Bidl. de corresp. MUn., IV, 1880, p
2. Voir Loewy, Imdir. griech. SiUL, p. 322. Le teste qui le signale comme un AthÉnien est celui de Clément d'Aleiandrie. Frolreplica, IV, 18. Il n'y a rien à tirer d'une inseriptdon latine tronvée à Rome ; (opuj Biyaaidia') Loerry, iiiif., n' 192.
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lui uue œuvre authentique, portant sa signature et récemment découverte à Athènes ; or, elle appartient à la période de ses débuts. C'était un monument consacré par trois phylarques, le père et les deux fils, en souvenir d'un prix qu'ils avaient remporté dans un concours hippique, pour une manœuvre de parade, V anikippasia. La signature de Bryaxis se lit sur une des faces de la base sculptée qui supportait le monument ' ; sur chacune des trois autres faces est représenté un cavalier s'avançant vers un trépied (fig. 156) Ml serait injuste déjuger Bryaxïa d'après ces
bas- reliefs, qui ne dépassent pas la moyenne ordinaire des productions de la sculpture industrielle ; les chevaux soût lourds d'aspect, les cavaliers traités suivant un type uniforme; c'est le style courant des praticiens attiques. Il faut beaucoup plutôt reconnaître l'œuvre de Bryaxis dans une statue de Niké trouvée un peu plus tard auprès de cette base , et que M. Cavvadias restitue très heureusement ea la plaçant sur une colonne (fig. 157)'. Cette oeuvre fait plus d'honneur au sculpteur que
1. Bpjttîi; èniïjffîv. Homolle, Bdl. de coriaip. keUin., SV, 1 que dans rinsoription des phylaiijues oa retcouTe encore l'ant
91, ]). SBfl. M. Homolle fait remarquer inné lorme ortliograpMqiie o = ou, et
2. Cas baa-reliefe ont été publiés par M. Couve, Bail, de corra pl.in-VII.Cf. 'Eçiiti. nE.x.,189e,pl-6et7,et Ca-4tàt« du Beaux- Arts,
3, Cayvîulias, 'E^Hfi. âp-^., 1893, p. 3
), pi. 4 et 4U, pour la reatitution du monumeat.
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308 LE «QATKIÈME SIÈCLE.
les bas-reliefs. Esécutée pour être vue de face, la Victoire a la belle allure des Nikés d'Épidaiire; elle est traitée largement, mais les qualités de style ne laissent pas de doute sur les affinités qui rattachent Bryaxis à l'école attique.
Un Asclépios et une Hygie, exécutés pour Mégare, étaient une œuvre plus importante, où l'artiste avSit pu déployer plus à l'aise ses qualités '.'Mais il est intéressant de remarquer qu'après avoir travaillé pour Athènes et pour Mégare, Bryaxis met désormais son talent au service des villes grecques d'Asie Mineure. Attiré en Carie par sa collaboration avec Scopas, vers 350, il semble avoir passé en Asie le reste de sa vie. C'est donc dans la seconde moitié du quatrième siècle qu'il convient de placer le Dionysos de Cnide, le Zeus et l'Apollon escortés de lions que possédait la ville lycienne de Patara, les cinq divinités colossales commandées par les Ehodiens, et l'Apollon que le roi de Syrie, Antiochos Philadelphe, avait transporté dans le temple de Daphné, près d'Antioche. La statue était naturellement antérieure à la fondation du temple, Antioche n'ayant pris son grand développement et reçu son nom qu'au troisième siècle, vers 298. Nous pouvons reconnaître sur les monnaies romaines d'Antioche une esquisse abréviative de la statue, Apollon, en longue robe de citharède, tenant la lyre ^ Mais le principal intérêt de l'œuvre résidait dans la technique; Bryaxis avait fait revivre les anciens procédés appliqués aux statues acroUtkes, où la tête et les extrémités seules étaient en marbre. Le corps était en bois doré , les
Fig. 157. — Torae de KikÉ, kouvci près de la base du monument des phylaiTiueE. [A thunes.)
1 Pouf ces Btatoes et les suivantes, voir les testes recueillis par Overheck, Sçlirifiqudhii 1337. Cf. Bmnn, Griech. KUnstUr, I, p. 383 et suivantes. 2. Overbeck, Griech. Etmatm^Moskj p. 111, Apollon, Mànslafei, T, n° 33, et page 96,
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parties nues en marbre, les yeux incrustés de pierres précieuses'. Une pareille technique n'excluait pas la souplesse dans l'exécution, et nous pouvons imaginer un travail aussi poussé que l'est, par exemple, celui des statues de bois italiennes du quinzième siècle, sculptées par les élèves de Quercia.
