l/oJl. iiieJ., X, pi. 41, 1. Bnmn, n
LE THKSEION. 81
grêle. Cette impression, nous l'avons déjà éprouvée en étudiant les plus anciennes métopes du Parthénon, celles qui nous ont paru relever d'une tradition encore voisine de l'archaïsme. Certains rapprochements peuvent la fortifier. Examinez la tête de Kerkyon, où la chevelure est restée lisse ; considérez le type vulgaire et brutal de Skiron : vous vous rappellerez les types et la technique des anciennes métopes du Parthé-
Fig. 39. — Thésée et la truie de KrommyoD. Métope du Théséion. Face nord.
non. Voilà donc un groupe de monuments qui dérivent de la même école, et paraissent contemporains. Nous n'hésiterons pas à reconnaître, ici comme au Parthénon, l'oeuvre d'artistes formés à l'école de maîtres antérieurs à Phidias, et restés étrangers à son influence '. Et nous croyons volontiers que les sculpteurs du Théséion ont exécuté les métopes vers le temps où travaillaient au Parthénon les vieux maîtres qui se rattachaient encore à la tradition d'Hégias et de Kritios.
1. M. Julins les rattache à l'école de ilj-ron : le Métope del tempio <li Teseo, Annali, 1878, p. 202. Mais la découverte des métopes du Trésor des Athéniens à Delphes nous montre que ce style est antérieur k Mvron.
SCULPTURE GRECgUE. — T. II.
Admettre que l'achèvement du temple est postérieur à celui du Parthénon, est une hypothèse qu'autorise, on l'a vu, l'examen des formes architecturales. On ne saurait autrement expliquer l'écart de style qui sépare les métopes et la frise du Théséiou. La frise, encore en place, ne se déroule pas d'une façon continue autour du mur de la cella. Limitée aux deux façades est et ouest, elle court sur l'entablement qui surmonte les colonnes du pronaos et de l'opisthodonie. Chose curieuse, elle n'a pas la même longueur sur les deux façades ; tandis qu'à l'ouest elle se termine aux autes, à l'est elle accompagne l'entablement prolongé jusqu'à la colonnade extérieure , et se trouve ainsi dans le rapport de () à 5 avec celle de la façade postérieure '.
Sur la frise orientale est représenté un combat entre des guerriers grecs, et des advei'saires qui semblent n'avoir d'autres armes que des quartiers .de rocher. De toutes les interprétations proposées , la plus satisfaisante est encore lapins ancienne, celle d'Otfried Millier, qui reconnaissait ici la lutte des Athéniens conduits par Thésée contre les Pallantides , race de géants, nés de Pallas, le fils du roi Pandion '. A vrai dire, le sujet a moins d'importance pour nous que le style et la composition. Or, on constate ici des procédés d'arrangement et d'exécution qui nous éloignent singulièrement des métopes. La frise, très serrée, est divisée en trois parties : un sujet central, et deux sujets épisodiques. Au centre, un combat furieux : les Athéniens attaquent vigoureusement les Pallantides qui plient, et dont plusieurs sont étendus morts sur le sol ; à lui seul, Thésée fait tace à trois de ses ennemis. A gauche, un épisode : un Athénien charge de liens un ennemi tombé sur les genoux, et d'autres s'empressent autour de lui. A droite, une scène analogue : les vainqueurs amènent un captif, et dressent un trophée de victoire. Mais il faut surtout prêter attention aux deux
1. Pour la disposition de la frise, voir la pi. LXXIII des Denkmaeler do Baumeister ; et". Stuart et Revett, Antiquities of Athens, III, pi. H (graTures reproduites dans Baumeister, Denlmaeltr, fig. 1867- 1870, p. 1782-1783) et Ancieni marbles, IX, pi. 12-20. Pour la frise est, voir les croquis au trait donnés dansO. Sluller, Senhnaeler der allen Kunst, 1, 109. De bonnes reproductions sont publiées, pour la première fois, par Brunn, Denkmaeler n" 406-108.
2. 0. iliiller, Kunilarch. Werlt, IV, 1. Cf. Plut.arqne, Thisée, 13. Brunn y voit le combat des Athéniens contre Eurysthée, près des roches sciroaiennes . (SUsunffsberichte der bayer, Akit-i., 1874, II, p. 5X.) M. Lolliag y voit Ion et les Athéniens repoussant les Eleusiitiens ; GoiHiny. ijelehrtt Nachriclilen, 1871, p. 17.
LE TIIÉKÉION.
groupes qui séparent de la scène centrale les sujets latéraux : ces personnages assis sur des rochers sont des dieux; à gauche, Athéna, Héra et Zeus (fig. 40) ; à droite, Poséidon, Déméter et Dionysos ou Apollon. Nous retrouvons là le même esprit que dans la frise orientale du Parthénon, le même procédé de composition qui place à l'arrièreplan les dieux, spectateurs des événements ; et l'attitude aisée des dieux , leur pose noble et simple, nous font penser que le sculpteur connaît les modèles du Parthénon. Ajoutez que dans les scènes de combat, la recherche des oppositions dramatiques, la fougue du mouvement, le jeu
Fig. 40. — Groupe de dieux. Morceau de la frise orieutale du Théséion.
des draperies , l'indication pittoresque du relief du sol, tout révèle l'influence du style nouveau qui va prévaloir dans les dernières années du cinquième siècle, et même au delà.
Le sujet de la frise occidentale, le combat des Lapithes et des Centaures, est un des thèmes courants de la sculpture monumentale. Nous devons pourtant nous y arrêter, car il offre avec les métopes du Parthénon des analogies qui ne sont pas fortuites, et nous fournissent de précieux points de repère. Tel groupe de la frise, un Centaure prêt à frapper un Lapithe tombé ', est une réplique manifeste de la métope IV du Parthénon (fig. 41). Et nous connaissons déjà, par la métope XXVIII, ce Centaure caracolant, une peau de lion ou do pan-