Schuchhardt. Schliemann's Autgrabungen, p
2. 'EïYjjtspî; *ï/*io).oyix^, 1880, pi. '.>, pp. 129 et suivantes, article de M. Tsountas. M. Reinack en a donné de lionnes héliogravures, Gazette des Beaux-Arts, 3" pér., t. IV, 1" novembre 1890, p. 428. G. Perrot,
H,dl. ,!e corresp. MUn., XV, 1891, pi. XI-ZII. XHI-XIV Cf. Jakriuch des arc!,. Inst., V, 1890, p. 101.
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main d'un même artiste. La parfaite symétrie des deux compositions suffirait d'ailleurs à attester qu'ils sont sortis du même atelier. Sur l'un des vases est représentée une chasse au taureau sauvage. Le lieu de la scène est un terrain accidenté, planté de palmiers. Au centre, un taureau pris dans un filet tendu entre deux arbres se débat avec d'étranges contorsions, tandis qu'un antre s'enfuit au galop. Les chasseurs, au nombre de deux, sout vêtus d'un pagne très court, avec des chaussures à bouts pointus, serrées aux chevilles par des lanières. Ils paient cher leur heureuse capture. Les voici en effet aux prises avec un taureau furieux qui charge avec rage an des chasseurs et va le projeter dans les airs ; 'autre a déjà fait le voyage, et retombe lourdement sur le sol (fig. 24).
Sur le second vase la scène change ; on pourrait l'intituler ; la revanche des chasseurs. Ici, on voit un terrain planté d'ar
bres que leurs troncs tordus font reconnaître pour des oliviers. Trois tau-
L'AlïT DE L'ÉPOQUE .MYCÉNIENNE. i.i
reaux, devenus de paisibles animaux domestiques, sont au pâturage ; l'un d'eux broute; les deux autres ont l'attitude placide des bêtes repues. A gauche, un homme vêtu comme les chasseurs de la scène précédente, veut emmener un quatrième taureau ; il tire rudement sur une corde liée à l'une des jambes de l'animal récalcitrant, qui pousse des beuglements de douleur (fig. 25).
A coup sûr l'artiste a cherché un contraste, et cet instinct déjà si sûr de la symétrie n'est pas un de ses moindres mérites. Examinez le style et l'exécution; vous trouverez des qualités encore plus surprenantes. A notre avis, l'art oriental n'a rien produit qui soit supérieur aux vases de Vaphio, et si les sculpteurs assyriens sont des « animaliers » de premier ordre, l'orfèvre de Mycènes ne leur cède en rien. Voyez quelle vie il a su donner à ses figures d'animaux; quelle variété et quelle justesse dans les attitudes ! quelle énergie dans les mouvements ! L'artiste n'est pas un élève docile des Phéniciens : c'est un maître qui observe directement la nature, et s'en inspire avec autant de bonheur que de sincérité. Pour l'histoire générale de l'industrie mycénienne, les vases de Vaphio ont une importance capitale. Leur caractère indigène est évident; ils représentent donc le complet développement d'un art local, dont nous avons distingué dès le début comme un filon natif, en- dépit de nombreux emprunts faits à l'Orient. Ici, cet art mycénien s'épanouit dans sa maturité robuste ; il est arrivé à sa perfection.