‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 5 sur 280 · Thucydide, I I · texte numérisé non relu

Thucydide, I I

Merenphtali et Ramsès III, les entraînent du côté de l'Egypte '.

Au milieu de ces populations nomades et à peu pics barbares, les Phéniciens ont déjà fait de longue date leur apparition. Suivant les chronographes grecs, ils seraient établis clans l'île de Théra des le quinzième siècle, et ce n'est pas leur première étape dans les mers de Grèce \ Les marins de Sidon abordent d'abord dans l'île de Chypre, puis en Crète, où ils refoulent dans le haut pays la population indigène. De là, ils prennent pied à Rhodes, et poussant plus au nord, vont établir leurs pêcheries de pourpre sur les côtes du Péloponnèse, à Cythère, et dans les Cyclades, à Théra, àOliaros, à Nisyros, à Melos. Thucydide les cite formellement à côté des Cariens, comme « la race d'hommes qui colonisa jadis la plupart des îles » \ Il est hors de doute que les Sidoniens représentaient un état de civilisation infiniment plus avancé que celui des peuples méditerranéens avec lesquels ils se trouvaient en contact. Si nous connaissons fort mal leur art industriel à cette époque reculée, si nous ne faisons pas exactement le départ de ce qu'ils avaient pu emprunter à la Chaldée et à l'Egypte, nous avons le droit du supposer qu'ils ont fait sentir aux populations primitives de la Grèce l'influence d'une civilisation supérieure et plus développée. On verra plus loin que les faits archéologiques semblent confirmer notre hypothèse.

Grâce aux fouilles qui se sont multipliées depuis une vingtaine d'années dans l'Orient grec, nous possédons pour cette époque lointaine des documents plus précis que de vagues traditions historiques. Nous connaissons au moins l'industrie des peuples qui ont vécu les premiers sur la scène où se déroulera l'histoire grecque; il est possible d'indiquer les principaux caractères de la civilisation primitive qui se développe sur le littoral et dans les îles de la mer Egée, et qu'on a pu appeler la « civilisation égéenne ».

1. Voir de Rouge, les Attaqua dirigées contre VÉgypte par les peuples de la Méditerranée, U arch. 1867, t. XVI, p. 35 etsuiv. Chabas, Études sur l'antiquité historique d'après les sources éggptienm •■ 1873. Maspero, Ilist. ancienne des peuples del'Orient, p. 250, et Revue critique, 1880, n° 0. p. H1:1 el

Fr. Lenorruant, les Antiquités de la Troade, p. 72.

2. Voir Fr. Leuormant, la Légende de Cadmus et les établissements pli: aiciens en Grèce, dans les Premii re < 'ivilisations,t. II, p. 313 et suivantes.

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