Bryaxis pratiquait donc ces procédés de dorure et d'incrustation qui n'avaient pas cessé d'être en vigueur dans la statuaire clirysélépliantiue. Peut-on arguer de ce fait pour lui attribuer une œuvre d'une technique bizarre et compliquée, autour de laquelle s'était formée une véritable légende?
Nous voulons parler de ce soi-disant Pluton de 8iuope, qu'un Ptolémée avait fait
venir du Pont, sur la foi d'un songe, et consacré à Alexandrie, dans le Sérapéum de Rhakotis '. Suivant le stoïcien Athénodore de Tarse, cité par Clément d'Alexandrie, la technique de la sta-
1. Lilïaiiius, Orai.,61. Une dasoiiptioii piuB minutieuse nons a été conservée par un Usie pen connu, un paasage de Vllistoire ecclésiastique de Philostorge, que M. Mas Egger a commenté dans la Reme des études gTec^aes, )880, p. 103,
2. Clément d'Alexandrie, Protrept., IV, 48. Siir le culte de Bérapis i Alcsandrie, voii- G, Lataye, Uistolre des divinités d' Ahxandrîe, p. 16-17.
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tue était des plus singulières; on y voyait réunis l'or, l'argent, le bronze, le fer, le plomb, l'étain, toutes ' les variétés des pierres précieuses et des pierres dures de l'Egypte. Faut-il donc reconnaître dans Bryaxis le créateur de ce type du Sérapis égyptien hellénisé, si fréquemment reproduit sous les successeurs d'Alexandre, avec sa barbe touffue, sa haute coiffure en forme de modi'us, son air doux et bienveillant (fig. 168) ' ? Mais remarquons que nous nous trouvons ici en présence de deux traditions très différentes. Athénodore, le seul qui cite le nom de Bryaxis, en le distinguant d'ailleurs formellement du contemporain de Scopas, place l'exécution de la statue au temps de Rhamsès le Grand ; c'était,affirme-t-il, un portrait d'Osiris, commandé par le Pharaon^. Dans la tradition, toute différente, qui attribue à Ptolémée Soter ou à Ptolémée Pbiladelphe la consécration de la statue de Pluton venue de Sinope, il n'est pas question de Bryaxis ^. Nous sommes donc autorisé à considérer comme une œuvre contemporaine des Ptolémées la statue de style grec qui a servi de prototype au Sérapis hellénisé*, et de fait, les plus anciennes représentations de ce dieu sous sa forme grecque, celles des monnaies de Ptolémée VI, nous montrent un type très voisin de celui de Zeus dans l'école de Lysippe K En revanche, il n'y a aucune raison de contester le portrait de Séleucos attribué à Bryaxisl Qu'il soit antérieur ou postérieur à l'année 321, ofi Séleucos prend le titre de roi de Syrie, il n'en atteste pas moins que l'activité du sculpteur se prolonge assez tard dans la seconde moitié du quatrième siècle.
Le dernier des collaborateurs de Scopas, Léocharès, était-il Athénien? On ne saurait se fier absolument au témoignage d'une inscription grecque de Florence, gravée à l'époque romaine, et qui lui donne
1. Parexemple le buste cl-joint du British. Muséum et celui du Vatican. Helbig-Toutiiin, Ouide,J, no241. O'eet l'opinion aoutenne par Brunn, [îesA dey ffrîech, Kû/isUer, I, p. 384 et suivantes.
2. Atbénodote déclare que c'était une statue très acoienne, qui n'était pas faite de main d'iiomme (î);sipû7ioiîrtDv). Il ajoute i^u'elle n'estrpasde Bryasis l'Athénien, mais d'un tiomonynie (oû^ d'ASiîvaîo;, àU.0; Si Ti; â|j,iûvy[i,os lusivip ti^ BpuaSiSi)- ^- Kroker a relevé, dans le passage de Clément d'Alexandrie, tons les faits qui penuettent de combattre l'attributioa de cette statue à Bryaxis. Gleithnamige griec/i. KiinstUr, p. 20.
3. Clément d'Aleiandiie, passage cité. Plutai-qne, de hide, 28, Tacite, BiHoirea, IV, 63, 64.
4. Cf. les conclusions de M. Mohaelie, Journal of Jldleak Stîidie3,TL, 1885, p, 389 et suivantes.
5. Imhool Blumer, Portraeekoep/e an/ a»t. Mûnsen Aellenisierter VMSxr, pi. VIII, 13.