Nécropole roj^c, pL XZTII et XXXI
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aimaient à se donner le divertissement dangereux d'une ( fauve. Trois chasseurs, montés sur de vigoureux chevaux, sont aux prises avec un lion. L'animal mord au poitrail la monture de l'un des cavaliers qui porte le costume perse. A droite, un Grec vient à la rescousse. Quant au cavalier de gauche qui charge le lion, c'est encore Alexandre, reconnaissable k son bandeau royal : portrait librement traité sans doute, mais où l'artiste a rendu avec une rare intensité d'expression l'énergie du regard, animé par la passion de la lutte et
Face occidentale.
par l'ivresse du danger (fig. 21 7J. Un peu vide en regard de la scène de bataille, si touffue, si encombrée de personnages, la composition s'étoffe un peu par la présence de figures accessoires : Grec accourant, le corps nu, la chlamyde au vent, archer perse visant le lion, écuyer perse venant au secours de son maitre, la hache levée, enfin çà et là des chiens de chasse aux oreilles aigucs, au museau de lévrier. Cela ne suffit pas encore, et le sculpteur a dû placer à l'extrémité droite un épisode moins émouvant : un Grec et un Perse abattant à coups d'épieu et de hache un cerf aux abois.
Les deux autres bas-reliefs de la cuve offrent comme un rappel des grandes compositions sculptées sur les longues faces ; mais le person-
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nage en costume perse que nous avons vu tout h l'heure aux côtés d'Alexandre y figure seul, comme le principal acteur. Sur la face nord, on le voit terrassant un Grec nu, et formant avec son adversaire un groupe évidemment emprunté à une stèle attique', tandis qu'à droite et à gauche deux couples de combattants, Grecs et Orientaux, sont aux prises'. Sur la face sud, on le retrouve encore chassant la panthère, mettant pied à terre pour frapper l'animal, tandisqu'nnécuyer tient en main sa monture effrayée ". C'est encore le même dynaste oriental qui apparaît dans le fronton sud, à cheval, et chargeant un adversaire grec qui combat tête nue, privé du casque à hautes aigrettes blanches tombé à ses pieds. Reste enfin le fronton nord, dont l'explication reste très douteuse. C'est une lutte entre Grecs. Au centre, un homme, vêtu seulement de la tunique, est tombé à genoux et ne résiste plus aux deux hoplites macédoniens qui l'assaillent; l'un d'eux, l'épée nue, va lui donner le coup mortel. Dans l'aile gauche, un serviteur ramasse un Grec blessé ; à droite, un homme barbu, couvert de la cuirasse, va percer de sa lance un Grec tombé à genoux. Quelle que soit l'interprétation proposée, un fait est certain ; il s'agit ici non point d'une bataille, mais d'im meurtre ou d'une exécution.
Désigner le personnage auquel était destiné le sarcophage, est un problème encore très controversé. Dans l'enthousiasme du premier moment, on a prononcé le nom d'Alexandre ; mais si ie nom du conquérant macédonien est resté au monument, cette attribution ne soutient pas l'examen*. Avec beaucoup de justesse, M. Th. Eeinach a reconnu le titulaire du sarcophage dans ce personnage au costume perse qui figure à la place d'honneur dans quatre scènes au moins, sur six. Mais qn'est-il au juste? Le même savant y voit un seigneur perse, d'abord ennemi d'Alexandre qu'il combat au Granique et à Arbèles, puis réconcilié avec le conquérant vainqueur, rallié à sa fortune, admis à l'honneur
1. On peut Bonget à la stèle de néxiléos. Voie p. 189, Sg. 89.