‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 154 sur 380 · Loewy, ihid., n · texte numérisé non relu

Loewy, ihid., n

312 LEQT'ATRIÈME SIECLK.

Mais s'il téinoigne une certaine prédilection ])Our le [)ortrait, Léocl)arès n'abandonne pas les thèmes religieux que l'art du quatrième siècle continue à traiter en les renouvelant. En cela, il est bien de son temps : respectueux de la tradition, novateur dans le style et dans l'expression. C'est du moins ce qu'on peut inférer des textes qui lui attribuent de nombreuses statues de culte, exécutées en grande partie pour Athènes : ainsi, le Zens Polieus de l'Acropole, dont les monnaies attiques de l'époque impériale nous ont peut-être conservé la silhouette ', et le Zeus avec le foudre, transporté à Rome dans le temple de Jupiter tonnant au Capitole. Au Pirée, derrière un portique voisin de la mer, on voyait de lui un autre Zeus groupé avec la ligure allégorique du peuple. Le sculpteur traite aussi le type d'Apollon, notamment dans une statue célèbre, celle de l'Apollon secourable {Alexikalvs:) qui se dressait devant le temple du dieu, au Céramique d'Athènes, à coté do la statue plus ancienne exécutée par Calamis.

Quand les travaux du Mausolée conduisent Léocharès en Asie Mineure, le sculpteur est déjà tort connu. Il est naturel que les habitants (rTIalicarnasse s'adressent à lui, et lui commandent la statue d'Ares qui prend place dans un temple de leur ville. Mais Léocharès revient en Grèce, et dans les dernières années de sa carrière, il met son talent au service de la nouvelle puissance qui a brisé à Chéronée les suprêmes résistances d'Athènes; il semble qu'il devienne, comme Lysippe, le sculpteur officiel do la famille royale de Macédoine. A 01ym]>io, il décore de statues chryséléphantiues l'édifice circulaire dédié à Philippe après Chéronée, le PJnh'jipcion : ces statues sont les portraits des membres de la famille royale, Philippe et Alexandre, Olympias, Amyntas, et sa i'enmie Eurydiké '. Plus tard, quand Alexandre a déjà parcdurn l'Asie en vainqueur, l'ami du roi, Cratère, lui conmiande un groupe de bronze destiné à Delphes, et rappelant un é])isode d'mio de ces grandes chasses royales qu'Alexandre aimait à conduire, à l'imitation des souverains asiatiques. Un bas-relief du Louvre, trouvé à Messène, nous a sans doute conservé le souvenir du groupe de Léocharès (fig. 159) '. Le roi, représenté comme un nouvel Héraclès, nu,

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