‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 60 sur 380 · LES CONTEMPORAINS DE PHIDIAS · texte numérisé non relu

LES CONTEMPORAINS DE PHIDIAS

fèvrerie et de toreutique désigne Callimaque comme un habile ciseleur; et c'est bien en effet à un travail de ciselure qu'il faut songer à propos du cliapiteau corinthien dont une légende bien connue, enjolivée par de poétiques détails, lui attribue l'invention'. Mais il peut aussi revendiquer sa place parmi les sculpteurs. L'artiste que ses conteinporains surnomment le raffiné (x.xTscTr.^îTE/voç), le maître exigeant pour lui-même, qui pousse l'exécution jusqu'aux plus subtiles minuties " au détriment de la souplesse, est surtout un praticien consommé. C'est lui qui a le premier l'idée d'employer le foret pour creuser le marbre, pour obtenir ces étonnantes finesses que nous admirons au Parthénon dans les draperies des Parques"; et peut-être a-t-il sa part dans ce mouvement si manifeste qui entraîne vers la virtuosité les sculpteurs de la balustrade d'Athéna Niké. A vrai dire, c'est là le trait dominant de sa physionomie, car dans ses œuvres statuaires, dans sa Héra fiancée, et ses danseuses lacouiennes, on louait surtout la perfection du travail. On le rapprochait de Calamis pour la grâce un peu grêle de son style (Ie-to'tïîç) et il nous apparaît comme un héritier direct des vieux maîtres attiques, gardant le culte de la minutie et du raffinement, alors qu'autour de lui l'art se renouvelle sous la puissante impulsion de Phidias. Nous pouvons même aller plus loin, et le considérer comme le véritable successeur de Calamis, comme un créateur du style archaïsant^ On lit son nom sur un bas-relief du Capitole, traité avec l'archaïsme affecté que les sculpteurs néo-attiques remettent à la mode au premier siècle avant notre ère^. C'est une copie, mais rien n'empêche de croire qu'elle soit exacte. Dès lors nous pouvons nous représenter ses « Saltantes Lacaenae » comme le prototype de ces figures archaïsantes coiffées d'un calatlnshos , et dansant sur les demi-pointes, que les sculpteurs néo-attiques ont maintes fois reproduites'-. CaUimaque continue donc, avec un art plus savant et moins

1. Vitruve, IV, I, '.l. Cf. Chipiez, Origines des ordres grecs, p. 303.

2. Pausanias, I, 2ii, 2. Vitruve, IV, 1, 10, « qui propter elegantiam et subtilitatem artis marmoreae ab Atlieniensibus catatexitechnus fuerat nomiuatus ».

3. Cf. Puchstein, Berliner philologische Wochcnsckrift, 1890, p. 194.

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