Pline, Nal. Ifist
3. Pausanias, II, 32, 1. Pline, ibu!., "A, 91. il. Winter propo:-e de lui attribuer la statue de Lcda avec le cygne dont la meilleure réplique est au Caiiitole. Millheil. Athen, XIX. 1894, p. 157, et pi. VI.
4. Cavvadias, Cululogne, n»- 130-158. 'Eyr,|i. opx-, 1881, pi. 3 et 4. Fuiiil/ci ilÉpiduiire, pi. VIII et XI et p. 19-21, où sont décrits les fragments. MM. Défiasse et Lechat eu ont donné d'excellentes reproductions, Épidaure, pp. 02-78.
.'). Ain.*i, une tête d'homme barbu qu'un ennemi saisit par les cheveux. Cavvadias, /o«i7/i'i, pi. VIII, Fig. 13. Dcfiasse cl Lechat, ÉjiiJaure, p. 71, fig 11.
L'EPoyUK UE TRANSITION.
^•or<4'e et glissant de son cheval, toute défaillante; une autre tomliéc sur les genoux, une belle tête mourante, une tête de cheval, permettent de croire que le sujet était un combat de Grecs et d'Aina-
Fig 02. — Amazone combattant. Figure centrale dn fronton ouest de l'Asclépiéion d'Épidaure, ( Athènes, Musée central.)
zones. Mais le morceau capital est la figure centrale, une Amazone à cheval, levant le bras droit pour frapper sou adversaire de sa lance ou de sa bipenne (fig. 92) '. Au premier coup d'œil, ou reconnaît un thème familier à la sculpture attique : c'est l'attitude de Dexiléos, sur la stèle du Céramique, et ce beau mouvement du cheval qui
1. Fouilles d'Épiihiiire, pi. VIII. fig. 1. Bnmn, Iknlmaehi; n» 20. Defi-asse et Lechat, Épidavre, p. 04, C5. La statue, eu l'état actuel, mesure environ 0,80 c. de hauteur.
198 LE QUATIMÈME SIÈCLE.
s'eulève trahit comme une sorte de parenté entre les deux œuvres. Quant H l'exécution, fine et poussée, elle fait honneur au praticien (]ui a tenu le ciseau: il a traité avec souplesse les plis de la tunique de l'Amazone, et caressé d'un modelé assez gras les flancs du cheval, son poitrail robuste, son ventre sillonné de veines saillantes.
i'ig. !I3. — Néitide. Aciotire de gauche. Fac
(Athènes. Musée central.;
ju d'Épidauiu.
A en juger par les sommes payées aux scidpteurs pour les acrotères, il ne s'agissait pas de simples ornements, mais bien de statues. Comme à Délos, rarchitecte d'Epidaure avait adopté le principe des groupes ou des figures courouuaut les frontons, et c'est certainement aux acrotères d'angle qu'il faut restituer deux statues de Néréides trouvées près du temple '. La forme des bases,
1. 'EçTi|i. ipx-,'l*^*ii l'I- 3j fis- - el 3, 3a. touilles d'ÉpiJuure, jd. VIII. u"' 2, 3, 3a, jd. XI, 10, 17.
T.'KPOQUK DR TRANSITION.
([ui devaient être longues et étroites, le travail poussé du revers, confirment cette liypotlicse, et d'ailleurs la direction symétri([ue des deux figures, tournées l'une vers la droite, l'autre vers la gauche, nous fournit un argument de plus. Chacune d'elles est assise sur un cheval dont les jambes de derrière semblent plonger dans la mer. Celle de droite est vêtue d'une longue robe sans ceinture, qui laisse à découvert une partie de la gorge. Celle de gauclie porte un chiton dont Vajjnph/rpnn, serré sous les aisselles par un mince cordon, forme sur chaque bras comme deux courtes manches (fig. 93) '. Nous hésiterions à reconnaître dans ces deux statues l'œuvre de Timothéos ; si la conception est gracieuse, Texécution, parfois heurtée et esquivée, trahit phitêt la main d'un praticien.
