Rayet, Mon, de l'art autiqiut, notice citée
2. S. Reinach, BM. de conesp. hdlén., XIII, 1880, p. 111). Voir cependant les objections de Wolters, Miuheil. Athen, XV, 1890, p. 193.
3. Voir, pour la bibliographie, FriedericUs-Wolteis, Gipsabgmse, n» 1029. Cf. S. Reinach, Gaz. arch., 1887, pi. 18. Brunn, Dmlcmader, n" ÔO. M. S. Reinach a donné, pour quelques-unes des figures, une interprétation nouvelle, et a justement rapproché l'une d'elles d'une terre cuite de Myrina.
LES ÉCOLES ri'ASIE MINEURE. r,7r>
met, Zeus trône majestueusement. Un peu plus lias, sur uue saillie de rocher, la mère des Muses, Muémosyne, lève vers lui un visage inspiri'-,
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Fig. 354. — L'apothéo.?e dHomiie. Bas-relief iVArchélaos de Priéne (British Museum).
tandis que Calliope descend vers ses sœurs comme la messagère du dieu. Le registre inférieur montre Clio avec ses tablettes, Melpomène debout dans une attitude tragique, Érato tenant la lyre, Euterpe éle-
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vant vers le ciel sa douLIe flûte. Plus bas encore, voici Terpsicbore assise, Uranie avec le globe, Polymuie représentée exactement dans l'attitude de la statue du Louvre, le regard tourné vers l'ouverture de la grotte corycienne. Au milieu de la grotte est l'omphalos delpliique ; de chaque côté se tiennent Apollon citharède et Thalie. A droite , le sculpteur a placé la statue d'un poète debout près d'un trépied; il est impossible de décider s'il a représenté Olen , ou Hésiode , ou encore quelque poète couronné à un concours delphique. Par une disposition assez curieuse , l'artiste abandonne , pour le dernier registre , le style pictural, et revient aux conventions des bas-reliefs votifs. Ici trouve place la scène de l'apothéose, qui réunit une série de figures allégoriques, désignées par des inscriptions. A gauche, le groupe principal : Homère assis sur son trône, entre deux petites figures agenouillées, personnifiant V Iliade et l' Odyssée; àernhre le trône, le Temps (Roovo;) tient le manuscrit des deux épopées, et la Terre habitée (OhvjuArf,) couronne le poète. Autour de l'autel du sacrifice se groupent le Mythe, tenant la phiale et l'oenochoé, et l'Histoire, qui jette de l'encens sur le foyer. Plus loin la Poésie élève deux torches ; la Tragédie et la Comédie semblent déclamer avec des gestes de théâtre, enfin un groupe de figures, la Nature, la Vertu, la Mémoire, la Bonne Foi, la Sagesse représentent les qualités que l'antiquité admirait dans l'épopée homérique. Telle est cette composition curieuse, où l'artiste a réuni des éléments très divers, mêlant au style pittoresque le style du bas-relief classique, faisant des emprunts aux types de la statuaire, et peut-être aussi à la peinture allégorique. Nous trouvons là un témoignage certain du mouvement de curiosité érudite que provoque à Alexandrie l'étude des poèmes homériques ' ; et, chose curieuse, de Bovillae provient également une de ces tables iliaques, où sont illustrées les légendes troyennes, et dont l'origine alexandrine paraît très vraisemblable. Mais de ce que les tables iliaques datent en grande partie de l'époque romaine, on n'en saurait conclure que le bas-relief d'Archélaos a été exécuté au temps de Tibère. C'est une œuvre d'inspiration hellénistique, et qui appartient encore à la fin du second siècle avant
1. Voir les remarques de Mich-ielis dans Otto Jahn, Oriech. BUderchrouiken, p. 81, note 110.