. Mythologie, p. 1742 et suivantes.

Un autre ivoire de même provenance nous montre le combat du

FlG. 20. — Griffon. Ivoire trouvé à HycèneB. (Fouilles de la Société archéologique d'Athènes.)

griffon contre un cerf, sujet familier à la glyptique phénicienne '.

Le lion dévorant un taureau se retrouve à la fois sur une plaque d'or des tombes royales de Mycènes et sur un ivoire de Spata. D'autres sujets semblent être entrés plus tardivement dans l'art mycénien. Tel est le type du Spliinx, coiffé d'une sorte de mitre carrée que surmonte un long panache flottant (fig. 21) \ Pmfin, la figure humaine qui, dans la première période mycénienne, apparaît si rarement, a conquis sa place dans l'art décoratif. La preuve nous en est fournie par deux appliques d'ivoire d'un type uniforme, trouvées l'une à Spata, l'autre à

Mycènes, dans un tombeau de la liasse ville 3. Cette dernière, de

1. 'Eçr,(i. àpy., 1388. pi. 8. n° 6. Cf. la pierre gravée phénicienne reproduite dans Perrot et Chipiez, t. V. 6g. 162, p. 652.

2. A Spata, Bulletin de corresp. hellénique, 1878, pi. XVIII, I. Cf. à Ialysos, sur une plaque d'or estampée, du British Muséum. Mykenische Vasen, p. 8, fig. 2.

u. Spata, Bull, de con: helléniqu . 1 378, pi. XVIII, 2. Mycènes, 'Eçr.ji. àf/,.,1888, pi. 8, n° 12.

FlG. 21. — Sphinx. Plaque d'ivoire trouvée à Spata, en Attique.

beaucoup la mieux conservée, représente une tête d'homme coiffée d'une sorte de mitre conique, où le ciseau du graveur a dessiné des zones horizontales, striées d'entailles régulières et arrondies (fig. 22). La chevelure, frisée sur le front, est, par derrière, divisée en étages, et cette disposition, qui se retrouve exactement dans l'ivoire de Spata, fait songer à une perruque. Enfin les joues sont recouvertes d'une barbe frisée, dont l'exécution est conventionnelle; seuls le menton et les lèvres sont rasés, comme dans les anciennes statues chypriotes. Si le caractère de cette tête est oriental, elle ne trouve point d'analogues dans la sculpture assyrienne ou égyptienne ; c'est beaucoup plutôt à l'art chypriote qu'elle est apparentée.

Dans les ivoires de Mycènes, la figure féminine est aussi représentée. Elle apparaît dans une curieuse série d'objets, reliefs découpés, manches de miroirs, plaquettes servant à décorer des coffrets '.

Nulle part elle n'est plus nettement caractérisée que sur une plaquette découpée, qui montre une femme tenant une fleur; ses cheveux se tordent en une tresse qui se recourbe en spirale ; sous l'étoffe collante qui dessine les formes, le buste paraît nu, et le bas du corps est couvert par les plis d'une jupe garnie de franges étagées comme des volants. Or ce type, qui nous fait connaître le costume et la parure des femmes mycéniennes, nous le retrouvons sur une curieuse bague à cachet, découverte par Schliemann sur l'Acropole hors de l'enceinte des tombes royales (fig. 23) 2. Sous les branches d'un arbre

FlG. 22. — Tête d'homme barbu. Ivoire trouvé a Mycènes. (Fouilles de la Société archéologique d'Athènes.)

1. 'Eçr)(i. iy/., 1888, pi. 8, n»' 1 à .">. '.'. Schliemann, Mycènes, p. 137, fig. 530.

LES OIUGINES.

qui paraît être un pin, et derrière lequel on distingue une petite figure, une femme est assise tenant des fleurs. Devant elle, sont trois personnages : une petite figure féminine, juchée sur un tas de pierres, et deux femmes, dont la dernière porte des tiges fleuries. Elles ont le costume que nous venons de décrire : un corsage collant, et des jupes historiées de broderies, avec trois ou quatre volants étages. Dans le champ sont gravés divers emblèmes : le soleil, le croissant lunaire, un double ruban représentant sans doute la mer, une hache à deux

tranchants, enfin une petite idole armée, qui disparaît presque entièrement derrière un énorme bouclier à double échancrure. Six têtes d'animaux, vues de face, remplissent la partie gauche du fond. Tel est le sujet qui a exercé, à maintes reprises la sagacité des érudits.

Pour M. Milchhoefer, la scène est empruntée au culte de Rhéa; la double hache représenterait Zeus et la figure où nous avons reconnu une idole ferait allusion aux Corybantes. Le costume des femmes, qu'il croit retrouver sur les monuments de l'Inde, dénoncerait le caractère pélasgique de cette intaille '. D'autre part, MM. Sayce et Rossbach, sont très frappés de l'analogie que présentent les emblèmes de notre intaille avec ceux des cylindres assyriens ; ils cherchent en Chaldée le prototype de cette composition 2. Mais pourquoi faire intervenir ici les Pélasges et les Chaldéens? Pourquoi chercher un sens mythologique à une scène qui s'explique facilement comme un

Fin. 23. — Empreinte d'une intaille en or de Mycènes ,

Dessin grandi de 0ra,035 à 0m,080.

(Schliemann, My cènes, p. 437, fig. 530.)

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