Oii chercher l'acrotère du centre? Sans doute dans une statue fort mutilée, mais dontunlieau fragment laisse deviner une figure de grande
allure, hardiment lancée. C'est une Niké portant de la main droite un gros oiseau, peut-être un coq, le bras gauche relevé pour re-
M. Cavvadias y voit .ivec raison des figures d'acrotéres (p. 21, 88), mais il est impossible de croire qu'elles aient formé un groupe sur l'acrotère central avec une troisième figure. Dans sa rest-auration. il. Defrasse les place avec raison aux angles. A'piWaKic, pi. III, cf. le texte de M. Lechat, p. 73.
1. Cette figure est reproduite dans Brunn, Venl-maeler, n" 19. Cf. Defrasse et Lechat. Epùlaure, p. 74-75.
Fig. 91. — Victoire. Acrotère de gauclii; u^ i A. .^ d'Épidaure. (Athènes , Musée central.)
tenir un pan de sa draperie '. On restitue donc ainsi toute la décoration sculptée du couronnement : de chaque côté, les figures symétriques des Néréides; au centre la silhouette fièrement découpée de la Victoire, battant l'air de ses ailes grandes ouvertes.
Les fouilles ont encore livré d'intéressantes statuettes de marbre, trois Nikés, de grandeur demi-nature, trouvées non loin de l'Artémisiou ". Ces petites statues formaient acrotères au-dessus des frontons du temple ; elles sont donc contemporaines des sculptures de l'Asclépiéion, puisque le temple d'Artémis date de la même époque. Sans être des œuvres de grand style, les Nikés de l'Artémision offrent encore de l'intérêt ; elles nous montrent une variante rajeunie de la Victoire de Paeonios.
Une jambe sort du chiton entr'ouvert ; une large masse de plis soutient la figure, qui tenait quelque attribut, palme ou couronne. De ces trois statuettes, une au moins a conservé sa tête , et cette tête est charmante avec sa coiffure simple, ses bandeaux ondulés qui rejoignent par un ])assage très amorti les mé[)lats du front (fig. 9-i). Enfin une autre statue mutilée mérite d'être signalée pour la curieuse recherche de corapHcation dont elle témoigne \ C'est encore une Niké. Mais elle n'a pas l'allure modérée des Victoires de lArtémision, qui s'enlèvent d'un vol régulier et tranquille. Comme s'il avait cherché la difficulté
1. Fouilles d'Épiâaiiie, pi. XI, fig. 12. Defrasse et Lcchat, Épidaure, p. 77.
2. Cavv.idias, Catalogue, n" l.'i'.i-lGl. Fouilles iVÉpi.hiure, \A. IX, fig. lô, l(i-17. Defrasse et Lccliaf, Épidaure, p. 168-160.
:i. Fou!lle$ d'Épidaure, pi. XI, fig 10.
— Torse de Niké, trouvé à Épidaure. (Athènes, Musée central.)
L'ÉPOQUK DE TRANSITION. 201
à vaiiicrL',rcUtiste a accroché aux deux ailes le manteau qui flotte, se tend à la faeou d'une voile, et revient former sur la poitrine des plis tourmentés {ûg. 95). Teut-ctre était-ce là une statue indépendante de la décoration architecturale. En tout cas elle parait un peu postérieure aux statuettes de l'Artéùiision.
Si , comme on est en droit de le croire, les sculptures d'E[>idaiire relèvent de l'école attique, elles nous fournissent un précieux témoignage de l'ascendant que l'art d'Athènes a conquis. A un autre point de vue, elles comblent une grave lacune. Nous suivons désormais, sans interruption , l'évolution de style qui, du temple de la Victoire Aptère, aboutit aux sculptures du Mausolée. Œuvres de transition, ces marbres trahissent encore à bien des égards des réminiscences du grand style attique, avec une recherche croissante de raffinement ; c'est là, nous l'avons vu, le caractère de la période que nous venons d'étudier.