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î] importe plus encore de mettre en lumière les acceptions nouvelles de l'art, que de tenter une attribution, souvent artificielle, à telle ou telle école. Ouvert à toutes les émotions, et comme pénétré par un large courant d'humanité, l'art du quatrième siècle trouve, pour traduire les sentiments de l'âme, des expressions d'autant plus fortes qu'elles gardent encore la mesure dont le sens s'altérera plus tard. Pour s'en convaincre, il suffit d'invoquer le témoignage d'un chef-d'œuvre resté anonyme, la statue de Déméter trouvée à Cnide, et rapportée au British Muséum par M. Newton ' (PI. VII). Dans le caractère complexe de Démêler, l'artiste a choisi le trait de physionomie qui le rapproche le plus de l'humanité, l'amour maternel, et il a créé la plus noble image qu'on puisse rêver de la déesse mère, vouée à l'étemel regret de sa fille disparue. Il y a dans l'attitude une sorte d'affaissement. L'himation rejeté sur le buste, ramené sur la tête comme im voile de deuil, est disposé avec négligence, et sous ses phs lâches et souples, on devine les formes larges de la femme qui a connu^la maternité. Mais toute l'expression est concentrée dans le visage. Sculptée dans un bloc de Paros différent du marbre employé pour le reste de la statue, la tête a une singulière intensité d'expression. « Les joues légèrement amaigries, écrit 0. Rayet, le menton fermement arrêté, révèlent les chagrins qui l'ont obsédée, et la force de caractère qu'elle a puisée dans ses longues douleurs. » Dirigé entre ciel et terre, perdu dans le vague, noyé sous l'ombre profonde des paupières, le regard semble poursuivre obstinément une chère image toujours présente ; l'art ne saurait traduire avec plus de force et de simplicité la tristesse rêveuse et résignée que laissent après elles les poignantes douleurs, amorties par le temps. L'œuvre n'est ni datée ni signée; mais l'ampleur du style, la profondeur du sentiment, accusent l'influence des grands maîtres attiques, et Tonne saurait se tromper, en faisant honneur de la statue de Cnide à un contemporain de Praxitèle.
Les artistes du cinquième siècle avaient légué à leurs successeurs un certain nombre de types divins qui avaient déjà trouvé leur expression définitive, comme celui d'Athéna. D'autres prennent au qua-
1. Newton, Dkmseriei at HaUeamanaSj Cnidm and Branchidae, pi. 55; p. 381. Kayet, Mon. de l'Art antique, II, pi. 40. BrmiUj GTÎeoh. GoetlerideiUe, p. i2.
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Sculpture GrecqueT.Ii
DEMETKR
Statue en marbre provenant As^ Cqic
( BritisL M-jséum )
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