LES SARCOPHAGES DE SIDUN
couvercle très haut, dont la section dessine un arc aigu, aliouo-é en ogive', et c'est là une raison de croire qu'il s'agit peut-être ici d'un monument détourné de sa destination primitive. Peut-on désigner U- mi de Sidonquise l'est attribué? Un prince sidonien, dont nous ignorons le noin, et dont le règne se termine en 37-1, se trouvait en 394 dans les eaux de Cnide, avec la flotte perse de Pliarnabaze, et combattait sous les ordres de Conou'. Est-il impossible que, pendant sa croisière le long des côtes carienues et lyciennes, il ait pu mettre la main sur ce monument dont la richesse et la beauté taisaient un vrai tombeau de roi? Le style des sculptures ne dément pas cette hypothèse : c'est bien une leuvre exécutée au début du quatrième siècle. Les sphinx et les
du (luailrigc. Fragment île hi face ouest du « Sarcuphu ( Musée impérial de Constautinople. )
■ du fe^ai.ivi
gritîbns qui décorent les deux tympans en ogive sont du plus beau dessin, et les scènes sculptées sur les quatre faces de la cuve dénotent l'influence directe de la sculpture monumentale attique. Le groupe des deux Centaures affrontés, qui, si;r un des petits côtés, s'acharnent contre l'invulnérable Cfeneus, éveille le souvenir des frises du Théséion et de Phigalie ; il a passé dans une des frises de Trysa, avec tant d'autres sujets empruntés à des modèles attiques. Les sculptures des grandes faces trahissent les mêmes procédés d'adaptation. Des Amazones, montées sur deux quadriges, et chassant le lion, font le sujet d'une composition touffue, mais où l'on retrouve cette perspective fuyante
1. Voir Beundorf et Nieiuann, iîcisen in Li/kien und Karien, I, p. lOG-107.
2. Babelon, BuJl.de coircsp. hcUin., 1891, p. 313, cf. Studniczka, «;•(. cite, p. 2-21 et 230.
4on LE QUATIilKME SIKCLK.
des chevaux de l'attelage que nous avons observée plusieurs lois dans les œuvres atti<iues de la lin du cinquième siècle. L'autre scène, deux pelotons de jeunes cavaliers chassant le sangher, nous reporte au
i'\g. 211. — Sarcophage lyciuii, trouve dausla nùcropole royalo tle Sidoii. ( Musée impérial de Constaiitinoiile.)
rarthéiion. Ces jeunes gens coitles de l'alopékis ou du pétase, maniant fièrement des chevaux l'ougueux, nous les connaissons pour les avoir vus, escortant au galop de parade la procession du pejilus. Ils