Eanmeistec, art. cité, p. IÏ57, fig
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î à la fureur des Géants \me arme singulière, un vase autour duquel
s'euroule un serpent ' ; plus loin encore, les Érinnyes et les Grées , et à
1. M. Rosoher a eopposé que ce détail faiaait allusion à un épisode de la guerre d'Eumène II contre PrusinB de Bithyiiie, Hannibal avMt «mseillé à son allié de faire jeter dans les v '
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524 L'AHT HELLENISTIQUE.
l'extrémité, Poséidon dans son char attelé d'hippocampes ; un débris de l'attelage nous permet seul d'apprécier le style vigoureux et l'exécution poussée de cette partie de la frise. Sur le pilastre sud, trouvaient place Triton et Amphitrite, et le groupe des divinités marines se prolongeait, avec Nérée, Okéanos et Téthys, jusqu'au point où finissait la frise, progressivement envahie par la montée de l'escalier. ■
Si l'on considère l'ensemble de cette œuvre colossale, il est difficile de n'y pas reconnaître une réelle unité d'inspiration. A n'en pas douter, un seul maître en a conçu l'ensemble, a modelé les maquettes, et exécuté les morceaux les plus en vue. Nous ignorons son nom ; mais nous savons qu'il s'était associé des collaborateurs. Sur la moulure supérieure de la frise, on a pu déchiffrer des signatures mutilées, et, sinon lire, au moins restituer le nom de Dionysiadès, Ménékratfes, Mélanippos, Orestès, Théorrhétos '. Plusieurs de ces artistes sont désignés comme étant Pergaméniens; il y a donc au temps d'Eumène des sculp-' teurs nés à Pergame, et nous voilà déjà loin de ces maîtres d'origines très diverses qui travaillaient pour Attale. Nous voyons à l'œuvre une génération nouvelle; la frise du grand autel est comme le manifeste de la jeune école pergaménienne.
La découverte de la frise de Pergame a causé bien des surprises. Elle apportait la révélation d'un art plein de ressources, de sève, et d'invention; elle montrait sous un aspect tout nouveau une époque autrefois condamnée comme une décadence; elle provoquait de curieuses comparaisons avec notre art moderne et contemporain. Certains morceaux de la frise ne rappelaient-ils pas, pour" la fougue de l'inspiration et la vigueur du style, !e Départ si magistralement sculpté par Rude? Assurément, après l'enthousiasme de la première heure, la critique a repris ses droits. On n'a pas eu de peine à surprendre çà et là des réminiscences d'œuvres antérieures, des emprunts adroitement dissimulés : on a relevé des inégalités de style, des défauts choquants d'exécution. Des juges sévères ont parlé d'artistes
nîeng des vases remplis de serpenta Tenimeux, qiii avaient eSriiyt lea Équipages. Ae«e Jahrl. fUr Philologie, 1886, p, S25.
]. Fraeakel, InschT. Bon Pergamon, n'" IS-Sô. Cf, Besclir. du- Skiilpt, mm Fergamon, p. 10 et
pi. m.
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sceptiques, de dramaturges habiles, mais peu convaincus '. II y a sans doute dans ces critiques une part de vérité. Mais ces adaptations évidentes ne sont-elles pas dans tous les temps un procédé familier à l'art grec? Ces défaillances d'exécution ne s'expliquent^elles pas par l'énorinité du travail, confié à tant de mains? Et d'autre part, peut-on parler de scepticisme? En traitant ce viens thème mythologique, les sculpteurs de la frise n'ont pas songé à faire oeuvre de croyants. Ils ont compris le sujet en artistes et en poètes. L'auteur de cette vaste composition y a vu surtout un admirable thème à développer dans des proportions inusitées ; i! y a mis toute sa verve, toute son imagination. On définirait peut-être assez bien cet état d'esprit par les mots naïvement superbes oîi notre grand maître, Pierre Puget, fait son apologie : « Je me suis nourri aux grands ouvrages ; je nage quand j'y travaille, et le marbre tremble devant moi, pour grosse que soit la pièce. »
La part faite à la critique, il faut bien reconnaître dans la frise de Pergame de puissantes qualités. Ce n'est pas un mince mérite que d'avoir accumulé, dans ce cadre démesuré, tant d'épisodes dramatiques, d'avoir soutenu presque partout l'inspiration à la même hauteur. Quant à l'exécution, ne la jugeons pas sur les parties médiocres et mal venues ; adressons-nous anx morceaux de bravoure où l'on peut reconnaître la main d'artistes de premier rang. Or, dans le groupe de 2eue, on peut louer sans réserve la vigueur et la souplesse des nus modelés par larges plans , la belle ampleur du torse de Zens, la facture énergique et sobre de cette figure du vieux Géant, dont le dos musculeux est placé en pleine lumière. Et voyez d'autre part le jeune Titan qui, à l'extrémité de la frise, combat contre un aigle. Avec quels accents l'artiste a rendu le frémissement des chairs, les contractions de la poitrine haletante, soulevée par un spasme d'angoisse! Il y a là plus que de la science d'atelier; il y a un sentiment profond de la vie, avec un naturalisme très franchement avoué.
Dans l'exécution des détails, les sculpteurs de la frise sont de véritables virtuoses. Ils ont absolument rompu avec l'ancienne tradition,