‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 64 sur 280 · Pausanias, III. 23, 1; III, 15, 10; Hérodote, II · texte numérisé non relu

Pausanias, III. 23, 1; III, 15, 10; Hérodote, II

SCOLrTCIiE GRF.CQCK. — T. I. 14

Un premier progrès, bien faible encore, dut consister à façonner la colonne, le tronc d'arbre, la poutre ou la planche; à indiquer la tête, le buste, les bras, tout en laissant le bas du corps comme enserré dans une gaîne rigide : c'est le xoanon '. Que le bois ait le plus souvent fourni la matière de ces premières statues, il est facile de le comprendre. Mieux que la pierre, il se prête au travail d'un ciseau inhabile; et d'ailleurs, le choix des matériaux n'était pas toujours livré au hasard. On se souvenait encore de l'arbre sacré; on comptait avec certains scrupules religieux. Les dieux avaient leurs préférences pour certaines essences d'arbres, et ils les manifestaient au besoin. A une époque où la sculpture n'en est plus à ses débuts, les Epidauriens consultent l'oracle de Delphes, pour savoir s'ils doivent faire exécuter en marbre ou en bronze les statues de Damia et d'Auxésia; la Pythie leur enjoint d'employer le bois d'olivier2. 11 fallait donc certaines conditions pour que le dieu acceptât le xoanon comme le siège de sa divinité; dès lors il s'y incorporait en quelque sorte; il vivait sous cette enveloppe de bois. C'est l'idée qu'exprimait Sophocle dans la pièce aujourd'hui perdue des Xoaneplioroi : à la veille de la prise d'Ilion, les dieux, connaissant le sort qui menace la ville, la quittent en emportant sur leurs épaules leurs statues de bois '.

Est-il besoin de rappeler quelle place tenaient ces images dans les préoccupations religieuses des Grecs, même au temps où la statuaire produisait des chefs-d'œuvre? Pour les dévots, elles étaient les plus saintes. Elles avaient leur légende. Les unes étaient tombées du ciel, comme le xoanon d'Athéna, conservé à l'Acropole d'Athènes; les autres avaient abordé d'elles-mêmes sur une plage grecque, venant on ne sait d'où. Aussi quels soins on leur prodiguait '! Elles

1 . Sur la valeur îles termes employés en grec pour désigner les statues, voir le mémoire de Schubart , Vie Warter âya^pa, slxfov, £ôavov, dcv8piâç, Philologue, t. XXIV, p. 5G1-587. Rigoureusement le mot gâavov (de ijïo») semble s'appliquer aux statues taillées dans le bois. (Voir H. Bliimmer, Technologie wnd Terminologie der Gerverbe mid Kiïtiste bei Griecken und Romern, II, p. 177.) Mais il y a eu des zoana de pierre. On a continué à faire des xoana à l'époque classique ; cf. dédicace d'un ijoavov dans une inscription d'Asie Mineure d'époque romaine. Contoléon, Mittheil. Atlten, XIV, 1889, p. 91.

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