Taine, Voyage en Italie, I, p
3. C'est l'hypothiae eoutenne par LactmaiiL, .IroS. Zeitung, 18iS, p. 286. Elle a été réfutée, d'uns manière dÉSnitive, par Poetater, Verhan^ungen, der mereigilen Versammlung dttitscher PAiloi<igeii t» GSrUli, Leipzig, 1390, p. 77-78.
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L'ECOLE DE EHODES.
et qu'est-ce que ce consilium? S'agit-il d'un conseil formé par les amis des trois artistes, et chargé de décider de la composition, de ré-
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partir le travail entre eux'? Faut-il penser à un conseil tenu par les
l.-Cf, l'interprétation de Mommsen, Eermes, XX, p. 285-267. a aBKOQTiE. — T. II.
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artistes eux-mêmes? Dans cette hypothèse, Pline aurait voulu dire qu'avant d'entreprendre une tâche commune, les trois sculpteurs s'étaient concertés, ce qui ressemblerait fort à une naïveté. Reste une dernière explication, la plus vraisemblable, à notre avis. Pline a pu simplement traduire une formule grecque, accompagnant la signature des artistes et rappelant que le groupe avait été exécuté par ordre du Conseil ou Sénat de Rhodes '.
II est d'ailleurs permis de croire que le Laocoon se trouvait à Rome avant Auguste. Une peinture de Pompéi, découverte en 1875, représente une variante du sujet traité par les maîtres rhodiens^ Or, elle appartient au style qui est en usage au temps d'Auguste, jusque vers i'année 50 de notre ère. Quant à la théorie suivant laquelle des artistes rhodiens se seraient inspirés des vers de Virgile dans un épisode bien connu de Y Enéide, M. Foerster i'a réfutée par des arguments décisifs ^ Il est en effet très vraisemblable que le poète romain a puisé à une source grecque, car la légende de Laocoon avait été retracée par Euphorion de Chalcis , bibliothécaire d'AntiocIie, qui vivait entre 224 et 187. Bien loin que les vers de Virgile aient inspiré les maîtres rhodiens, nous croyons plutôt que Virgile a connu leur œuvre, sans doute transportée à Rome après le pillage de Rhodes par Cassius.
Reste à déterminer si les trois sculpteurs appartiennent à l'école rhodienne du troisième siècle, ou s'ils font partie de cette génération plus récente, qui travaille au second et au premier siècle. C'est du même coup poser la question si souvent débattue : le Laocoon est-il antérieur ou postérieur à la frise du grand autel de Pergame ? Et, comme on ne peut méconnaître certaines analogies d'attitude entre Laocoon et le jeune Géant enlacé par le serpent d'Athéna, laquelle des deux oeuvres a pu servir de prototype à l'autre? Il semble bien que le
1. Cf. 0. Jahn, AiM der Alterthjimswisseiischaft, p. Ifl9. Mucray, Greik saulpt., II, p. 3fi8. Suivant M. Murray, ce serait nne formule analogne à celle-ci, ijia'aicav •(lép-Cj. tniaTaiSv, Cf. pour les formules rhodîennes, Swoboda, Griech. Volhsbeachlùsst, p. 297. On pourrait aussi songer à. an xoLvâv, à une de ces associations religieuses qni esta tant à Rhodes an sacond et au premier siècles. Cf. Foncatt, BuB. de correrp. heBéii., S, I8S6, p. 199. lie mot xoivov se tradnit très exactement par le mot coneilium. Cf. Guiranâ, le! Aiasmblées pyoïHitciaîei, p. 61.
2. Man, JMBoii, I875,pl. 0,p. 278. Gaz. arch., IV, 1878, pL H.
3. C'est la théorie de Lessing. Cf. C. Robert, BW uni Lied,-p. 19-2 et suivantes. Voir pour la crîti- (jne de cette opinion, Poereter, Méin. cité, p. 85.
