‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 11 sur 330 · ISUtheil. Athm, XVI, pi 8, p · texte numérisé non relu

ISUtheil. Athm, XVI, pi 8, p

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Scuîplure Grecque T J]

LES PARQU ES

Fronton oriental du Parthénon Figures de l'aile drc

( Bnt.s>- Mussara 1

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LE PARTI-IENON. 33

fongiaeux.de ces derniers fait place ici à «ne expression paisible (fig. 13). Mais cette tête n'en reste j^as moins nn des morceaux de maîtrise du fronton oriental. Avec son sentiment si vif de l'antique, Goethe l'admirait jusqu'à l'enthousiasme : « Le sculpteur, disait-il, a véritablement créé un cheval idéal». Le peintre B. R. Haydon, qui fut un des premiers à proclamer la beaut^^ des marbres apportés par lord Elgin, ne l'appréciait pas moijis ; il consacra tout un mémoire ;i en démontrer l;i supénorîté.

ovieiital du Parth-inon. (British Muséum.)

en la comparant aux chevaux de bronze de saint Marc de Venise '. Combien était juste le jugement de Haydon, et quel art sobre et nerveux éclate dans l'œuvre grecque ! Ici nous trouvons, marqués avec une force singulière, les traits d'un type que la sculpture attique respectera pendant toute la fin du cinquième sièile, et qui appartient bien en propre àl'école de Phidias : la crinière courte et droite, les yeux saillants,

1. Comparaison entre la tête d'ua des detaitx de Venise eî la tète lîu chevnl d' Elgin da Parthéaoa, 1 SIS. La tête du, Parthénon a été étndiée par Enti, Ueier die Aigagsuag der Notai- ia dey P/erde-Bildung aiitiier Plaatih. 1846, cf, les remarques de Itiohaelis, Journal o/EtUenic Studiei. 1883, p. 234.

SCU1.PTDEE ORËCIjDE. — T. II 5

les contonrs des naseaux et de la bouche iSnergiqnement accusés, la mêchoire inférieure petite, l'ossature très apparente. C'est là comme une sorte de type canonique, emprunté à la réalité, et les cheyaux que nous verrons tout à l'heure défiler dans la frise des Panathénées sont biende même race que les coursiers divins de Séléné.

Analysées isolément, les figures du fronton oriental offrent les beautés les plus variées. Mais elles ne forment que les parties d'un tout, et sont disposées pour concourir i\ un effet général. Or, l'ordonnance de ce vaste ensemble révèle une force de conception qu'on apprécie mieux encore si l'on songe combien elle est nouvelle dans l'art grec. Certes l'auteur du fronton respecte la loi de symétrie qui s'impose à la sculpture monumentale; mais il l'observe sans s'y asservir, comme le faisaient ses prédécesseurs d'Égine et d'Olj'mpie. C'est une hardiesse que de supprimer la figure centrale, sans laquelle ceux-ci ne concevaient pas un fronton. Dans les ailes, les figures se groupent librement, avec une admirable aisance, sans toutefois s'enchevêtrer comme au fronton occidental d'Olympie. Mais surtout un sentiment magistral de la composition éclate dans la répartition graduée du mouvement, qui, plus accusé dans le voisinage de la scène centrale, va s'atténuant peu à peu à mesure qu'on se rapproche des angles, pour faire place, dans les figures couchées, au calme le plus parfait. De cette disposition, l'artiste a tiré un puissant effet dramatique ; il semble que le prodige de la naissance d'Athéna soit aussi soudain que merveilleux, et que la nouvelle apportée par d'agiles messagères éveille brusquement de leur repos majestueux les divinités de l'Olympe.

J 4. — LE FEONTON OCCIDESTAL.

Le fronton occidental ne nous offre par malheur qu'un très petit nombre de figures fort mutilées. Avant la tentative faite par Morosini pour enlever les statues du milieu, la plus grande partie des marbres était encore en place. Le dessin de Carrey, d'accord avec celui de l'Anonyme de Nointel (1674) montre seulement une lacune à droite du groupe central. Spon, qui visita Athènes en 1676, dit à propos de ce

LE PAETHBKON. 3o

même fronton, oh. U recormait à tort celui qui surmontait l'entrée du pronaos : « Le haut de la façade... est chargé d'un groupe de belles figures de marbre, qui paroissent d'en bas grandes comme nature '. » On sait comment presque tout s'écroula sous la main maladroite des ouvriers de Morosini, et l'on peut juger de l'étendue du désastre d'après le dessin de l'artiste anglais Dalton, qui, en 1749, reproduisit le fronton ouest avec les rares figures encore en place '. Lord Elgin ne put recueillir que l'une des figures d'angle, avec des fragments plus ou moins importants, et le seul groupe qui ait échappé à la destruction est resté au Parthénon, dans l'aile gauche du fronton. Les dessins exécutés en 1674, par Carrey et par le dessinateur anonyme de Nointel sont donc les documents les plus certains dont nous disposions pour retrouver, dans son ensemble, la composition du fronton ouest (fig. 14 et 15). Quant aux Aoquis de Cyriaque d'Ancône, qui put voir et dessiner le fronton intact en 1436, ils témoignent d'une telle fantaisie qu'on n'en saurait tirer aucune indication *.

Pausanias nous apprend le sujet du fronton ouest : c'était « la querelle de Poséidon et d'Athéna pour la possession de l'Attique ». La légende racontait comment les deux divinités avaient chacune fait la preuve de leurs droits. D'un coup de trident, Poséidon avait fait sortir du sol une source d'eau salée, suivant la tradition attique, ou un cheval, d'après la version thessalienne ; Athéna, au contraire, frappant le rocher de la pointe de sa lance, avait fait germer l'olivier, l'une des principales richesses de l'Attique. Si le sujet n'est pas douteus, ia restitution da fronton occidental ouvre encore im large champ aux conjectures. Quelques figures conservées, avec des fragments, les dessins des artistes de Nointel, voilà tous les éléments dont nous disposons pour reconstituer la scène. Quant à l'interprétation des figures secondaires, dont Pausanias ne parle pas, c'est un problème toujours à l'étude. Sans nous attarder à discuter les nombreux systèmes proposés, nous irons droit au groupe central, qui montrait en présence les deux divinités rivales.

De la statue d'Athéna, nous ne possédons que quelques fragments,

1. Vogaffe d'Italie, dsDalmalie, d^ Grèce et dit Lei^ani, t. U,p.lil(,lS7S).

2- Le dessin de Dalton est reprodnit par H. MioliaelÎB, Ser Fartkenoii,Sil/s(i\fd, ï.

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