‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 102 sur 330 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

g 1, — LES DATES DES PRINCIPALES Œ0VHE8.

Il y a dans le génie attique certains caractères qui se perpétuent avec une singulière persistance. Le goût de l'élégance, la reclierehe des nuances les pins fines, en même temps la mesure, la modération, un équilibre heureux des facultés, voilà des traits de physionomie que nous avons déjà relevés chez les maîtres archaïques, et plus tard au cinquième siècle, chez les maîtres qui représentent le pur atticisrne, à côté d'un génie universel comme Phidias. Au siècle suivant, tandis que Scopas résume en lui toutes les aptitudes de l'esprit grec, un artiste plus jeune, athénien de race et de tempérament, va donner comme la formule la plus achevée de l'art attique '.

Praxitèle est athénien de naissance ^ mais c'est là le seul fait certain que nous connaissions au sujet de ses origines ^. La date de sa •'''naissance, sa filiation de famille, restent matière à discussion. Nous sa-

1. Nona citetoDË, an cours de ce chapitre, lee études les pins récentes sar les difEerentes œnvres 'de Prasitele. Comma tcavans d'ensemble, noos signalerona surtout les suivants : Brunn, Gesck. dergrieek. KUHUÎer, I, p. 335 ; K, Friederichs, Praxiteles utid die Mobegruppe, Leipzig, 1855 ; Gebliart, Praxitèle, Essai sur l'iistoire de l'art et da génie grec depuis Vêpoqae de Praxit le jvsqi^a celle d Alexandre, Paris, 1364; Urliehs, Observalionet de arte Praxitdis, 1858; Weil, article Ptaxitéet dans les Detilmaeler de

■ Baumeister ; ïnrtwaenglEr, Meiaierieerhe der griech. Plastii, p. 629 57b

2. L'origine athéntenne de Praxitèle est attestée par une inscription trouTée près de Thespies, avec la signature Upa^nO-K 'ASuvaroç Ê5t6r,!ie. Loewy, Inschr. gr. BUdk., n" 76 Cf 'Sirf tP 76, même formule dans une inaeription d'Olbia. Les teitea très suspects qui le désigneraient comme Cnidlen on parien sont signalés par Brnnn, Gesek. der griech. Eunsller, I, p. 836. n est fort possible qn'il appartînt an dôme Eirésidai. On trouve, en effet, an troisième siècle, un Prasitèle d'Eirésidai, fils de Timarclios, qui a eïeroé la prêtrise dons le temple d'Aaolépios, M. EoeWer y voit un petit-fils de Praiitéle. Mittheiî. Afhen, 1384, p. 81.

Hosted by

vons seulement qu'un de ses fils, sculpteur comme lui, porte le nom de Képhisodote. Or, nous connaissons déjà un maître de ce nom, et non des moindres, qui travaille à la fin du cinquième siècle et au début du quatrième. Son groupe d'Eiréné et Ploutos est de 370 environ. Il exécute des travaux pour Mégalopolis, et nous verrons Praxitèle, à ses débuts, exercer aussi son activité dans le Péloponnèse. Ces concordances ont permis de reconnaître dans le premier Képhisodote le père de Praxitèle ' ; et si l'on tient compte de la règle d'alternance qui souvent dans une même famille fait attribuer à l'un des petits-fils le nom de son grand-père, on ne s'étonnera pas qu'un des fils de Praxitèle porte également le nom de Képhisodote. Peut-ou remonter plus haut dans la famille, et considérer comme l'aïeul du grand maître athénien ce Praxitèle l'ancien qui est en activité au temps de la guerre du Péloponnèse, puisqu'en 427/6 il exécute la statue de culte du temple de Platées ^? Les dates ne s'y opposent pas. Mais on ne saurait prouver par aucun argument positif l'existence de liens de famille entre Képhisodote l'ancien et le Praxitèle du cinquième siècle. La chronologie des œuvres de Praxitèle est incertaine ^ Sans entrer dans de minutieuses discussions, nous essaierons de la fixer d'après les données les moins suspectes. Et d'abord, vers quelle date peut-on placer sa naissance? Pline indique comme le moment de la plus grande activité de Praxitèle la date de l'olympiade 104 (364/3- 361/0) \ Or, c'est dans cette période que tombe la bataille de Mantinée (362) ; c'est aussi le moment oti la ville, reconstruite en 370, s'embellit de travaux d'art auxquels contribue l'artiste athénien. Il exécute en particulier un groupe de Latone, d'Apollon et d'Artémis, assez exactement daté par Pausanias, qui le place dans la troisième génération après Alcamènes \ Comme Pausanias fait d'Alcamènes un

!. Ce5t l'opinion généralement adoptée. Voit Btiinn, GrUck, KSmiler, I, p. 338. M. Pnrfcwaenglar voit dans Képlùsodote Tanoien rm contemporain de Praxitèle, un peu plna âgé, et son frère, plntôt que son pùro. (Mehte!iBerhe, p. 513.)

2. Thocjdide, 3, m. Sm ce Praxitèle randen, voir livre II, ch. I, p, 178.

8. Brunn, omb. cité, et SitztmgiierichtB der baysr. Akad., 18S0, p. ^48. S. Eeinaeh, Gazette archéoJ., 1837, p. 282. Fnrtwaengler, iSfcislerwecÈe, p. 531-552. Overlieok, Das Ztitalter âes Praaiiieles, Beriehfe der SSchi. Gesdlicltaft der Wissenschafle)!, 1893, p. 23, où est citée la bibliographie de la question.

i. Pline, Nat. BUt,, 34, 60.

Page 1