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témoignage des inscriptions soit favorable à l'hypothèse qui place vers le début du premier siècle l'exécution du groupe rhodien. C'est la conclusion à laquelle a été conduit M. Kékulé, en étudiant les textes épigraphiques qui nous conservent les noms d'Agésandros et d'Athénodoros '. L'une d'elles, trouvée à Antium, nous donne la signature d'un Athénodoros, fils d'Agésandros ^; d'autre part une inscription de Lindos nous fait connaître un décret en l'honneur d'un Athénodoros, fils d'Agésandros, fils adoptif de Dionjsios, et qui parait bien être un des maîtres du Laocoon \ Or, d'après la récente étude de M. Hiller von Gaertringen, cette inscription paraît dater du début du premier siècle avant notre ère. A la même époque appartient un texte pubhé par M. Paton ', où figure un Agésandros, fils d'Agésandros, petit-fils d'Athénodoros. Ce serait Agésandros II, le frère d' Athénodoros II ; il aurait, lui aussi, collaboré au Laocoon. Il est donc possible de dresser un tableau généalogique, rendant compte de la filiation de ces artistes *. Le troisième sculpteur, Polydoros, seraitforcéraent leur contemporain, peut-être leur frère, et la conclusion serait que les maîtres du Laocoon appartiennent aux premières années du premier siècle, c'est-à-dire à cette période où, nous l'avons vu, un regain d'activité se manifeste dans l'école rhodienne ^ S'il en est ainsi, le Laocoon est postérieur de près d'un siècle
1, Kekulé, Zur Demung «nd Zeilbestmmimg d/s Laohooji, Berlin et Stuttgart, 1883. CE. sur ces ioacrlptioua, Loewy, Inschr. gr. BSdk., m"' 203, 803, 44S, 479, 480, et Poerster, Laokoon Denhmader a nd Imchrifteii; Jahrb. des arch. /nst., VI, p. 177.
S, loewy, oiiv. cité, n" 646. M, Loewy admet l'identité de ce persannage avec VAthenodorjia de Pline. Cf.Holleaui, Beo. de PWo!o5ie,1893,p. 178, note 4. 4. Paton, Bail, de correip. Mien., SIV, p. 278.
fi. Voici le tatlean dresié par M, Hiller von Gaertringen, Jahrl.des areS. /ns<.,IX, 1894, p.37. Athénodoros I.
Agésandros I.
Agésandros II Athénodoros II, fils adoptif de Bionjsios
(Sculpteurdn Laocoon). (Sculptenr du Laocoon).
6. L'opinion qai place le Laocoon à une date très antérieure, avant la trise de Pei^ame, et dans le courant dn troisièma siècle,» été défendue par Bronn, Juhrhach derpreati. Sunstaammîitngen, V, 1884, p, 263-272, et par Trendelenbui^, Die Laekoo'ograppe irniJ der Giganten/ries des pergamemaclieti AUars, Berlin I8S4. M. Helbig s'y rallie également, Gaide, I, p. 98* M, Brizio place le Laocoon après la (riae de Pergame (Nuova Anfologia, XXIV, 3' série, vol. SXI, Bome, 1889), et c'est aussi It de M. Foereter [Mém.âté), et de M.Wagnim (Ben. arch., N.-8. vol. XLIV,I883,p. S80).
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à la frise de Pergame. Est-ce à dire que sa valeur en soit diminuée, et faut-il prononcer le mot de plagiat? Nous ne le croyons pas. En pareille matière les Grecs avaient des idées fort différentes des nôtres; pour eux, rinveutlon d'un motif plastique était chose secondaire ; tout le mérite de l'œuvre consistait dans le parti que l'artiste avait su tirer du motif, et dans la perfection de l'exécution. Or, si l'on compare à ce point de vue le Géant de la frise et le groupe du Vatican, la supériorité de ce dernier ne saurait être mise en doute '. Si les maîtres rhodiens ont connu la frise pergaménienne, ils ont donné à un thème simplement indiqué une singulière ampleur; ils gardent le mérite d'avoir su en tirer tout ce qu'il contenait, et d'avoir créé nne œuvre très personnelle, qui reste, dans l'art hellénistique, comme la formule la plus achevée du genre tragique.
1 . Brunn a d'ailleurs remarqué ttès finement que lea différences entre les deux œurree sont beaucoup ploa importantes que lea analogies, Jahrb. der Kanslsainniluiigen, V, p. 2134.
QColhclhii Lécuyer, planche G).
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