‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 83 sur 280 · L'ÉCOLE DE SAMOS. — LE TBAVA1L DU METAL · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE DE SAMOS. — LE TBAVA1L DU METAL

Un des points de la Grèce asiatique où la civilisation du sixième siècle se développe avec le plus d'intensité, est l'île de Samos. Engagée à demi dans le golfe d'Ephèse, assez voisine du continent pour entretenir avec la côte ionienne d'étroites relations, indépendante néanmoins, par sa situation géographique, Samos devait sa richesse à ses vignes, à ses mines, et surtout à l'activité de sa marine. C'est pour elle que, vers l'année 704, le Corinthien Ameinoklès construit, sur le type récemment créé à Corinthe, les premières trières qui voguent dans les eaux ioniennes1. Vers 632, des navigateurs saniiens s'aventurent jusqu'aux rivages occidentaux de la Méditerranée; ils abordent sur les côtes d'Espagne, découvrant ainsi de riches régions inconnues aux Grecs. Aussi les offrandes s'accumulent-elles dans l'Héraion, le grand sanctuaire de l'île; ex-voto de marchands et de pirates, objets précieux consacrés après un heureux retour, dîmes prélevées sur de grasses prises, tous ces dons, qui affluent dans l'enceinte sacrée, témoignent de la prospérité de l'île, et des fructueuses expéditions de ses marins.

La puissance maritime de Samos la défend contre la conquête perse; l'énergie de Polycrate maintient, en face des barbares, son indépendance qui ne prend fin qu'avec les premières années du règne de Darius. C'est même sous le gouvernement de Polycrate, depuis 532 et peut-être plus tôt, jusqu'en 522, que la richesse de l'île arrive à son apogée. L'éclat d'une cour qui attire des poètes comme Anacréon et Ibycos, des savants comme Démokédès de Crotone; les grands travaux d'art entrepris par le tyran, les embellissements de l'Héraion, la construction de l'aqueduc d'Eupalinos, entretiennent à Samos une activité féconde. Retranché dans sa forteresse imprenable d'Astypalée, Polycrate peut caresser le rêve

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