LA SCULPTURE HORS DE I.'ATTIQUK. 1G
fi'onton.s, et les termes ipi'il eiii|)loie prêtent à l'équivoque'. Il est toutefois permis de croire que les deux premiers sujets étaient ceux des frontons, et que les deux suivants se décomposaient en métopes. Les fouilles de l'Ecole américaine d'Athènes ont fait découvrir quelques morceaux des métopes" : un torse d'homme combattant, œuvre souple, élégante et d'un faire simplifié (fig. SI); deux jolies têtes, l'une casquée, l'autre coiffée d'un bonnet phrygien; plus récemment, en 1894, une tête de jeune homme qui rappelle le type du Doryphore'. Enfin, parmi les détails d'architecture, un fragment de cymaise décoré de rinceaux fait songer aux ornements de l'Erechthéion. Il serait téméraire de prétendre, à l'aide de ces débris trop mutilés , apprécier le caractère de la sculpture monumentale à Argos. Mais ce que nous en savons n'interdit pas de croire que les artistes argiens se sont souvenus des monuments d'Athènes.
Aussi bien c'est à la statuaire que nous devons nous adresser pour chercher laphysionomie propre de l'école de l*nlyclète. Or, nous le
savons déjà, le trait dominant de l'école argienne est l'esprit de suite. Nulle part ailleurs, la discipline n'est plus sévère, la méthode plus prudente. Les disciides de Polyclète respectent la doctrine du maître, la perpétuent, et il faut arriver fort loin dans le quatrième siècle pour
Fig. SI. — Fragment d'une métope de rHéraion d'Argos.
1. 'Oîioda ôi ÛTtèp Toii; xiovà; Iittiv îifyaTixéva, II, H, 3.
■-'. Waldstein, Excacatiom oflhc Aimriam School o/.Mens,at the Heraion of Aiyos, Londi-es. 1»92. pi. VI et VII.
3. Waldstein, AimrkanJoHrnah/aichaeohjgij, IX,1S9I, p. 331-339 et pi. XtV
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trouver, avec Lysippc, les traces manifestes d'une réaction. Il n'y a donc pas lieu de s'arrêter ici à des divisions chronologiques dé])ourvues de valeur réelle. L'enseignement de PolycU'te se prolonge, par ses élèves, dans le quatrième siècle; son école ne cesse pas de produire ces statues d'atlilètes, ces groupes votifs qui constituent son domaine ; elle reste fidèle à Fart du bronze, et, jusqu'à Lysippe, rien ne trahit une de ces évolutions capables de modifier profondément l'esprit de la statuaire argienne.
Un groupe nombreux d'artistes com])Ose l'école directe de Polyclète. Kous y retrouvons des noms de l'ancienne école, portés sans doute ])ar des sculpteurs plus jeunes d'une ou de deux générations : Asopodoros d'Argos, Athénodoros de Cleitor, Kanakhos le jeune ; d'autres nouveaux pour nous, Ueinon, Aristeidès, Daméas de Cleitor, Périklytos'. Un de ces artistes, Périklytos , a lui-même des élèves qui continuent au siècle suivant la tradition polyclétéemie. L'un d'eux, Antiphanès , est l'auteur d'un cheval de Troie en bronze, consacré à Delphes par les Argiens, après une victoire remportée sur les Lacédémouiens dans la Thyréatide ', et plus tard, après 3(50, il travaille au grand ex-voto des Tégéates dressé eu souvenir d'une guerre heureuse contre Sparte '. Les fouilles de Delphes permettent de lui attribuer encore un groupe important de statues que signale Pausauias, et que les Argiens avaient consacrées à l'entrée du téménos d'Apollon: c'était la série des rois légendaires d'Argos. La signature d'Antiphauès se lit sur la base en forme d'hémicycle, qui a conservé également les inscriptions désignant les héros argiens ''. L'élève d' Antiphanès, Cléou de Sicyoue, est lui-môme un des sculpteurs les plus actifs de
1. Voir pour les textes, Overbeek, Sehri/iquellen, n"' 978-98.'>. Pour les discuasious (le tlùtail, voir Klein, Arcli. epigr. Millheil. aus Œsterreich, VII, 1883, p. 78. Il est i remarquer que la liste des élèves lie rolycléte, donnée i>ar Pline (iVof. Hisl., 34,50) ne mérite pas une confiance absolue. Pline ne couuait qu'un sculpteur du nom de Polyclète, à savoir le plus ancien. Alexis, qu'il cite parmi ses élùvts, est sans doute le disciple de Polyclète le jeune. Cf. Klein, mémoire cité, p. 78. Sur l'école de PolycK K voir P. Paris, Polyclète (dans la collection des Arliates ccléhrei), cli. TI.
2. Sans doute après 414/13. Cf. Thucydide, \1, 95, Brunn, Gricch. KùmlUr.l, p. 28.^.
3. Pausauias, X, 9, 5. La dédirace, une inscription métrique, a été retrouvée en 1887 à Delphes, piv de la porte orientale du péribole. Elle est gravée en caractères du quatrième siècle. Pomtow, Btitrafje ;i(i- T'ipor/itiphie ton Ddi>hi,f.;,\, ci Millhtil. Allieii, XIV, 1889, ^^. 14.
4. HomoUc, Bull, (le coneej). hellin., ÏS'M. ji. ISil. Cf. Pausauias, X, 10, 5.
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l'école argieiiiie au (luatric'iiie .sièck-. Il est de ceux qui exécutent iiour Olyinpie de nombreuses statues d'atlilètes; vers3f^8, il fond en bronze deux des Zanes qui se dressaient près du stade olympique, et nue autre de ses statues de Inouze, une Aphrodite, prend place dans riléraion de l'Altis '.
Un autre groupe comprend la t'ainille de l'atroclès, un maître dont on citait avec éloge les athlètes, les guerriers armés, les chasseurs, les sacrificateurs, et qui travaillait encore dans les dernières années du cinquième siècle. Les fils de Patroclès dépassent leur père en réputation. L'un d'eux, Naucydès d'Argos, signe la statue chrysélépliantine d'Hébé placée dans l'Héraion à côté de la Héra de Polyclète. On cite parmi ses œuvres de maîtrise un Hermès, un discobole, un personnage immolant un bélier, et ses statues d'atlilètes, celles de Kheimon et d'Euklès, faisaient bonne ligure à Olympie '. Il est le maître dePolyclète le jeune et d'Alypos de Sicyone, qui produit déjà vers l'année 400. Le frère de Naucydès, Daidalos, avait conservé sa qualité de Sicyonien. Eu o'JO, il re^-oit des Lacédémonieus la commande d'un tropliée destiné à Olympie, et quelques années plus tard , nous le voyons collaborer à l'ex-voto des Tégéates, mettant son talent au service de deux villes ennemies. Plusieurs statues d'athlètes sont son ceuvre , et peuvent servir à déterminer les étapes de sa carrière : Eupolémos d'Elis est vainqueur en 396 5, et Aristodémos d'Elis en 388/7 '. Il l'aut d'ailburs renoncer à lui attribuer une Aphrodite au bain dont on lui a parfois fait honneur ; c'est là un motif qu'on ne comprendrait guère avant Praxitèle. L'auteur de la statue est un artiste du troisième siècle, Daidalos de Bithynie ^.
Au lendemain de la guerre de Péloponnèse, plusieurs de ces artistes sont appelés à collaborer au grand ex-voto que Sparte érige à Delphes pour glorifier le souvenir de la mémorable victoire d'^gos-Potamos ^ C'était un groupe de trente-huit statues de bronze, magnifique