‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 191 sur 330 · CRASSE AH CERF · texte numérisé non relu

CRASSE AH CERF

Détail du " Sarcophage d'A!esandr«

d'après ime Aqiiscelle de M' Evstàchs.

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de prendre part aux chasses royales. Au contraire, M. Stiidniczka le cherche dans la série des rois de Sîdon, conjecture fort plausible, puisque la belle conservation du sarcophage, !a fraîcheur des sculptures interdit l'hypothèse d'un cercueil d'occasion '. Ce roi serait Abdalouyme, à qui Alexandre donne après la bataille d'Issos la royauté de Sidon, et qui succède au prince détrôné, Straton II. Le choix des sujets, dans les deux grandes scènes, s'expliquerait sans peine ; d'une part, ta bataille d'Issos, de l'autre Alexandre et son protégé chassant le Uon dans les parcs royaux de Sidon. Quant aux scènes de combats contre les Grecs, on pourrait y voir une allusion aux luttes soutenues par les Sidoniens contre Ptolémée et ses stratèges, de 312 à 302. Enfin la scène de meurtre retrace peut-être la mort de Pcrdiccas, assassiné en Egypte avec ses compagnons, en 321.

Dans cette hypothèse, la date du sarcophage se trouve reportée vers la fin du quatrième siècle. C'est bien l'idée qu'aurait suggérée le seul examen du style ^. A vrai dire, les bas-reliefs procèdent encore de la tradition d'art dont nous avons trouvé au Mausolée la plus complète expression. La scène de chasse n'offre rien qui nous dépayse : types des chevaux, traitement des draperies, nudité de certains personnages, tout cela est eu quelque sorte classique. Seule, la bataille d'Issos, surchargée de figures, annonce déjà les conventions nouvelles qui rapprocheront le bas-rehef de la peinture, et feront prévaloir des jeux d'ombre plus violents, des saillies plus ressenties. Pour la vérité des types, l'artiste n'est encore qu'à mi-chemin duréahsnie. Si, dans les figures d'Orientaux, il s'intéresse aux détails de costume et d'équipement, voici d'autre part des Grecs nus comme des héros, à côté d'hoplites macédoniens. En résumé, des réminiscences évidentes des modèles du quatrième siècle, un goût croissant pour la vérité historique, une exécution brillante, pasiionnée, une entente nouvelle de l'élément pittoresque, voilà des caractères qui assignent au « sarcophage d'Alexandre » une place importante dans l'histoire de la sculpture décorative. Œuvre de tran-

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