LA SCULPTURE KN ATTIQUE
bas-reliefs conviendrait bien à cette date. Les dalles sculptées employées par Phaidros pour rorneiuentatiou de Ylnjposkmion sont au nombre de quatre; elles étaient séparées par des Silènes accroupis dont un seul a été conservé '. En partant de la gauche, la première montre la naissance de Dionysos, Zens assis sur un trône, et Hermès tenant le dieu nouveau-né, en présence des Curetés crétois. Notre figure 325 reproduit la suivante. Dionysos, debout près d'un autel, et
couronné par un jeune liomme, assiste au premier sacrifice rustique qui lui est offert. Ikarios, escorté de son chien, amène près de l'autel la chèvre Erigoné ; une femme, Maera, apporte des gâteaux. Plus loin viennent trois figures dont l'explication reste incertaine. Enfin, sur la dernière plaque, Dionysos reçoit les hommages de la Tyché d'Atliènes, de Thésée et d'Hestia ; c'est dans son propre théâtre qu'est dressé pour lui le trône richement orné où il est assis, car on aperçoit derrière lui la silhouette de l'Acropole couronnée par la colonnade du Parthénon. Si l'intérêt mythologique de ces bas-reliefs est considé-
1. Pour rétiide des bas-reliefp, voirMatz-, Annali, 1870, p. 97, et Monum. inédit!, vol. IX, pi. 16. Cf. James R. Wheeler, art. cité. Deux des dalles sont reproduites par Brunn, Deiikmaeler, n" 15.
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rable, leur valeur d'art l'est beaucoup moins. Pourtaut ou ue saurait luéconnaître la correction du slyle, et le soin de l'exécution. Kn bistoriant le fond suivant les principes du bas-relief pittoresque, le sculpteur a fait des concessions au goût hellénistique; mais son (euvre n'en garde pas moins une saveur classique, et l'analogie qu'on i^eut relever entre sa Tyché et l'Eircné de Képhisodote atteste qu'il n'a pas oublié les modèles du quatrième siècle.
A la même époque appartiennent deux élégants bas-reliefs découverts en 1862 au théâtre de Dionysos, et conservés au Musée central d'Athènes '. Ils proviennent sans doute d'une balustrade, destinée à séparer les spectateurs de l'espace réservé à l'orchestre. Chacune des deux plaques montre une figure de danseuse, vêtue de l'ample himation dont le flottement, dirigé parles gestes et les mouvements de la danseuse, constitue un véritable jtm orchestique ". L'une d'elles s'avance d'un pas mesuré, la tête nue, une main cachée sous le manteau. L'autre, avec ime grâce provocante, rejette la tête en arrière, et tient du bout des doigts le bord du manteau dont l'étoffe voltige autour d'elle (fig. 326) '. Le sculpteur attique du second ou du premier siècle auquel nous devons ces deux figures n'en a certainement pas inventé le type; c'est un motif de répertoire, qui reparaît, à peine modifié, sur d'autres monuments ', et dont la création remonte, suivant toute vraisemblance, au quatrième siècle. Les deux bas-reliefs d'Athènes n'en offrent pas moins un vif intérêt, car ils prennent place à la tête d'une série très nettement caractérisée, celle des bas-reliefs néo-attiques. Nous trouvons là le premier exemple de ces emprunts directs à un ancien répertoire, si fréquents dans les bas-reliefs néo-attiques ; nous surprenons un des symptômes les plus significatifs du mouvement de renaissance dont les Attiques seront les principaux initiateurs.
L'histoire des artistes attiques et l'étude de leurs o'uvres est particulièrement instructive pour cette période. Au second siècle, et dans
1. CavTadias, Catalogue, n<>« 260-261. Ileydemaun, Vcrhiilltc Tanztrinn, p. ;'. IIau.«er, Die neu-alllsdieu Reliefs, p. 43, n" 59.
2. Cf. Maurice Emmanuel, Essai sur l'orchestique grecque, p. 209.