Journal ofHeUenic Studiet, I. p. '.M et suivantes
tenté de démontrer l'origine carienne des tombes de l'acropole '. Suivant lui, le style ornemental de Mycènes, emprunté en partie à la faune de la mer, doit être attribué à un peuple de marins ; or, Hérodote cite les Cariens comme les meilleurs marins de l'Archipel; ils fournissent des équipages aux vaisseaux de Minos, le représentant mythique de la thalassocratie crétoise. Ils ont en outre des établissements en Grèce, à Hermione, à Epidaure, à Mégare. En Attique, où l'on constate des traces si nombreuses de la culture mycénienne, certains noms géographiques, comme Brilettos, Ardettos, Hymettos, semblent, par leur sonorité exotique , trahir une origine carienne. Enfin le mode de sépulture pratiqué dans les tombeaux de l'acropole de Mycènes, les armes ensevelies avec les cadavres, font songer au passage où Thucydide parle des tombes cariennes de Délos. A l'appui de cette théorie, MM. Duemmler et Studniczka ont fait valoir de nouveaux arguments 2 ; ainsi M. Studniczka s'est attaché à démontrer que les Mycéniens ignoraient l'usage de la fibule, qui servait à attacher les vêtements; or elle était employée par tous les Grecs, Ioniens, Eoliens et Achéens, qui ont précédé les Doriens sur le sol de l'Hellade.
Les découvertes récentes de Mycènes ont infirmé cette théorie, que M. Koehler fondait uniquement sur l'étude des tombes de l'Acropole. Elles ont prouvé la longue durée de la civilisation mycénienne, les analogies qu'elle présente, pour l'époque la plus récente, avec celle des poèmes homériques; en un mot, son développement continu jusqu'à l'époque des invasions doriennes. Ajoutons que les tombes de la ville basse ont livré des fibules, des miroirs, qui sont déjà d'un type grec. Si l'on soutenait encore l'hypothèse de l'origine carienne, il faudrait admettre que les Cariens ont eu en Argolide des établissements stables, et qu'ils s'y sont maintenus jusqu'à l'arrivée des Doriens, ce qui est historiquement impossible.
Les Cariens écartés, restent les Achéens. Il est bien difficile, croyonsnous, de méconnaître le caractère achéen de la civilisation de Mycènes et de Tirynthe; cette opinion est tout à fait d'accord avec les tradi-