‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 244 sur 380 · Eayet et Thomas, Milet, pi. 4. Clarac, II, 117, C.-J · texte numérisé non relu

Eayet et Thomas, Milet, pi. 4. Clarac, II, 117, C.-J

480 L'ART ]IELLEXISTIQUE.

composition est traitée dans le même esprit qu'au Mausolée ; mais l'exécution est tellement grossière dans certaines parties, qu'on peut se demander si la frise, dans son ensemble, est vraiment contemporaine de la construction du temple '. On sait qu'au second siècle le temple fut réparé et subit de nouveaux remaniements à l'époque romaine -. L'hypothèse d'une restauration romaine de la frise reste toujours possible, et ce n'est pas sur une œuvre aussi médiocre que nous pouvons juger la sculpture monumentale du troisième siècle en Asie Mineure.

On reste au contraire dans la tradition du meilleur style avec la belle frise en marbre de Paros, découverte à Rome, et conservée à la Glyptothèque de Munich '. La destination architecturale de la frise est attestée par les deux pilastres qui coupent la composition en trois parties : xme partie centrale, correspondant à la longueur du mur de la cella ; deux autres plus courtes, qui pouvaient, comme au Théséion, prolonger la frise au-dessus des portiques latéraux. A voir la direction des figures, convergeant vers le centre, on reconnaît une grande composition décorative, d'une parfaite unité. Le cortège miptial de Poséidon et d'Araphitrite, tel est le sujet développé par le sculpteur avec une brillante fantaisie. Au centre, le couple divin, assis sur un char que traînent deux jeunes Tritons, l'un jouant de la lyre, l'autre soufflant dans une conque marine (tig. 2ôl). Derrière, suivent trois Néréides ; la première, demi-couchée sur la croupe d'un liippocampe, enveloppée par les replis de la queue de sa monture, semble faire une libation ; deux autres, portées par un dragon marin et un Triton, se laissent indolemment bercer sur les flots. Cependant une partie du cortège vient au-devant des époux divins : c'est d'abord Doris, la mère d'Amphitrite, tenant les torches nuptiales (fîàJs; vuaçwxO, et montée sur un cheval de mer, puis une nym])he marine, portant un cotfret à liijoux; deux Néréides, dont l'une, vue de dos, s'appuie sur la croupe d'un jeune

1. Cf. Raoul Rochettc, Journal des sacants, oct. et novembre 184 j. En annonçint le3 rOsultats des fouilles nouvelles entreprises à Magnésie du Méandre par MM. Humann et Kern, M. Doerpfeld exprime les mêmes doutes. J/i«Aei7. Athen, XVI, 1891, p. 2G5.

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