II, cf. Frîederichs-Woltei
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492 L'AKT HELLENISTIQUE.
couronne d'olivier sauvage. Le réalisme hellénistique s'épanouit dans cette œuvre d'une facture solide et puissante, où nous reconnaissons sans difficulté la main d'un bronzier slcyonien du troisième siècle. De tels morceaux nous renseignent immédiatement sur la direction où s'est engagée la statuaire athlétique.
Le réalisme y règne sans partage.
Veut-on pousser l'enquÈte plus loin, chercher ce que produisent, au cours de la période hellénistique, desprincipei de stjle aussi nettement formulés?
( )n & adresseia à une œuvre certainement plus lécente, mais relevant de la même tiadition d'art que la tête d'O- Ijmpie En 1884, les travaux entrepris à Eome, près de la Via Nazionale, pour la construction du nouveau théâtre, ont amené la découverte d'une lemarquable statue de bronze, conservée aujourd'hui au musée des Thermes (fig. 256V. C'est un i=;te, issis dans une •îttitude lasse , les bras reposant sur les cuisses Les avantbrab sont cou- ■\eit'! et protèges i ar le ceste,
épais gantelet fait de lanières de cuir, maintenues par des agrafes de métal ; ce lourd appareil, destiné à donner aux coups un effet redoutable, laisse seulement passer les doigts qui semblent raidis et gourds. A voir
Fig. -25(3. — Pugiliste. Statut
Musée des Therme )
<iliieDinhmader, I, pi. IV. Helbig-Tontaîa, Gu-idi, II, i
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le type du visage, on se demande si le réalisme peut aller plus loin; c'est une vraie face de brute, oh. l'on ne peut lire que l'orgueil stupide de îa force. Le nez aplati, comme si les cartilages en avaient été écrasés à coups de poing, la bouche entr'ouvert'e, avec la Ifevre supérieure un peu ea retrait sur des gencives démunies de leurs dents, les oreilles déformées , tuméfiées , oîi ruissellent des gouttes de sang, voilà des détails caractéristiques rendus par le sculpteur avec un extraordinaire accent de vérité.
Il a pris sur nature ce type de l'athlète professionnel, devenu si fréquent, lorsque les grands jeux de la Grèce ont perdu leur caractère national; il l'a vu ainsi, se reposant après sa victoire, comme un animal fatigué, et tournant vers le public un visage meurtri et sanglant qui semble quêter les applaudissements. Un réalisme aussi résolument affirmé indique une date assez avancée dans la période hellénistique, et nous
] , . . . . , , Fig. 357. — Statue-portrait d'an prince grec. Slatae
hésiterions a voir dans la de bronze, trauvéa a EomeCaome, Musée des liiemes).
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statue des Thermes une œuvre dérivée directement de l'école, de Ljsippe. Mais c'est bien à de telles conceptions que doit aboutir le naturalisme dont les artistes de Sicyone ont""si hardiment proclamé les droits.
Un genre appelé à jouir d'une singulière faveur est celui de la statue-portrait. L'art hellénistique multipliera les images officielles des chefs d'États, des personnages célèbres, et la flatterie des villes grecques leur donnera souvent la nudité héroïque. Or Lysippe semble avoir été le principal créateur du genre. La célèbre statue d'Alexandre appuyé sur sa lance a certainement servi de modèle pour les effigies de ces princes grecs qui se piquaient d'imiter dans sa tenue et dans ses allures le conquérant de l'Asie, On songe en effet à un prototype de cette nature, en examinant une statue de bronze du musée des Thermes, découverte dans la même fouillé qui a livré le pugiliste au repos (fig. 257)'. Si le personnage qu'elle met sous nos yens a la musculature puissante d'un athlète, l'attitude de commandement éveille plutôt l'idée d'un chef de guerre. Appuyé sur un sceptre ou sur une lance, la IV ain gauche négligemment ramenée derrière le dos, il regarde devant lui avec une expression hautaine. Les traits sont accusés; une courte barbe, indiquée par un travail de gravure, couvre les joues, le menton, et la lèvre supérieure. Le type est assez individuel pour qu'on ait cherché à identifier !e personnage à l'aide des monnaies, et le nom d'Alexandre I Bala, roi de Syrie, proposé par M. Eossbach, peut être admis avec une certaine vraisemblance^. En tout cas, la statue est bien une œuvre hellénistique enlevée à quelque ville grecque, car une main i-omaine a brutalement gravé sur la poitrine des lettres et des chiifres, indiquant l'endroit où le bronze devait être placé.
II serait facile de multiplier les exemples. Mais nous avons seulement voulu montrer à quel point reste vivace l'influence du style de Lysippe. De tous les éléments qui se combinent pour donner naissance à de nouvelles formes d'art, elle représente assurément le plus fécond et le plus actif. Faut-il rappeler le témoignage si formel des terres cuites
1. Anlihe Senhmadei; I (1È86), pi, 5. Helfaig-Toutain, Guide II, H" 965.
3. Eossbach, Arch. Ans>T, Jalirb. des arch. Inst., VI, 1891, p. G9. Cl. Furtivaengler, Meisterwery, p. 687, note 3.
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d'Asie-Mineure? Personne n'ignore combien les types lysippiques sont familiers aux coroplastes de Myrina et de Sniyrne, et cette faveur dont ils jouissent auprès d'une clientèle populaire prouve assez clairement qu'ils répondent au goût du temps. Si ces conclusions sont justes, nous apercevons nettement par quelle transition la sculpture hellénistique se rattache à l'art de la vieille Grèce; nous pouvons donc abandonner les anciennes écoles pour nous diriger vers les centres nouveaux où l'hellénisme va manifester sa vitalité.
Fig. 257 iii. — TIte d'athlète. Terce v (Mnsée du Louvre).
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